AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | .
 

 Seong Kuan Ti ; Even with a mirror, i won't share you

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

Mascarille
nam - fondatrice



profil +

Seong Kuan Ti

"Mascarille"

Age: 31 ansDate de naissance: 23 maiLieu de Naissance: Jinju (Corée du Sud)Orientation Sexuelle: ParadoxaleActivité: Leader du White Circus - EscrocAutre: Personne ne connait sa véritable identité si ce n'est son frère et tous les membres du White Circus (ainsi que du Midnight) le nomme Mascarille. En dehors du Circus il utilise l'identité de Hirotaka lors de ses escroceries et celle de Kusakabe si le travail est en lien avec la pègre ou son jumeau. Hormis les membres (et ex-membres) du White Circus personne ne sait qu'il en est l'un des leader. Il différencie ses activités au cirque des autres et il fait mauvais temps de les mélanger quand on s'adresse à lui. Personne au White Circus ne sait qu'il est escroc hormis quelques rares "privilégiés"Groupe: White CircusFeat. : Kim Jae Wook



have i gone mad?

Do you want to know who I am ?

« La colère est nécessaire ; on ne triomphe de rien sans elle, si elle ne remplit l'âme, si elle n'échauffe le coeur ; elle doit donc nous servir, non comme chef, mais comme soldat.  » - Aristote

Autant prévenir tout de suite afin d'éviter tout quiproquo ou malentendu : Inutile de tenter quoi que ce soit quand on s'adresse à Mascarille. La manipulation ne fonctionne pas, le chantage ne fonctionne pas, l'amabilité non plus tout comme la franchise ou la négociation. Le simple exploit que vous apparaissiez dans son champ de vision alimente le fait qu'il vous exècre déjà et il ne vous fera comprendre ce point que d'une seule et même manière : par la colère. A tort ou à raison, le sino-coréen fait une utilisation particulièrement abondante de la violence et il ne tient qu'à vous de le lui faire remarquer moyennant que vous en ayez le courage ou ressentiez le besoin de subir son courroux.  

Car on ne peut le nier, Kuan Ti n’est pas vraiment un modèle de calme et de bonté. Ainsi, un rien peut rapidement l’agacer ! Et quand on dit un rien, c’est un rien ; une mouche volant trop près de lui est déjà un parasite qui se doit d’être éliminé alors inutile de décrire ce qui lui passe par la tête quand hommes et femmes entrent dans son champ de vision. Volcan en perpétuelle éruption, il est bien rare que son visage se marque d’impassibilité, ses sentiments les moins glorieux se rependant allègrement dans tous les pores de sa peau. Et si, pour le commun des mortels, il s’agit ici d’une tare, pour lui c’est tout à fait normal. Il n’a jamais été calme, compréhensif et altruiste et en toute honnêteté, il s’en porte très bien comme ça. Pourquoi changer alors que tout fonctionne magnifiquement ainsi ? Après tout, jamais on ne lui a reproché d’être fait ainsi. Du moins, il n’a jamais été capable d’en tenir compte et il traîne ce côté explosif derrière lui depuis qu’il est en âge de marcher. Déjà petit, Kuan Ti était ce qu’on peut communément appeler une « terreur des bacs à sable » et son palmarès est bien loin de s’arrêter là. Son tempérament emporté le conduisant souvent dans des situations assez désagréables pour tout avouer. Cependant, jouer la carpette ce n’est vraiment pas pour lui et si il prononce peu de mots les uns à la suite des autres, il est à peu près certain que tout un chacun sait de quoi il en retourne rien qu’en observant son visage. En somme, le mensonge très peu pour lui. Que vous soyez idiot, intelligent, vivant, mort ou en état de décomposition avancée, si vous avez la mauvaise idée d’interagir avec lui à un moment donné vous êtes, d’ors et déjà, placé sur la sellette.

Et en bonne compagne de la colère, vit aussi l’impatience. Autant le dire, Mascarille n’a aucune patience. Pas un seul gramme ; rien, nada. Pour lui tout doit être fait dans la seconde qui suit, une requête de sa part se devrait même d’être exécutée avant qu’il n’ait à la penser. Dans le cas contraire, il est inutile de venir se plaindre ensuite. Si vous n’avez pas fait ce qu’on vous suggérait de faire en moins de cinq minutes, vous êtes soudain rangé dans la catégorie des incapables et si il y a une autre chose qu’il ne supporte pas c’est bien ça. Évidemment, ce fait peut poser de nombreux problèmes, Kuan Ti n’est en effet pas très porté sur les âmes évoluant autour de lui. Dire qu’il se fiche comme d’une guigne de son voisin d’à-côté serait d’ailleurs bien loin de la réalité. Pour lui, les hommes et les femmes ne sont qu’objets qui devraient être capable d’exécuter ses ordres et de répondre à ses attentes sans qu’il n’ait besoin d’aller chercher plus loin. A l'évidence, c’est rarement le cas et c’est à ce moment précis que l’on comprend ce que douleur signifie. Kuan Ti ne se pose pas mille questions, on pourrait même croire qu’il ne réfléchit pas tant son impulsivité l’emporte rapidement et par tous les temps. Ainsi si l’espace de quelques secondes il n’a fait que vous abrutir d’insultes pour vous faire remarquer vos petits défauts, vous pouvez être certain que l’instant d’après, sols, murs, trottoirs et coins de tables se rappellerons à votre bon souvenir au moment où votre visage s’écrasera dessus.

Ne venez pas vous plaindre, vous avez été prévenu que sa violence était sans limites. Et ça n’a rien à voir avec la folie furieuse, Kuan Ti éclate les visages à mains nues comme il dit bonjour où lit un livre. En somme, qu’il cogne sur la tête de quelqu’un n’a vraiment rien d’étonnant ni d’étrange ; c’est normal. Une normalité qu’on pourrait remettre en question mais il ne souffre, hélas, que trop peu qu’on lui fasse remarquer. D’ailleurs, ça fait bien longtemps que plus personne ne le fait vu qu’il n’entend pas, ou ne veut pas entendre, ce qu’on lui dit les trois quarts du temps. Au final… Si l’on réduisait le personnage à une vague insulte, on dirait de lui que c’est un connard fini. Aucune considération pour les gens, aucune pitié, aucuns remords et si il tue de temps à autre, c’est uniquement parce que l’abrutis qu’il vient de fracasser n’a pas su rester en vie et il s’en lave royalement les mains. Notez cependant que ce jeune homme n’a rien d’un tueur à proprement parler. Ainsi, il ne tue pas pour le plaisir mais plutôt par erreur. Parce qu’il y est allé trop fort ou parce que la tête à pris un mauvais coup de trop. En somme, il n’a pas la volonté de tuer. Blesser oui, tuer non. Même en cas de force majeure, il en vient rarement à sortir les armes. Bien que souvent muni d’un couteau, il s’en sert principalement pour la dissuasion si la castagne ne suffit plus. Et pour les armes à feu ça suit le même chemin et il utilisera plus volontier la crosse de celles-ci qu’autre chose. Au moins, est-ce un point positif dans tout ce chaos infernal. Caractère pourri jusqu’à la moelle, son langage suit à peu de choses près le même chemin et on le sait très peu châtié. Pas besoin d’enjoliver les choses selon lui et ainsi, pas besoin de mots vides de sens pour faire comprendre à quelqu’un qu’il a totalement merdé et que sa connerie n’a d’égale que celle de catins illettrées.

En résumé et pour faire simple, Kuan Ti n’a vraiment rien d’un enfant de cœur. Il est même tout le contraire et il supporte d’ailleurs très mal tout ce qui se rapproche de près ou de loin d’un « gentil garçon » ou d’une « gentille fille ». Pour lui, ce genre de personne est tellement dénué de personnalité qu’il est préférable de les abattre avant même qu’ils ne soient nés. A la rigueur, abattre la mère en couche serait encore mieux, tout comme il serait plus intelligent de castrer le père en lui faisant avaler ses hormones ! Pour lui, tout ce qui est trop gentil, trop drôle, trop barbant, trop vivant, trop casse couilles ou pas assez dégourdit est bon pour une petite rencontre avec ses poings. Ou, à défaut de poings, avec tout autre objet susceptible de se briser contre un crane en faisant de multiples dégâts.

Sur ce, vous savez maintenant à quoi vous en tenir !


