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 Seong Yi Min >>> Beautiful Thorn <<<

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Rose Red
nadeshi - administratrice



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Seong Yi Min  

"Rose Red"

Age: 31 ansDate de naissance: 23 MaiLieu de Naissance: Jinju (Corée du Sud)Orientation Sexuelle: AmbigüeActivité: Leader du White Circus - Kumi in (engagé auprès de certains clans Yakuza sans pour autant en faire partie)Autre: Les recrues et ex-recrues du White Circus, les membres importants de la pègre ainsi que les membres du Midnight connaissent Yi Min sous le pseudo de Rose Red uniquement. Les personnes ayant un rapport plus ténu avec la pègre ou ayant croisé Yi Min en ville le connaîtront sous le nom de Kusakabe, qui est en fait celui de feu son protecteur. Seul son frère jumeau connaît sa véritable identité. Mis à part les grands pontifes du crime organisé à Kyôto, personne n'est en mesure de savoir que Yi Min chapeaute le White Circus, exceptions faites de ses membres, évidemment.Groupe: White CircusFeat.: Song Jae Rim


have i gone mad?

Do you want to know who I am ?

"For this freedom, I have given all I had.
For this darkness, I gave my light.
For this wisdom, I have lost my innocence.
Take my petals, and cover me with the night."



Caractère : S’appliquer à décrire une personnalité aussi complexe que celle de Yi Min, quand tant de psychologues et psychanalystes s’y sont cassés les dents est un vrai défi. Ce qui ressort dans un premier temps en plus d’être l’une des significations de son prénom demeure l’intelligence…Une intelligence aussi aiguisée qu’elle peut en devenir meurtrière car toujours disposée à trouver une faille là où tout semble dument calculé et inébranlable. Et Yi Min y parvient sans longues réflexions et analyses au préalable, tout simplement parce que le commun des mortels est une espèce bien simpliste comparée à lui et son jumeau. Cerner l’esprit des gens est pour lui un jeu d’enfant dès lors qu’il a décidé de s’y attacher et qu’on éveille en lui plus qu’une indifférence quasiment omniprésente. Vous l’aurez compris, l’ego de Yi Min atteint presque l’Everest même si vantardise et fanfaronnades sont complètement absentes de son comportement. Il n’a pour ainsi dire pas besoin de se promouvoir pour en imposer d’office de toute façon, dégageant une aura particulière encouragée par un charisme flamboyant. La détermination mêlée de sensuelle froideur qui émane de lui en permanence en ferait presque l’archétype du beau ténébreux, sans qu’il ne recherche à intégrer tel ou tel modèle.

Très peu expressif surtout en dehors du White Circus, Yi Min ne démord pas pour autant d’aisance à parler et surtout à persuader son prochain. Quand cela sert ses intérêts, vous pouvez être sûr que son éloquence égalera celle des plus grands orateurs. Mais dès lors que la conversation l’ennuie, il se tait en général, ayant sûrement déjà gagné un million de fois le titre de Roi du Silence. Des restes de son séjour en hôpital psychiatrique où il n’avait pas dit un seul mot en dix ans, ne voulant pas octroyer ce privilège à ses geôliers. Une autre facette de son ego qui fait que la moindre de ses actions envers une autre personne est égale à l’intérêt qu’elle éveille en lui. Ainsi, il ignore la majorité des gens, échange quelques mots avec ses recrues et les hauts dignitaires yakuza qui requièrent son aide mais n’est réellement sociable et tactile qu’avec Kuan Ti et Kagerou qu'il tient pour avatar de sa mère. Ce qui veut tout dire (en particulier qu'il souffre d'un complexe d'Oedipe assez flagrant).

Il est d’ailleurs difficile de parler des jumeaux en cas isolés car ils sont aussi complémentaires que le Yin et le Yang. Ce lien phénoménal et indescriptible qui les unit fait qu’ils se placent instinctivement à l’écart voire au-dessus des autres. Personne ne peut les comprendre ou les accepter entiers si ce n’est leur jumeau et chacun occupe la quasi-intégralité du cœur de l’autre. Un amour réciproque proche parfois de l’idolâtrie résultant d’un étrange narcissisme, développé lors de leur adolescence. Trésor de chair et de courbes, divinité mortelle, reflet matériel…Ce que représente Kuan Ti pour Yi Min et réciproquement est comme ce qui les lie, indéfinissable. Ame-sœur par excellence, Kuan Ti est l’organe vital sans lequel Yi Min demeurerait une enveloppe vide vouée à un trépas rapide. Ils se complètent sans être totalement contradictoires car partageant un même esprit qui aurait trouvé sa source dans deux corps pratiquement identiques.