« Des jumeaux vrais ne sont qu'un seul être dont la monstruosité est d'occuper deux places différentes dans l'espace. » - Les Météores

Si la vie se résumait aux faces d’une pièce, Yi Min serait à la fois le côté pile et le côté face alors que Kuan Ti en serait la tranche qui prise entre deux feux se laisse assagir. Au final, pour tous les novices peu au fait de la relation qu’ils entretiennent, c’est tout ce qu’ils verraient et Kuan Ti n’irait pas leur dire le contraire, si ils sont trop abrutis pour ne pas voir ce qui se cache sous leurs deux personnalités qu’ils crèvent donc la bouche ouverte dans un fossé. D’ailleurs, le résultat serait identique si un fouineur essayait d’en savoir plus, Kuan Ti supportant difficilement qu’on entre sur ce terrain glissant. Pourtant si cette moitié de sa personne permet souvent aux gens de s’en sortir sans perdre de dents, l’inverse est aussi hautement probable… Il est dangereux de ne rien savoir tout comme il est dangereux de trop en connaitre. Quand les deux frères sont ensembles, ce n’est pas parce que la tempête semble se calmer qu’elle se calme vraiment et beaucoup l’ont appris à leurs dépens.

En toute honnêteté, peu de gens seraient capables de décrire ce qui les unis réellement, lui-même aurait bien du mal à expliquer les faits tant tout semble logique dans la relation qu’ils entretiennent. Fusionnels au point de ne plus avoir besoin de parler pour se comprendre, il suffit généralement d’un geste ou d’un regard pour qu’ils soient sur la même longueur d’onde et ce, malgré des personnalités radicalement différentes l’une de l’autre. La seule chose dont on peut être certain c’est que sans Yi Min, il n’y a pas de Kuan Ti. Pour lui, son frère n’est pas un homme, ce n’est même pas une personne, c’est son frère et ça veut tout dire. Au-dessus de tout et en toutes circonstances, Yi Min est l’indispensable être à son équilibre personnel et il sait aussi que l’inverse est réciproque. L’un sans l’autre, ils ne sont plus grand-chose et la destruction de leurs personnes respectives viendrait ainsi bien rapidement, qu’ils mettent fin à leurs jours eux-mêmes où qu’ils soient tués n’a ici, aucune importance.

Alors forcément, quand on veut parler du caractère de Kuan Ti, on ne peut omettre celui de Yi Min. Pris séparément, les deux personnalités ne forment pas vraiment un tout et c’est en les additionnant que l’on arrive enfin à l’être entier…

Ainsi, si vous souffrez de pulsions suicidaires ou que vous ressentez l’envie de mourir jeune, il suffit de bien peu de choses. Kuan Ti ne souffre rien quand il s’agit de son frère et sa colère, déjà particulièrement présente, est encore plus dangereuse quand vous prononcer un mot au sujet de son jumeau. Que ce soit un compliment ou non, que ce soit une blague ou non, une vérité ou un mensonge, le résultat est toujours le même et votre tête risque bien rapidement d’entrer en collision avec un objet contondant. Car autant il peut maitriser, par instant, sa colère, autant il lui laisse la bride dès qu’il s’agit de son jumeau. Et, qu’on se le dise, Kuan Ti aime tellement défigurer les gens qu’il est fort probable qu’il prenne un pied monstre à vous refaire le portrait si vous venez de parler, de penser ou d’imaginer son frère. Impossible qu’il se contrôle, impossible même qu’il veuille se contrôler. Après tout, les déflagrations de coups ont ça de bon qu’elles réduisent bien rapidement le nombre d’opposant et Mascarille ne supporte aucunement la concurrence. Il se peut même qu’il imagine simplement que vous veniez de parler de son frère pour satisfaire son plaisir et, honnêtement, il se contre balance de savoir qu’en réalité, vous parliez de votre grand-mère et de ses hémorroïdes !! D’ailleurs, si vous parlez, c’est bien que vous êtes portés sur l’annihilation totale de votre être par une tierce personne qui -bien évidemment- porte son doux prénom. Un prénom qu’on a peut être mal choisi à la naissance mais qu’importe. Si Kuan Ti n’est pas le dieu qui protège des injustices (trop heureux de les provoquer lui-même) il peut au moins être le dieu de la guerre non ?

Bien entendu, il serait plus que stupide de réduire la relation qu’entretiennent les deux frères à une relation de dominant-dominé. Ou d’émettre l’idée que Yi Min est le cerveau et Kuan Ti le bras armé. Il serait d’ailleurs tout simplement stupide de penser qu’ils sont deux personnes différentes puisqu’ils ne font qu’un… En fait, a bien y regarder, il est tout simplement stupide de vouloir comprendre. Essayer étant déjà une marque d’imbécilité congénitale. Kuan Ti ne se résume pas seulement à son frère et, si le deuxième le complète, il ne faut pas penser qu’une interdiction du premier pourrait sauver votre peau si Mascarille a décidé que vous étiez présentement l’homme à abattre. Certes, la sentence viendra plus tardivement mais elle arrivera ! Après tout, trop peu d’hommes sont dignes de respect, si peu qu’ils se comptent aisément sur les doigts d’une seule main dans l’esprit du sino-coréen. D’ailleurs, il n’y a bien que Yi Min qui mérite un tant soit peu de respect, lui et quelques autres qui lui sont plus facilement supportable… Mais vraiment légèrement dans ce cas… Après tout, si Kuan Ti était connu pour avoir respect et faire honneur aux gens, les canards marcheraient sur trois pattes pendant que le monde tournerait à l’envers ! Alors on se méfie et on craint, on craint cette partie de la pièce qui menace d’exploser d’un instant à l’autre pour un oui ou pour un non. On craint aussi l’entente et les rares désaccords qui pourraient naitre dans les roulottes des deux frères. Idées et ordres fusant allègrement… le tout et son contraire aussi parfois. Ben quoi ? Il en faut pour tous les goûts n’est-ce pas ? Et si le désir premier de Kuan Ti est d’être au-dessus de tout et à l’abris de tout, il entend bien que ce fait soit identique pour son jumeau.

Amour et passion, haine et désir, Kuan Ti serait bien incapable de poser des mots sur ce qu’il ressent pour son frère. Après tout, c’est son reflet, il lui ressemble et c’est bien suffisant pour qu’il l’aime plus que les autres… Et puis si vous ne faites pas l’effort de vouloir comprendre, inutile d’aller plus loin dans l’analyse de cette partie de son esprit. Après tout, il veille sur Yi Min comme sur la prunelle de ses yeux, il veille et obéis, enchante et complimente. Il fait un peu tout et rien pour la simple et bonne raison qu’il est lui, qu’il est une partie de lui, qu’il est un reflet et la seule chose nécessaire à la vie… même l’oxygène arrive en seconde position derrière Rose Red ; même l’oxygène…


« Dans la carrière d’un esprit qui a liquidé préjugé après préjugé, survient un moment où il lui est tout aussi aisé de devenir un saint qu’un escroc en tout genre. » - Cioran

Mais si il est stupide de penser que Kuan Ti s’arrête à son frère et n’est rien d’autre qu’une machine exécutant les ordres du premier. Il serait aussi stupide de penser qu’il ne sait rien faire d’autre de ses dix doigts que taper sur tout ce qui bouge. Non… Kuan Ti est, contre toute attente, bien plus compliqué que ça. Il se révèle même tellement compliqué au final qu’il serait aisé de s’y perdre. Ainsi, si sa personnalité première n’est rien de plus que celle d’un connard fini, celle qu’il est capable de revêtir quand le cœur lui en dit n’a rien à envier à la première. On dit a raison qu’il faut se méfier de l’eau qui dort, que dire alors d’un torrent qui balaye tout sur son passage ? Que dire de cette eau en perpétuelle ébullition qui ferait de l’ombre à un geyser où à un volcan enflammé ? On pourrait en dire des choses, on pourrait aussi supposer qu’il est plus agréable de rencontrer la deuxième facette de sa personnalité plutôt que la première… Mais tout n’est qu’apparence, des apparences qu’il a longuement étudiées et sur lesquelles il s’est maintes fois cassé les dents…

Car c’est par la force des choses qu’il est devenu escroc. Par la force des choses et non par envie. Kuan Ti n’a pas vraiment la fibre joueuse, encore moins la fibre manipulatrice mais il a pourtant appris à développer ces aspects de sa personnalité qu’il ne pensait pas posséder. Après tout, dans bien des cas, la force brute ne suffit pas et il le sait pertinemment. Alors si pour être à l’abri du besoin et posséder plus que nécessaire il doit s’abaisser au rang d’âme manipulatrice, il le fera… disons, pour le bien commun. Ou plutôt pour son propre bien et celui de son frère ! Dans un cas, comme dans l’autre, tout tourne souvent autour des mêmes choses dans l’esprit de Mascarille, monter des arnaques ne fait donc pas exception à cette sacro-sainte règle. Alors forcément, quand on entre en collision avec un Mascarille qui prévoit, sous peu, de détrousser quelques personnes dans les règles de l’art, c’est à une toute autre personnalité qu’on se frotte. Ici, il est maitre de tout et rien et inutile de dire que son frère ne protégera rien ni personne dans ces conditions. D’ailleurs, Yi Min ne participe pas, de près ou de loin à ces escroqueries. Après tout, c’est une façon comme une autre de prouver qu’il peut se débrouiller seul et qu’il le fait très bien par la même occasion. Et bien que toujours aussi indépendant que dans l’enceinte du White Circus, il se montre un peu plus souple qu’a l’accoutumé quand il gère une escroquerie quelle qu’elle soit… Enfin, en général ! Tout dépendant du type d’arnaque et de la durée de celle-ci.