Et on aurait tort de croire que le schéma se résume à un cerveau d’un côté, à des crocs de l’autre. Pourtant, c’est ce qui est traditionnellement retenu quand on est face à la tempérance et au calme sans failles de Yi Min tandis que son frère menace exploser parce qu’une micro-goutte de pluie a agressé sa pommette…Mais ne pas extérioriser ses sentiments profonds ne veut pas dire qu’on ne les ressent pas et qu’on ne les laisse pas prendre le pas sur le reste quand la situation l’impose. Un exemple très simple…Une autre idée reçue au White Circus est que Rose est bonne pâte en comparaison de Mascarille et qu’on va bien plus volontiers frapper à sa porte. Cependant, si votre bourde est jugée irréparable, vous pouvez être sûr que la conclusion sera la même pour vous que vous en référiez à l’un ou à l’autre, l’entretien sera juste de nature différente au départ. Quand Mascarille vous aurait cassé la figure avant même que vous ne terminiez votre phrase, Rose vous aurait écouté avec l’habituel masque neutre jusqu’au bout pour ensuite sortir un pistolet de sous son bureau et vous en coller une entre les deux yeux sans ciller, ne vous laissant même pas le temps de réaliser votre propre mort.
Yi Min a beau ne pas avoir le sang aussi chaud que son frère, il n’en demeure pas moins sans aucune pitié en dépit des apparences et du timbre à la fois suave et doux de sa voix. Se servir d’une arme de poing n’est pas le seul talent qu’il possède en matière de combat et si Kuan Ti semble miser sur la force et la quantité de ses coups, Yi Min, beaucoup plus discipliné mise quant à lui sur la précision. Les points vitaux à agresser pour paralyser quelqu’un ou le clouer au sol de douleur n’ont aucun secret pour lui ou presque, et son entraînement de longue date à l’hapkido lui octroie de solides restes, qu’il persiste à entraîner pour les besoins de sa profession ponctuelle en tant que garde du corps.

A l’instar d’une rose rouge, superbe et odorante au sommet mais ses pétales écarlates cachant une tige épineuse pouvant s’avérer très douloureuse, Yi Min possède un noir secret qui le rend peut-être encore plus dangereux que sa tête brûlée de jumeau. Tout comme on ne l’aurait jamais soupçonné d’avoir assassiné son père, on ne l’imagine pas sous des atours de serial killer et pourtant, c’est ce qu’il est, ni plus ni moins. Il ne tue pas pour le plaisir de tuer, uniquement pour le sang, de grandes quantités…qui font qu’à la longue, ses victimes finissent par se vider complètement comme un gibier équarri après une chasse. C’est une fascination qui le pousse à agir ainsi, un attrait sans précédent pour ce liquide rouge dont il adore la texture, la vue et le parfum…Il peut passer une journée entière à taillader superficiellement une victime à des endroits stratégiques pour voir de quelle manière le sang s’écoulera de la plaie, quel chemin il tracera sur la peau livide et tremblante avant de tomber en gouttes sirupeuses au sol. D’où la construction de la fameuse Red Room où il s’adonne à sa passion macabre inconnue de tous, si ce n’est de son frère. Après, il ne fait pas un tueur des plus prolifiques, à raison d’environ 4 à 5 victimes par an, c’est comme un art dont il ne faudrait pas abuser si l’on veut garder la spontanéité de l’inspiration et pour cause, Rose tient à espacer de plusieurs mois ses forfaits à chaque fois ; rien que le temps d’avoir une proie idéale en ligne de mire et de l’approcher sous couvert d’une bonne dose de galanterie et de tendresse. Se méfier de l’eau qui dort donc et ne pas faire l’erreur de s’imaginer non plus que Kuan Ti est une brute sans cervelle.

Pour en revenir à lui, malgré qu’il se défende seul à la perfection, il faut éviter autant que faire se peut de rapporter quelque chose de négatif à son sujet aux oreilles de Yi Min. Il a beau savoir son jumeau prompt à castagner pour n’importe quoi, Rose n’a jamais rien trouvé à y redire et trouve toujours de bonnes raisons à son frère d’agir ainsi, la question ne se pose même pas. Ainsi, rapporter que vous avez reçu une correction salée de Mascarille en espérant que son gentil double intercédera en votre faveur est une idée bien naïve…Rose ne tempère son frère qu’à de rares occasions à la vérité, Kuan Ti n’étant plus un enfant et sachant se tenir un minimum en société. Et quand il le fait, cela constitue souvent en un geste, poser sa main sur la sienne deux secondes pour que sa folie furieuse redescende à un niveau appréciable.
De ce côté-là, il y a une bonne part de vérité dans le fait que Yi Min est un catalyseur doublé d’un sédatif efficace pour son jumeau, qui devient souvent plus fréquentable quand le premier est dans les parages. Autrement et cela se doit d’être souligné, l’égoïsme commun aux jumeaux fait aussi que tout ce qui peut constituer leur relation et leurs actes leur apparaît comme incontestablement logique et ce, même si ça va à l’encontre de valeurs ancestrales ou de la vie d’autrui. Aussi, il est vivement conseillé d’éviter des mots tels « cinglé », « incestueux », « monstre » en leur présence et de ne surtout pas les leur destiner. Même s’ils tâchent de n’en rien montrer, leur lourd passé imprègne encore beaucoup de leurs personnes et leur rappeler d’une manière ou d’une autre en les jugeant fous ou renégats a le don de les faire enrager. Sa mère, quasiment élevée au rang de divinité pour Yi Min est le sujet par excellence à ne pas aborder avec lui, à moins que vous ne vouliez saluer les asticots six pieds sous terre.

En somme la complexité de Rose Red réside surtout en le fait qu’on ne sait pas du tout comment se comporter avec lui pour être en bons termes, ça pourrait sembler moins ardu qu’avec Kuan Ti mais il n’en est rien. Pour les frères Seong, il y a deux dimensions, la leur et le monde extérieur. Tout ce qui fait partie de la seconde ne les préoccupe que peu et c’est davantage par instinct ou parce que leur métabolisme le dicte qu’il leur arrive de partager la couche de quelques femmes. La solution est sans doute de ne pas chercher à se rapprocher d’eux sous peine de très vite s’en mordre les doigts. Vos efforts seraient de toutes façons vains car des sentiments tels que l’amitié ou la compassion sont quasiment absents chez les jumeaux. Du moment que leur reflet est à leur côté, ils n’ont besoin de personne pour se sentir bien et ne vont de fait pas chercher ailleurs. Yi Min fait tout de même preuve d’un peu plus d’attention quand il s’agit de ses recrues et qu’elles sont un peu perdues mais désireuses de bien faire et de s’intégrer telle Colombine. Un soupçon d’instinct protecteur et paternel peut le toucher quand il s’agit de jeunes personnes, et peut-être la porte ouverte à quelque chose pouvant s’amplifier mais il ne faut pas non plus trop en demander. Il peut également éprouver du respect pour quelques personnes dont il juge l’esprit suffisamment brillant pour rivaliser avec le sien et c’est d’ailleurs pour cette raison en grande partie qu’il a fait profil bas face au Midnight Wonderland et plus particulièrement face au valet de cœur et plus récemment face à Tweedledee.

Pour finir, on peut souligner qu’au White Circus, Rose est en général moins impassible et plus prompte à offrir à la face du monde ; la vue de son magnifique sourire. Tout simplement parce qu'il se sent dans son élément et qu'il a apprit à connaître un certain nombre de ses recrues parmi celles qui ont le plus de bouteille. On ne peut pas pour autant parler de franche camaraderie ou de familiarité mais Yi Min sait reconnaître la valeur ajoutée qu'apportent certains membres et se trouve de fait mieux disposé à les écouter et à leur faire confiance. Sous réserve que tout ce petit monde continue à filer droit, ça va de soi.