Il peut d’ailleurs se montrer particulièrement inventif et intelligent quand il s’agit de piéger quelqu’un à distance, chose que l’on oublie trop souvent quand il se trouve au White Circus. En effet, et contre toute attente, Kuan Ti est un jeune homme capable d’une grande réflexion et d’un grand pragmatisme. Il calcul tout dans les moindres détails et si l’anarchie règne au White Circus, il est hors de question qu’elle règne dans ses autres petites affaires. Petit tyran habillé par les mots et les beaux costumes, Kuan Ti est un maitre de l’organisation quand il rejoint les similis bureaux qu’il monte pour arnaquer les gens. Il se révèle aussi particulièrement tatillon et les choses ont souvent intérêt à être faite avec la plus grande vigilance, lui-même s’astreint à ce fonctionnement… Lui qui d’habitude se contente de laisser faire les autres, en temps d’escroqueries, il se fait employé, maitre et soldat et il se plie à des règles parfois inutiles dans le seul but d’arriver à ses fins. Persuasif tout autant qu’il est dissuasif, son langage corporel change radicalement de position tout comme change sa façon de parler et de s’exprimer. Ici, l’insulte basique n’a plus sa place et on le croirait presque sorti d’une grande école de droit ou d’économie tant il est intarissable sur de nombreux sujet. Jamais on ne le voit planifier autant de choses que quand il monte une affaire pour quelques mois. Jamais on ne le voit aussi concentré ou si peu agacé par ce qui l’entoure. Simplement parce qu’il rentre tout et délaisse sa personnalité principale pour se parer de celle-ci. D’ailleurs, les rares personnes qui travaillent avec lui dans ces périodes ne doivent avoir aucune idée de ce qu’il est la plupart du temps. Après tout, on ne mélange pas les torchons et les serviettes et Kuan Ti sépare assez radicalement ses activités du White Circus et celles qu’il met en place en tant qu’escroc.

On le pense charismatique et sympathique, certes sans pitié et sans remords mais on le voit rarement cogner et encore moins s’emporter. Il utilise plus particulièrement sarcasmes et menaces en l’air, tout en laissant le soin à ses sbires de faire régner l’ordre comme il se doit tout en faisant, continuellement rentrer de l’argent. Innocent aux mains pleines peut-être, ou bien trop organisé pour laisser sa fougue l’emporter ?
Malheureusement, ce petit côté « grand ponte » qui se fait respecter par la prestance et non par les poings est de moins en moins mis en avant. Après tout, monter une arnaque, quelle qu’elle soit, demande un temps considérable et nécessite un exil forcé loin du White Circus, ce qu’il fait de plus en plus rarement ; pas franchement emballé par l’idée de ne plus voir son frère et de restreindre ses coups plus qu’il ne faut.

Et tout comme sa personnalité change lorsqu'il pratique l'art de l'escroquerie, son style vestimentaire suit le même chemin. On ne va pas mentir, au White Circus, maintenant que Rose Red n'arbore plus sa tignasse blonde, il est devenu quasiment impossible de différencier les deux jumeaux. Yi Min ayant adopté un style bien plus proche de celui de son frère qu'il ne le faisait avant. Pour qui aura l'oeil affûté, il sera cependant plus simple de les dissocier et de ne pas les confondre au risque de mordre la poussière si on tombait sur le mauvais frère. Là où Yi Min sera toujours propre sur lui, on verra Kuan Ti avec des vêtements moins bien ajustés a force que ses victimes tire dessus, il est aussi fortement probable que les-dits vêtements comportent quelques trous et de nombreuses traces de poussières quand ce n'est pas du sang. Pour être très clair, il a purement et simplement l'air d'un manouche et si il ne traîne pas pieds nus les trois quart du temps, c'est uniquement pour éviter les bris de verre sur le sol qu'il a dû aider à répandre. Les cheveux partiellement ébouriffés la plupart du temps puisqu'il semble incapable de se peigner convenablement, ils lui retombent légèrement sur la nuque en de fines boucles. Les laissant légèrement poussés dés qu'il est dans l'enceinte de la fête foraine et qu'il ne compte pas en sortir avant un bon moment, il n'est pas rare de le voir les attacher ou, au moins, d'avoir un élastique à son poignet en cas de besoin.
En dehors du circus cependant, c'est tout l'inverse. Habitué à être habillé tel un va-nu-pied, dés qu'il en franchit les portes et qu'il juge en être assez loin, il n'hésite pas à revêtir de somptueux costumes trois pièces taillés sur mesure et des chaussures dignes des plus grand designer. De même, ses cheveux qui semblent totalement indomptables en temps normal, semblent s'assagir. Ils deviennent ainsi particulièrement raides, toujours bien coiffés si bien que rien ne dépasse qui n'ait été désiré. Selon les besoins, il agrémente le tout de quelques bijoux en or ou en argent qui, bien que discret, trahissent une certaine forme de richesse.  

Aime : Son frère, le White Circus, la violence et la destruction, ses cartes à jouer et ses dés en bois, bricoler sur les attractions, les escroqueries.

Déteste : La moitié des membres du White Circus -en particulier Doku et son chat- et les gens de manière générale, ne pas recevoir le pourcentage qui revient au deux leaders du circus ou une part trop faible, la plupart des comportements humain, les portes fermés (il a retiré toutes les portes à l'intérieur de sa roulotte), les endroits trop confinés (hormis sa roulotte et celle de son frère), les abrutis congénitaux composant le Midnight Wonderland et le Midnight plus concrètement. En réalité, la liste serait tellement longue qu'il est plus simple de dire que ce qui ne se situe pas dans ce qu'il aime, appartiendra forcément à la seconde catégorie et qu'aucune concession ne sera faite.



Behind the Screen

Nom ou pseudo: Nam
Prédéfini: [x] oui [] non
Double compte: [x] oui [] Non
Comment t'as connu le forum: Je le connais pas.
Autre chose à ajouter peut-être ? Va chier
Code du règlement: Y'a pas de règlement




" ANGER IS NECESSARY. THERE'S NO TRIUMPH WITHOUT IT. IF IT DOESN'T SATISFY THE SOUL, IF IT DOESN'T WARM THE HEART, IT MUST SERVE US. NOT AS A LEADER BUT AS A SOLDIER. "
FUZAKEN JA NE YO !

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Mascarille
nam - fondatrice



profil +

which way I ought to go from here?


And now, will you listen to my story ?

Atroce, tout simplement atroce. Des cris, des hurlements, des coups et de la douleur. Le cuire fend l’air, s’abat sur les chairs. La voix de sa mère pour seule musique, le silence de son frère pour seule horreur. Ils pleuvent les coups sur les corps, le fouet décompose la chair, arrache envies et fiertés, fait brûler l’humanité. Et sa voix, sa voix qui résonne, sa voix qui couvre celle des autres, l’enfer sur terre, l’envie de disparaître et de laisser place au reste. Néant et incapacité, horreur peur et douleur, peine et pitié. Sous les chapiteaux bariolés, ne naissent pas que la magie et les singularités. Sous les chapiteaux bariolés, naît aussi la mort des êtres aimés…

Car c’est bien dans la peur et la douleur qu’a vécu Kuan Ti quand il était petit ; pas seulement lui, son frère et sa mère aussi sûrement. C’était un accident, un banal accident qui changea la face d’un monde. Un monde qu’il avait toujours connu, un monde où liberté rimait avec enchaîné… Du cirque qui vit le jour de sa naissance et celle de son jumeau, il ne reste plus rien si ce n’est quelques vagues souvenirs qui résonnent en échos dans sa mémoire. Des souvenirs aussi puissants qu’ils se révèlent sanglants sur bien des aspects. Peur, douleur, cruauté, amour et sagesse ; il y avait de tout à l’époque, de tout et en quantité. Et que reste-t-il aujourd’hui ? Quelques vestiges qu’il faudrait mieux enterrer.


***
“La violence sucrée de l'imaginaire console tant bien que mal de la violence amère du réel.”

***

Roulé en boule sous une couverture ocre, Kuan Ti observe ses mains comme si il les voyait pour la première fois tout en lançant silencieusement un appel à la seule personne qu’il voudrait voir près de lui. Mais c’est impossible, on le lui a dit et répété, c’est impossible. Tu es seul maintenant et tu resteras seul. Alors demain, comme chaque jour, il ira se réfugier avec ses dés en bois sur la terrasse de l’institution et il s’enfermera dans le silence loin des autres. Comme chaque jour depuis qu’il est arrivé ici, il entendra les éducateurs spécialisé parlé de lui en pensant qu’il ne les entends pas, il surprendra leurs regards compatissants, ces regards qui vous soufflent « pauvre enfant, il a tout perdu, sa mère, son père et pour finir son frère. Vous savez, on dit que les jumeaux… » et ils n’auront pas le temps de finir leurs grandes théories ; il lancera ses dés dans la poussière et se relèvera avant de se jeter sur eux comme un dément et tout recommencera ; il se retrouvera seul dans son lit, sous sa couverture ocre à regarder ses mains jointes l’une contre l’autre en espérant que le miroir factice de son imagination lui permette un jour de distinguer autre chose.

De la nuit fatidique où tout a basculé, Kuan Ti n’a peu ou prou de souvenirs ; cette nuit pourrait bien avoir été hier ou il y a des années, il la voit déformée et fendue, comme il l’avait vu à l’époque du placard où on l’avait, encore une fois, enfermé. Il se souvient de l’avant et de l’après et les saveurs sont étrangement identiques. Du pendant, en revanche, il n’a qu’une vague idée et seule l’odeur du sang qui frôle ses narines semble avoir été retenue. Le sang et l’apaisement. Même si il n’a rien vu et tout juste entendu, il pourrait vous parler de cette soirée comme si il y avait été, comme si il n’était pas enfermé, perclus de douleur dans son petit placard qui avait de plus en plus de mal à contenir sa personne. Il le connaissait tellement bien ce placard tant son père l’y avait enfermé, il connaissait les endroits où les échardes devenaient mauvaises, il savait quelle position prendre pour ne pas être trop mal à l’aise et pour pouvoir souffler un peu tout en ruminant une vengeance qui exploserait dès qu’il aurait repris des forces après en être sorti. Il le connaissait son placard, sa deuxième résidence parmi les roulottes. Il l’avait tellement côtoyé qu’il pensait ne jamais pouvoir en être séparé. Pas un jour, pas une semaine sans qu’il n’y fasse un séjour qu’il soit vide ou rempli de costumes. Pas un. Il passait presque autant de temps dehors à vouloir y échapper que dedans à s’imaginer le brûler. Et cette nuit-là n’avait pas fait exception à la règle.

Certains disent que les cirques sont une grande famille, que dans ce vase clos on se soutient et on s’entraide ; balivernes. Il n’y a pas d’endroits où l’antipathie règne plus fort que dans un cirque. Ou bien est-ce seulement vrai dans celui qui les as vus naitre lui et son frère ? Kuan Ti ne s’est jamais posé la question. Enfant rebelle et réfractaire à toutes formes d’autorité, plus on lui impose de barrières et plus il s’acharne à les défoncer et ce, quel qu’en soit le prix a payer. Les membres de la troupe ont d’ailleurs toujours crus, qu’un jour, il terminerait derrière les barreaux tant il était incapable de se contenir. « Une bête sauvage à plus de logique que ce gosse-là » avait, un jour, dit l’un des acrobates alors qu’un mince filet de sang coulait le long de son menton, résultat d’une dent cassée suite à l’assaut d’un enfant âgé de quelques années seulement. Beaucoup s’étaient amusés de son comportement emporté au départ, beaucoup ont déchantés par la suite en voyant qu’il ne se calmait pas. On ne comptait plus les plaintes des gamins du publique qui s’étaient vus harcelés de coups avant ou après le spectacle, on ne comptait plus, non plus, les fois où des parents s’étaient laissés allés à la violence en lui assenant quelques bonnes claques en travers du visage. Partout où il passait, Kuan Ti semblait vouloir détruire toute forme de vie, il frappait et se battait si souvent qu’on en venait à tenir des paris pour savoir combien de temps il faudrait attendre avant que son père ne lui rende la monnaie de sa pièce. Et ça arrivait souvent bien rapidement, l’homme avait la main leste et trop peu de remords pour craindre de dessouder les os de l’un de ses fils à force de lui taper dessus. On se rendit aussi très vite compte que ce traitement n’arrangeait rien à l’affaire. « Plus il recevait de coups et plus il en donnait à son tour le lendemain » avait dit quelqu’un la nuit où les policiers avaient été obligés de l’anesthésier pour pouvoir le séparé de son frère. Cette personne ne croyait pas si bien dire. Un prêté pour un rendu ! Et si Kuan Ti n’avait pas été drogué au point de perdre sa propre conscience, il se serait sûrement jeté sur lui pour le simple plaisir de lui faire avaler sa langue.

En sa présence, on ne savait que faire ni par quel bout le prendre et seuls sa mère et son frère semblaient échapper à ce déchainement de violence perpétuelle. Il n’y a bien que sur eux qu’il n’a jamais levé la main. Il n’a même jamais fait semblant de vouloir le faire. Alors on ne comprenait pas, on ne comprenait pas le petit bout d’homme qui errait débraillé, les poings couverts de sang et le visage couvert de terre entre les caravanes. On ne comprenait pas ce qui le motivait ou ce qui l’exaspérait au point qu’il veuille défigurer quelqu’un qui passait trop près de lui. Dans ses yeux ne voguait qu’une animosité dont on ne comprenait qu’à peine l’origine. On soupçonna les traitements du père de ne pas aider, lui qui menait tout le monde à la baguette comme un colonel trop sûr de lui et qui voulait de bons petits soldats pour garnir les rangs de son cirque ambulant. Mais, a bien y réfléchir, si Yi Min avait toujours été calme, Kuan Ti avait toujours été ainsi lui aussi. Et on décréta bientôt que le fait qu’il soit régulièrement battu par son père n’avait eu que peu d’incidence sur son caractère. Ils n’avaient peut-être pas tort… Kuan Ti a toujours pris un malin plaisir à se battre d’aussi loin qu’il s’en souvienne et il n’a jamais eu besoin d’une raison pour ce faire.

Alors cette nuit-là, comme toutes les autres, c’est de son placard qu’il a vécu les évènements. Pourtant, cette nuit-là avait un goût différend dans sa bouche, un goût plus salé… Cette nuit-là, des larmes roulaient sur ses joues sans pouvoir s’arrêter et il ne les avaient pas retenus ; enfermé dans son placard, l’air lui manquait, la fatigue s’accumulait et se mêlait trop simplement à la tristesse. Il suffoquait, à bout. Fatigué, lavé, rincé qu’il était et ses muscles n’étaient plus qu’un océan de douleur, la chaleur semblait l’avoir quitté et pourtant, il était resté concentré, sans hurlé, sans prier, juste à sangloter. Impuissant d’un bout à l’autre de la nuit.

Les sabots martelaient le sol à le faire trembler alors que les vociférations de leurs pères devenaient de plus en plus vaines. Dehors, loin du chapiteau, deux enfants relevèrent la tête avant de se diriger d’un commun accord vers le lieu d’où émanait tout ce tapage, c’était l’après-midi, un après-midi comme tous les autres ; un après-midi qui changerait tous les autres. Serrés l’un contre l’autre, ils arrivèrent sous le chapiteau aux milles couleurs pour ne voir que le rouge se dépeindre sur le sol. Rouge, rouge, toujours plus rouge et les sabots des chevaux martelaient le sol. Il ne vit rien, ne ressentit rien, ne compris rien qu’il se mettait déjà à courir, poings levés, vers ce père dont le fouet ciselait l’air. Un coup, deux coups, puis la pluie, la pluie de coups et les bras qui ne savent plus si il faut se défendre ou attaquer ; il a hurlé, hurlé quand il s’est fait empoigné puis tiré violement hors du chapiteau, hurlé quand il a senti le fouet sur sa peau, les mains de son père lui arracher cheveux et vêtements ; il a hurlé jusqu’à en être enfermé, il avait insulté, frappé, trépigné tout en tentant de se protéger, il ne voyait rien d’autre, ne comprenait rien d’autre et ne voulait rien sentir d’autre. Il sentit à peine la présence de son frère près de lui, ses quelques paroles rassurantes qu’il ne comprenait pas encore, trop accaparé par sa propre vengeance, son envie inconditionnelle de tuer. Tuer, il n’avait jamais eu ce sentiment jusqu’ici et il laissa Yi Min repartir, prêt à bondir si son père l’attrapait… Ce ne fut pas le cas et il hurla encore, vociféra et pesta envers et contre tout avant de sentir le bois contre sa peau marquée.  Cadenassé dans son petit placard avec pour seule vision le corps de sa mère au milieu des sabots et son frère qui pleurait tout contre elle… Les larmes coulèrent mais la vision ne s’effaça guère et c’est la porte du placard qu’il se mit à marteler jusqu’à n’en plus pouvoir. Sous sa couverture ocre, le corps du jeune garçon se recroquevilla un peu plus sur lui-même

Du reste de cette journée et de cette nuit, il n’a quasiment pas d’autres souvenirs. Elle était partie, tout simplement partie et ses promesses avaient suivis le même chemin. Kuan Ti aimait sa mère, océan de douceur face à un père qui en témoignait trop peu et trop peu souvent. Mais elle n’était plus là, au fond de lui il le savait, quelque chose avait disparu sous les sabots des chevaux et la vie s’était enfuie. Rêvait-il cette certitude ou la connaissait-il à cause de son jumeau qui avait pu assister à la fin de la femme qu’ils aimaient tant ? Il n’aurait su le dire ; il le savait et c’était tout. Mais déjà bien trop. Jamais Kuan Ti n’avait été aussi proche de sa mère que Yi Min l’était et jamais il n’aurait voulu en être plus proche. Son frère l’aimait, ça lui suffisait pour l’aimer lui aussi. Elle était douce, elle était belle ! D’autant plus quand elle revêtait son costume d’acrobate mais ce jour-là, il le savait, serait le dernier jour où elle le porterait et seul, dans son placard, il s’était roulé en boule ; en proie à une terreur qu’il ne connaissait pas jusqu’à lors. Comment allaient-ils faire maintenant qu’elle n’était plus là ? Comment allaient-ils faire si plus personne ne se mettait en travers du chemin de leur père quand il décidait d’une correction était nécessaire ? Elle aussi se prenait des raclé à vous en dessouder les os, elle aussi subissait les assauts de leur père quand il perdait toute tempérance mais jamais elle ne lui en avait tenu rigueur, Yi Min non plus et il pleura un peu plus silencieusement dans ce noir qu’il ne connaissait que trop bien, il pleura jusqu’à entendre la porte de la caravane s’ouvrir.

Approchant son œil d’une des fentes de la porte, il n’eut le temps que d’apercevoir Yi Min entrer dans la caravane avant de se laisser aller à une douce torpeur, il n’avait plus à marteler la porte pour essayer de la forcer. Son calvaire prendrait fin bientôt, il le savait et il n’avait pas besoin d’en savoir plus ; alors il se laissa aller, tout en écoutant ce qui se passait à l’extérieur. La fin viendrait bien assez vite, de même que le soulagement, ça aussi il le savait et il n’eut rien d’autre à prononcer quand son frère ouvrit enfin la porte du placard et qu’il l’enlaça de ses bras, au fond, ils n’avaient sûrement besoin que de ça et Kuan Ti se laissa lentement glissé dans une sorte d’hébétude. S’imprégnant du souffle de son frère, des battements de son cœur et du sang qui pulsait dans ses veines, il se laissa entraîner dans le sommeil. Persuadé que tout pourrait s’arrêter maintenant, que le coup d’œil qu’il avait jeté au corps de son père sans même ciller suffisait amplement à le satisfaire. Il n’y avait ni honte, ni dégoût, ni peine devant le sang qui se répandait sur le sol de la caravane, devant ce corps ainsi découvert et apprêté ; rejoins la mort et restes-y ! Brûle, crame et pourrit ; aujourd’hui tout est fini. Ses yeux se fermèrent et il s’endormi, se laissant aller à l’étreinte de son frère. Il n’avait pas besoin d’autre chose et la vie pouvait bien prendre fin maintenant ; là, il était bien.

Il les entendait, ces crissements des bottes sur le sol entourant la caravane. Il les entendait et voulait qu’ils s’éloignent, ils n’avait rien à faire là. Rien a faire dans cette bulle presque trop parfaite pour ne pas être irréelle et Kuan Ti dû se résoudre à ouvrir les yeux, posant un regard empreint de peur sur ce qui l’entourait, sur ces visages massés devant les vitres de la caravane, il se recroquevilla sur lui-même, accroché à son frère comme à une bouée de sauvetage. Puis la porte se fracassa sous l’assaut des policier et la mince barrière s’effilocha alors qu’on le tirait de l’étreinte désespérée de Yi Min. Là encore il hurla, rua comme un forcené pour échapper à ses agresseurs ; car c’était bien ça : des agresseurs. Des agresseurs qui tentaient de le séparer de la seule personne qu’il avait. Et tout en hurlant et en se débattant, il tirait en vain sur les bras des officiers dans l’espoir de revenir près de son double, son reflet dans le miroir qui disparut en même temps qu’une piqûre. Il disparut et lui sombra, la tête et les bras ballants avant d’être enfermé à l’arrière d’une voiture. Après ça, il ne devait plus jamais le revoir. C’est ce qu’on lui a dit à son réveil, c’est ce qu’on lui rappelait chaque jour alors qu’on l’enfermait dans un placard plus grand. Un placard avec des lits alignés les uns près des autres, un placard rempli d’enfant aussi seuls que lui. Un placard, un lit et une couverture ocre qui grattait.

***

Il passa les premiers mois, si ce n’est la première année, de cette séparation dans une sorte d’apathie dont rien ne pouvait le faire sortir. Muet comme une carpe il errait dans les couloirs de l’orphelinat sans but apparent, ignorant ceux qui se trouvait autour de lui qu’ils soient enfants, adolescents ou éducateurs. Déraciné, déboussolé, il lui manquait la seule chose qu’il voulait près de lui et plus il y pensait, plus il s’enfonçait dans la dépression. Cependant, l’affaire des frères Seong avait fait grand bruit et les rumeurs en venaient à courir dans sa propre geôle. Là, loin de son frère, il n’avait pas grand-chose pour se retenir et le jour où une gamine murmura à sa voisine qu’il finirait lui aussi enfermé dans un centre psychiatrique, son sang n’avait fait qu’un tour et la chaise sur laquelle il était assis avait volé en travers de la pièce. La fillette, à peine plus âgée que lui se l’était reçue de plein fouet et il eut tout juste le temps de lui assener trois coups de pied rageur dans les côtes avant de se faire maitriser par le personnel présent dans le réfectoire. Quelques insultes plus tard, il se retrouvait devant le psychologue de l’établissement. D’un côté, on fut ravi qu’il sorte enfin de son état comateux, de l’autre, on redoutait ce qu’on avait déjà entendu concernant le jeune garçon. « Faites attention à lui, il est pire qu’un chien enragé » avait prévenu l’homme qui l’avait déposé dans l’établissement. Jusque-là, personne n’avait prêté foi à cette allégation, cependant en observant les côtes fêlées de la fillette, on dû se rendre à l’évidence. Qu’il soit sorti de l’apathie n’allait pas leur rendre la tâche plus simple.

Cette garce avait réveillé quelques bas instincts chez le jeune garçon qu’il faudrait bien vite étouffer dans l’œuf si on ne voulait pas se faire déborder. Dans un premier temps donc, et après quelques nez cassés chez ses camarades de dortoir, on tenta de l’amadouer en lui donnant, pour la première fois, l’occasion de communiquer avec son frère. Certes, il ne le verrait ni ne l’entendrait mais, à force de persuasion, on avait obtenu du centre psychiatrique qu’ils puissent communiquer par écrit. L’éducateur qui lui avait rapporté la nouvelle, accompagné du psychologue afin de constater sa réaction, avait cependant précisé qu’on pouvait lui retirer ce droit à tout moment. Etait-il si stupide pour penser que Kuan Ti risquerait de perdre ce privilège à peine l’eut-il obtenu ? Et c’est avec un regard noir et assassin qu’il lui répondit que, pour écrire, papier et crayons étaient nécessaires. Là commencèrent les uniques échanges qu’il aurait avec son frère pendant de nombreuses années. Ce n’était pas grand-chose, mais c’était déjà mieux que rien et il fallait être stupide pour espérer plus. On les avaient séparés, on refusait qu’il lui rende visite et il n’avait même pas pu l’appeler une seule fois depuis qu’on l’avait enfermé, a tort, chez les fous. Rien que d’y penser, Kuan Ti sentait la rage monter en lui et c’est sous cette impulsion qu’il risqua plusieurs fois de perdre le droit de lui écrire. La seule personne ayant jamais essayé de lui retirer ses feuilles vierges manqua d’être éborgné par le crayon de bois avant que Kuan Ti ne préfère le lui enfoncer dans la main. On jugea, alors, qu’il serait bien trop dangereux pour lui et pour les autres de l’en priver ou de seulement l’en menacer. Plus on s’acharnerait à vouloir défaire le lien qu’il avait avec son frère et plus il deviendrait instable… Alors on laissa faire. On laissa faire et nombreux sont ceux qui doivent encore s’en mordre les doigts.

D’enfant apathique, solitaire et renfermé, il devint aussi têtu que tête brulée bien qu’il resta souvent entouré de sa seule personne. La colère qui couvait perpétuellement en lui semblait trouver la plus petite occasion pour s’exprimer. Ainsi, il cassa la mâchoire d’un enfant nouvellement arrivé parce que ses billes avaient roulées trop près de sa chaussure. Il cassa le nez de son voisin de lit pour la simple et bonne raison qu’il avait fait un cauchemar et il alla même jusqu’à violacer l’œil d’un éducateur qui avait eu la mauvaise idée de lui souhaiter le bonjour alors qu’il faisait un temps de merde. Et plus on s’acharnait à trouver des solutions et moins ça marchait. Peu importe ce qu’on faisait ou ce qu’on lui imposait, Kuan Ti semblait prendre un plaisir fou à faire le contraire. Maintenant qu’il savait qu’on ne lui retirerait plus le droit d’écrire à son frère, il n’avait plus grand-chose pour le retenir et les encadrants du centre finirent par baisser les bras. On l’isola dans une chambre séparée des autres et les activités réglementaires, sauf les cours, ne lui étaient plus obligatoires. En somme, il faisait sa vie, les autres faisaient la leur et on réparait les pots cassés de temps en temps en faisant mine de le punir. Laissé ainsi en roue libre, on pouvait enfin s’occuper de ceux qui pourraient être adoptés ou bien éduqués afin de se voir offrir un avenir une fois sortis d’ici. Pour Kuan Ti, tout le monde le savait, ce ne serait jamais le cas. Ainsi livré à lui-même et sans sa moitié, il ne ferait jamais rien de bon. Il n’y avait qu’une chose qui semblait l’intéresser. Ça se déroulait chaque mardi, dans la petite salle de lecture qu’on réservait d’habitude aux plus jeunes. Chaque semaine, l’un des éducateurs venait faire quelques tours de magie avec des cartes et Kuan Ti passait des heures à le regarder faire par la fenêtre comme hypnotiser par les mouvements de ses mains.

Dans un vain espoir pour pouvoir le reprendre et éviter qu’il ne traine encore par les cheveux un adolescent plus vieux que lui qui était passé trop près, on l’invita à entrer afin qu’il puisse apprendre les tours de l’éducateur. Ce fut la seule personne avec qui il sembla se lier. Quand il suivait ses petits cours tout en évitant les questions qu’il lui posait, il reprenait contenance et calme et son aura de fureur semblait mourir peu à peu. Mais tout ceci ne dura qu’un temps et la petite salle de lecture fut bientôt désertée par la plupart des enfants, Kuan Ti se faisant un plaisir de l’accaparer de jour comme de nuit afin de jouer avec ses cartes. Les tours n’avaient rien de majestueux ni de magique, ils lui occupaient cependant amplement l’esprit et tout en faisant défiler as et valets entre ses mains, il pouvait réfléchir à ce qu’il allait faire pour sortir son frère de son institution. Il n’avait, contre toute attente, aucun autre but. Et le sourire qui s’étalait sur ses lèvres chaque fois qu’il tirait les cartes ne semblait pas, pour les éducateurs, indiqué qu’il préparait un mauvais coup. On avait plutôt l’impression qu’il entrait doucement mais sûrement dans la rationalisation des faits. Il s’emportait moins bien que sa langue soit toujours aussi acérée et il se pliait plus volontiers aux règles tant qu’on le laissait bidouiller avec ses cartes, ses dés et tous les autres petits objets qui pouvaient lui tenir les mains occupées. On lui permis même, une fois par semaine et sous réserve d’être chaperonné, de sortir en ville afin de prendre conscience du monde qui l’entourait tout en participant à des activités faites pour les jeunes de son âge. Ça ne l’intéressait pas des masses mais si il fallait en passer par là pour pouvoir sortir, qu’à cela ne tienne !

C’est trois ans avant son départ de cet orphelinat de malheur qu’on lui offrit le cadeau le plus empoisonné du monde pour ses auteurs. L’éducateur qui lui avait appris l’art des cartes et bien que froidement remercié et envoyé sur les roses le jour où il n’avait plus rien eu à lui apprendre, n’avait pas vraiment dans l’idée de baisser les bras face à cette tête dure qu’était Kuan Ti et il supplia pendant de longs mois ses supérieurs pour qu’on accepte de lui faire pratiquer un sport de combat afin qu’il puisse canaliser sa violence dans une direction autre que celle de ses camarades. A regret, on accorda cette faveur au vieil éducateur tout en pensant que ça pourrait effectivement marché. Après tout, malgré quelques bagarres à déclarer ici et là, Kuan Ti semblait se tenir à peu près à carreau et il n’y avait plus vraiment matière à débattre. Ce qu’on autorisait à d’autre, on devait aussi le lui autoriser dans un souci de respect et d’équité. Et aussi pour qu’il se fatigue assez pour laisser la vigilance du personnel descendre loin de la zone rouge quand il était dans les parages. Après plusieurs tests infructueux, on finit par l’inscrire dans une salle de gym ou se pratiquait la boxe et ses dérivés. On lui présenta en long, en large et en travers les divers aspects de la discipline avant de prétendre que la boxe thaïlandaise, vu ses frasques en combat lui conviendrait mieux que l’anglaise ou la française. Kuan Ti haussa simplement les épaules, ça ou autre chose tant qu’il pouvait taper sur quelqu’un sans se faire enguirlandé ça lui allait très bien. Mais ce qui aurait dû se révéler comme canalisant eu l’effet contraire… Maintenant, bien qu’il ne provoque plus les bagarres, quand il entrait dans une ce n’était plus des bleus et des bosses qu’il infligeait mais des fractures et autres foulures dont on commençait à ne plus voir le bout. Les bras en écharpe, séjours à l’infirmerie et même à l’hôpital sont devenus, avant son départ, le lot commun de la moitié des pensionnaires de l’établissement. Jusqu’à ce qu’il s’en aille sans crier gare.

Un soir, sans un bruit, sans un mot, il disparut et l’on découvrit avec horreur que l’idée n’était pas née le jour même. Longuement pesée et analysée il préparait son coup depuis des années. Rapinant les sous de ses camarades quand ils en avaient, menaçant le premier qui ne lui en donnait pas assez ou ne se dénonçait pas à sa place quand il faisait la plus petite connerie. Kuan Ti était devenue une terreur, une terreur qu’on redoutait et qui pouvait ainsi agir comme bon lui semblait. Il avait emporté avec lui toute une garde-robe, de la nourriture et de l’argent ; tout avait été calculé au millimètre près. Durant ses sorties sans chaperon il était allé jusqu’à l’institution qui retenait son frère prisonnier, il avait étudié les allées et venues du personnel soignant et avait même été jusqu’à interroger l’un des résidents qui bénéficiait d’une permission de sortie –chaperon inclus malheureusement- pour la journée. A partir de là, il avait échafauder tout un petit lots de théories qu’il rangea bien vite au placard une fois qu’il eut franchi le mur d’enceinte. Inutile de tergiverser sur les diverses possibilités, mieux valait encore foncer et se débarrasser de tout ce qui pouvait être gênant. Il élimina ainsi le gardien suivit d’une infirmière dont la nuque craqua d’un coup sec. Après quelques instants pour s’assurer que personne n’avait été alerté, il s’était dirigé vers ce qui lui semblait être la salle du personnel et avait réduit au silence le médecin qui se trouvait là avant de bondir de la même façon sur un second gardien qui portait, à sa ceinture, le passe-partout dont il avait besoin. Il parcourut ainsi les couloirs blancs pendant de longues minutes, déclenchant parfois quelques petits débordement quand un patient le surprenait par sa fenêtre veinée ou qu’une infirmière sortait de son bureau ou d’une chambre. Il ne compta pas le nombre de cou qu’il brisa à l’aide de ses mains ou d’un coup de pied. Il ne compta pas non plus ceux qui avaient vus leurs tête rentrer en collision avec un mur ; il savait juste qu’il n’avait pas beaucoup de temps et que son frère l’attendait ici, quelque part, derrière une porte verrouillée.

Et il le trouva, il trouva la moitié qui lui manquait depuis tellement longtemps, il trouva la seule personne capable de le comprendre et c’est essoufflé qu’il franchit sa porte. Essoufflé et légèrement hébété de le retrouver ; comme si l’idée n’avait été qu’imaginé. Comme si, encore perdu dans un rêve, tout allait s’évaporer. Il lui fallut quelques secondes pour comprendre qu’il avait réussi, quelques secondes aussi pour prendre conscience que traverser un hôpital psychiatrique lui avait valu une prompte résistance et de nombreux coups qui commençaient à se faire doucement sentir sur sa peau. Mais il était là, la raison d’une vie se tenait prêt devant lui et s’est sans réfléchir qu’il l’enlaça et que leurs lèvres se touchèrent. Il était complet. Enfin complet, il ne lui manquait rien d’autre et il n’aspirait à rien d’autre, seulement d’être là, avec lui, près de lui comme si ça avait toujours été le cas. Comme si les années de séparation n’était qu’une illusion, le vague souvenir appartenant à une autre personne et ils s’enfuirent ainsi, Kuan Ti refusant de le lâcher une nouvelle fois. Maintenant qu’ils étaient ensemble, il ne laisserait rien, ni personne les séparer, quitte à faire tomber quelques têtes sous une pluie de coups, rien ne pourrait les entraver. Sans le dire, c’est une promesse qu’il lui fit cette nuit-là ; une promesse comme celle que Yi Min lui avait fait des années plus tôt. Tout ira bien maintenant, plus personne ne te feras de mal, plus personne ne nous séparera. Et la promesse semble tenir, elle tient toujours et ne se dissipera peut-être jamais.

***

Des enfants nés dans un cirque, malmenés par l’existence d’un père et l’absence trop lourde de l’autre, il ne reste aujourd’hui plus rien. Pas même un souvenir qu’on aime à se rappeler quand vient la nuit ; morts et bien morts. Une partie d’eux est morte en même temps que leur mère, une partie d’eux est morte en même tant que l’internement d’un frère, une partie d’eux est morte quand ils ont posés le pied sur le bateau les menant au Japon. Des enfants du cirque il ne reste rien, des adolescents travaillant avec les yakuzas, il en reste un peu plus et pourtant… pourtant ce qui marque les esprits aujourd’hui c’est Rose Red et Mascarille, les prénoms chinois aussi sont morts, Yi Min et Kuan Ti, le pile et le face ; morts tous les deux pour s’ouvrir à une nouvelle vie, Rose et Mascarille, le pile et le face, la vie au creux des mains.


Que de chemin ils ont parcourus depuis ce fameux jour où, Kusakabe, vieux mafieux de son état les avaient pris sous son aile. Il avait fallu du temps, beaucoup de temps avant que la méfiance des deux adolescents ne s’estompent et finissent par disparaitre presque complètement. Jamais totalement, Kusakabe avait beau tenir place de figure paternelle pour eux ; Kuan Ti n’avait confiance qu’en lui et en son frère. On pourrait dire tout ce qu’on voulait, faire monstre d’imagination pour faire tomber ses barrières, on n’était jamais mieux servi que par soi-même et il était hors de question qu’une tierce personne pense être, en tout point, indispensable. Le simple fait que quelqu'un puisse y penser faisait entrer Kuan Ti dans un tel déchainement de violence qu'il devenait difficile, même pour son jumeau, de l'arrêter. Loin d’être idiot, Kusakabe semblait l’avoir compris et, tout en les éduquant tant bien que mal vu leur passé, il ne se permit jamais de franchir les limites que les deux frères imposaient sans, peut-être, s’en rendre compte. C’est de cette existence qu’il reste plus que des traces. De cette existence et non de l’autre, celle qu’ils ont laissés derrière eux en quittant la Corée pour s’exiler au Japon. L’adaptation ne fut pas simple, loin de là, étrangers au milieu d’étrangers, ils avaient fait preuve d’une grande maturité et d’une capacité d’adaptation hors du commun. Cependant, seul point noir au tableau, Kuan Ti refusait catégoriquement d’être séparé de son frère. L’un des membres du clan avait eu l’audace d’essayer et si il n’eut droit qu’à une petite égratignure, Kuan Ti, en revanche se retrouva bien vite blessé et c’est sa langue, totalement déliée qui l’abreuva d’insultes pendant plusieurs heures. Insultes que l’homme ne comprit pas vu qu’elles étaient prononcées en coréen et on dû se résoudre, les premiers mois, à ne pas séparer les deux frère trop longtemps sans leur accord.

Alors la place vacante du père pu être comblée. Cette place laissée à l’abandon trouva quelqu’un pour s’y insérer. Kuan Ti n’avait pas forcément plus de sentiment pour ce vieux yakuza que pour une autre personne, il le tolérait dans son entourage et tant que ça convenait aussi à Yi Min, il n’avait rien à y redire. Peu à peu, le temps aidant, la carapace du sino-coréen s’ouvrit avec lenteur même si jamais totalement et il put intégrer l’ensemble des notions qu’on voulait lui inculquer sans trop de difficultés. On continua de les former au combat l’un et l’autre, même si on ne réussit pas totalement à faire entrer dans le crane de Kuan Ti les notions de maîtrise de soi et de respect. Deux termes qui lui étaient totalement étrangers et dont il se tamponne encore aujourd’hui. Il a fait des efforts, nombres d’efforts mais on reconnut bien vite que le cantonner à des activités de garde du corps n’était pas vraiment bon pour l’intérêt du plus grand nombre tant il se révélait imprévisible. On lui trouve cependant d’autres activités, plus à sa portée peut-être ou, tout simplement, plus intéressantes de son point de vue. Il ne fallait pas se leurrer, Kuan Ti n’aurait jamais la patience et l’indifférence de Yi Min, pas plus qu’il n’aurait sa maitrise pour bien effectuer un travail. Il se retrouva donc, quelques années plus tard, quand Kusakabe le jugea nécessaire pour lui, dans d’autres branches mafieuses. Transports de fonds et autres colis avant d’accompagner les plus âgés ou les plus douées pour récupérer et recouvrer des dettes. Sa tendance à l’arnaque vient sûrement de là. Une tendance qu’il affûta d’abord seul ainsi qu’en compagnie des plus vieux. On l’initia à certains jeu de hasard, qui, avec de la jugeote devenaient beaucoup moins aléatoire et sa passion des cartes à jouer lui permis bien vite d’apprendre à les compter sans trop de difficultés. Aujourd’hui, mettre Kuan Ti dans un casino à une table de poker ou de Black Jack est presque aussi dangereux pour le porte-monnaie qu’il l’est dans la réalité. On lui montra aussi les ficelles pour tout ce qui était escroqueries à plus grande échelles, des ventes pyramidale complètement farfelues au comptage des cartes en passant par l’art de la manipulation des esprits féminins les plus faible, il se révéla beaucoup plus doué et capable d’un contrôle de lui qu’on ne lui connaissait pas jusqu’à maintenant. Contrôle qui ne se montrait qu’en ces circonstances et qui semblait disparaitre tout aussi rapidement quand on l’attachait à une tâche aussi rébarbative que celle de garde du corps… Kuan Ti ne faisait, déjà à l’époque, pas grand cas des autres et lui demander de protéger quelqu’un revenait à signer son arrêt de mort. Du moins, quand son frère n’était pas présent pour lui signifier que là, il avait le droit de se bouger.

Et c’est ainsi qu’ils passèrent les premières années de leurs vies au Japon. C’est ainsi qu’ils se détachèrent totalement de la vie qu’ils avaient avant et qui les avaient peut-être un peu trop marqués finalement. On ne calma jamais réellement les ardeurs de Kuan Ti dont les bagarres de rue devinrent presque aussi connues que le Loup Blanc. On lui reconnut tout de même la capacité de ne jamais se faire prendre la main dans le sac. Parieur à ses heures perdues, il a fait des affaires peu scrupuleuses sur le dos de beaucoup d’hommes et parfois même de femmes. Après tout, son seul souhait est, et à toujours été, d’être à l’abri du besoin en toutes circonstances. Et si, pour ça, il doit s’abaisser à de bonnes vieilles feintes manipulatrices, il le fera. Du moins, le faisait-il régulièrement avant la mort de Kusakabe. Depuis que ce dernier est parti, réduit en fumée dans un crématorium et rangé dans la case des affaires classées ad vitam aeternam ; Kuan Ti passe beaucoup moins de temps à arnaquer les gens. Non… Aujourd’hui il se contente plus volontiers de veiller à ce que les choses se passent pour le mieux dans l’enceinte du White Circus…

***

White Circus... L'un de ses deux petits mots pourrait révéler d'un enfer aux yeux des deux frères. Un petit mot pour y canaliser le souvenir de toute une vie. Mais le White Circus n'a rien à voir avec l'endroit où ils ont grandis. Cette fête foraine à l'abandon quand ils l'avaient racheter, n'a rien en commun avec le cirque qui à ruiné leur vie. Cet endroit n'a rien d'un cirque, c'est une crypte, une crypte à leur image où les attractions mortes sont en symbiose avec celles qui ont pus être retapées jusque-là. On aurait pu penser que les jumeaux voudraient complètement tirer un trait sur leur passé, qu'une fois Kusakabe mort, ils partiraient vers de nouveaux horizons ou disparaîtraient encore comme leurs prénoms chinois sont morts. Aujourd'hui, on ne les connais plus qu'en tant que Rose Red et Mascarille et c'est très bien comme ça.
Pourtant, sans le dire, ils se sont attachés à cette ville de Kyôtô, elle les a sauvés d'une vie qui aurait pu devenir encore plus chaotique si ils n'avaient pas eu la chance de tomber sur Kusakabe. C'est pour cela qu'ils sont restés. Le White Circus devenant ainsi leur antre, un lieu où ils pouvaient être eux. Un lieu qui accueillerait bientôt ceux dont les vies n'avaient pas forcément plus de valeur aux yeux du monde que les leurs. Malheureusement, si composer avec Rose Red semblait parfois plus simple, il faudrait cependant faire avec Mascarille qui n'a jamais eu envie de se détendre un tant soit peu ou de changer.

Le plus impétueux des frères est tellement connu dans l'enceinte du Circus que c'est à se demandé pourquoi certains membres en font encore partis malgré les années et comment ce lieu en partie décomposé, comme leur passé, peut encore tenir debout. Ça semble être le cas cependant, d'anciens membres en arpentant toujours les allées même si certains visages ont depuis longtemps disparus. Kuan Ti ne le dira sûrement jamais mais il aime cet endroit, il aime ce qu'il est devenu et ce qu'il représente pour lui et pour son frère et il n'a aucune intention de la laisser partir en fumée. Pourtant, ça a bien failli être le cas plus d'une fois durant toute ses années. Que ce soit suite à l'une de ses crises dont les membres doivent encore se souvenirs où encore à cause de personnes extérieures qui ont eu la mauvaise idée de penser qu'ils pouvaient s'y attaquer. En premier lieu, il y a eu cette déconvenue avec Sasori lorsqu'il s'est fait prendre dans les filets du Midnight Wonderland, puis ce traité afin que ceux qui étaient venus chercher asile ici ne soit plus pris pour cible. Autant le dire, Kuan Ti à tout de suite très mal vécu l'intrusion du Midnight Wonderland sur son territoire et il les as toujours en horreur à ce jour. Si bien que le premier d'entre eux qui ne respectera pas la règle d'interdiction d'entrée se verra purement et simplement annihiler ; que ça plaise à cette prétendue Reine ou non, il s'en balance. A l'époque, elle lui avait pris l'un des meilleurs éléments du Circus. Un prêté pour un rendu... Bien que l'occasion ne se soit pas encore présentée.

Mais les troubles ne sont pas seulement venus du Midnight, ils sont aussi nés des personnes habitant dans l'enceinte de la fête foraine. Entre les désertion pures et simples qui se feraient payer un jour où l'autre, les coups d'éclats entre les membres dont les personnalités sont parfois très différentes et la connerie congénitale de certain... Plus d'une fois Mascarille à manquer de tout réduire en cendre. Comme avec cette histoire de bombe qui a bien failli lui coûter la vie. Il en garde d'ailleurs un souvenir très vivace et sa rancœur ceux qui étaient présents ce jour-là est loin d'avoir disparue. Et mieux vaut ne plus lui parler de certaines personnes. Beetlejuice par exemple... Qui non content d'avoir « invité » un étranger dans sa roulotte avait menacé les faire tous exploser. Si il est encore là aujourd'hui, ce n'est pas grâce à Kuan Ti qui se retient de le faire ramper sous terre chaque fois qu'il passe à proximité de sa caravane où qu'il aperçoit l'ombre d'un chat noir. Moins on lui parleras de Doku et mieux il se portera... Il en va de même pour le Loup et son stupide cousin ! Alors certes, Mascarille est profondément heureux de ne plus avoir Asahi dans les pattes, il n'empêche qu'il n'a pas forcément apprécier la façon dont les faits se sont déroulés et la désertion de son Renard de cousin lui est aussi restée longtemps en travers de la gorge. Pour autant, il n'a jamais voulu le poursuivre aux quatre coins de la terre ; pas comme certains autres qui ont fuit le White Circus sans prévenir pour des raisons x ou y. Tant que Kiba n’apparaîtra pas dans son champ de vision, a supposé qu'il ne soit pas déjà mort, ça lui ira très bien comme ça qu'on se le dise. En revanche si le renard avait la mauvaise idée de croiser sa route, il n'est pas dit qu'il ne lui donne pas une petite leçon à titre d'exemple. Mais, pour l'instant, c'est bien là le cadet de ses soucis. Mascarille à assez à gérer avec ce qui reste du White Circus et de ses membres. Depuis peu, il a développé un réel intérêt pour l'entretien des attractions des lieux. Même si certaines semblent prendre un malin plaisir à le faire rentrer dans un colère noire, comme ce palais des glace qui ressemble aujourd'hui plus à un tas de débris qu'à autre chose... Un détail très certainement, mais un détail qui sera payé au centuple quand il aura mis la main sur l'énergumène à l'origine de l'incident... Affaire à suivre donc... Tout comme il suivra l'évolution de la vie et des morts dans Kyôtô afin de s'assurer que le monde créé par lui et son frère reste toujours intact.





" ANGER IS NECESSARY. THERE'S NO TRIUMPH WITHOUT IT. IF IT DOESN'T SATISFY THE SOUL, IF IT DOESN'T WARM THE HEART, IT MUST SERVE US. NOT AS A LEADER BUT AS A SOLDIER. "
FUZAKEN JA NE YO !

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Rose Red
nadeshi - administratrice



profil +




"You only love me when I'm bad and mean...
But will you love me when I'm sane and clean ?
I'll be everything you'll never be...
But if you dare to judge me...
Shut up when you're talking to me !"

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Mascarille
nam - fondatrice



profil +



" ANGER IS NECESSARY. THERE'S NO TRIUMPH WITHOUT IT. IF IT DOESN'T SATISFY THE SOUL, IF IT DOESN'T WARM THE HEART, IT MUST SERVE US. NOT AS A LEADER BUT AS A SOLDIER. "
FUZAKEN JA NE YO !

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Le Conteur
pnj



profil +

Présentation Validée  



L'envers du miroir si je ne m'abuse ? Vous êtes peut-être indispensable à l'équilibre cosmique mais efforcez-vous de ne pas le perturber plus qu'il ne l'est déjà, redoutable Mascarille ! A vous de jouer !


Begin at the beginning



Afin de ne pas être perdu, laisse-nous maintenant te montrer le chemin. Pour commencer, nous t'invitons à remplir et poster ta fiche de liens, n'hésite surtout pas à faire le tour des autres fiches pour te trouver des compagnons de route. Il est aussi utile d'aller remplir sa fiche de topics pour que tout le monde te suive à la trace -en particulier la reine de coeur et ses sbires-. Une fois ceci fait c'est PARTY HARD !
Si tu en éprouve l'envie, libre à toi d'ouvrir un journal de bord afin de nous faire part des avancées et péripéties que ton personnage aura rencontré.
Tu peux aussi aller lire le Kyôtô Newspaper afin d'être au courant des dernières nouvelles. Bien entendu, si tu préfère regarder ce qu'il se passe plus en profondeur dans ce jeu étrange, tu peux aussi consulter le Midnight Express qui recèle de nombreuses informations et Lewis Carroll pourrait bien fortement apprécier que tu ailles visiter sa boite de pandore  ♥~
En cas de perte de mémoire et de questionnement intempestif, n'hésite pas à refaire un tour dans la chronologie du forum et consulte aussi souvent que tu le souhaites les détails de notre jeu d'échec

Nous te souhaitons un bon jeu en compagnie du Midnight Wonderland et on espère que tu te sentiras comme chez toi ici ! On t'attendra bien entendu sur la CB, dans le Flood et en RP !

Le Staff ♥
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 

Seong Kuan Ti ; Even with a mirror, i won't share you

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Ω I thought I saw the devil, this morning looking in the mirror,
» Lee Kuan Yew, fondatè Singapore mouri a 91 zan
» Alice Blood [Attente de Réponse]
» Jang Seong Hee ft Lee Chae Rin - CL from 2NE1
» [Film] Mirror mirror

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
MIDNIGHT WONDERLAND :: Off with their heads :: We're all mad here :: Affaires Classées-