Physique : Ca tombe un peu sous le sens étant donné que c’est la seconde signification de son prénom (et que sa mère n’avait pas un humour douteux), une grande beauté ressort de Yi Min (et par la même de son frère tant la ressemblance entre eux est frappante). A la fois très masculin dans sa carrure et délicatement féminin de par les traits fins de son visage et sa silhouette presque féline, Yi Min passe rarement inaperçu dans les rues de Kyoto. Ceci encouragé aussi par le fait qu’il avoisine les 1 m 90, l’apanage de très peu de japonais et l’une des preuves qu’il a des origines d’autres pays asiatiques. Ses yeux en forme de pétale de lotus sont animés par deux iris d’un noir insondable qui semblent lire en vous dès lors qu’elles vous croisent. Ses pommettes saillantes et ses lèvres attirantes sont un héritage direct de sa génitrice chinoise, tout comme ses mains d’orfèvre, à la fois longues et délicates. Sculpté par des années à pratiquer certains sports de combat, Yi Min présente une musculature proche de faire pâlir quelques statues grecques parmi les moins imposantes. Suivant ce qu’il est amené à faire en ville, sa garde-robe varie légèrement mais reste toujours sobre et élégante, longs manteaux ou gabardines, costumes, pull prêts du corps, longues écharpes, cravates, blazer, chemises unies, jeans de marque, ceintures de cuir…Des atours qui ne sont pas sans rappeler ceux des yakuza dont il se rapproche évidemment…Mais il est vêtu un soupçon plus décontracté que la mafia l’exigerait, n’hésitant pas à arborer quelques tenues plus sportswear ou simplement citadines, laissant tomber le costard de rigueur. Ces derniers temps, il s'est même rabattu sur des habits encore plus déstructurés, simples, voire un peu gypsy sur les bords pour se rapprocher de la garde-robe de son frère. Mais les plus fins observateurs sauront remarquer que ce qu'il porte est toujours nickel et sans accrocs, on ne peut pas en dire autant des atours de Kuan Ti..Quand il sait ne pas devoir bouger du Circus pour flâner dans Kyôto, Yi Min apprécie également porter des vêtements directement inspirés des tenues traditionnelles coréennes ou chinoises. Ceci davantage parce qu'il s'y sent à l'aise et qu'il en a en stock plus que parce qu'il est attaché à ses origines. On peut citer notamment le durumagi, long manteau coréen aux couleurs vives dont le col évoque celui du yukata japonais ainsi que des tuniques inspirées du Hanfu chinois et quelques vestes Zhongshan (à col Mao).

Au niveau capillaire, Yi Min a perdu une vilaine habitude qui consistait en teindre ses cheveux d'un blond platine par nostalgie. Désormais, il n'arbore plus que sa couleur naturelle, ébène et laisse ses cheveux mi-longs caresser la base de sa nuque. Fut un temps où il les avait jusqu'en bas du dos mais cette époque semble définitivement révolue et marque à elle seule la césure entre les préoccupations de "l'ancien" Rose Red et celles de l'actuel, qui n'a décemment plus l'énergie ni le temps de s'adonner à ses folies capillaires. Les coiffant trait pour trait à la manière de Kuan Ti quoiqu'ils semblent naturellement ondulés chez Yi Min, c'est un élément de plus qui empêche de clairement les différencier.
Ayant pris l'habitude d'assombrir son regard avec du crayon, Yi Min laisse ordinairement ses ongles vernis de noir ou vierges, dans le même esprit. Quelques cicatrices, vestiges d’anciennes bagarres s’égarent ici et là et c’est à peu près tout ce qu’il y a à déplorer. En plus d'un tatouage circulaire sur le haut du bras droit assez récent qui évoque un verset de la Bible, "Je peux faire toutes choses par celui qui me donne la force." Vous l'aurez compris, la seule croyance de Yi Min renvoyant à son jumeau, il est aisé de savoir de qui il est réellement question...Et si ça peut faire grincer des dents les yakuza à l'énoncé d'une religion à laquelle il n'adhère même pas, c'est encore mieux ! Après tout, ce sont eux qui lui ont rebattu les oreilles avec leur irezumi, qu'ils s'estiment heureux..

Goûts en quelques mots-clés :

Aime > Son frère, son cirque, les roses, observer le sang couler et le sentir filer entre ses doigts, fumer, les yeux rivés sur le ciel nocturne ; lire à l’extérieur, écrire, quelques plats chinois typiques que sa mère préparait autrefois, la compagnie de Kagerou, qu'on suive ses ordres à la lettre.

Déteste > Son pays d’origine, un nombre incalculable de comportements (curiosité, vantardise, manque de courage et de volonté, bêtise, indiscrétion, émotivité…), les hôpitaux et tout ce qui est susceptible de lui rappeler son internement, qu'on se figure pouvoir le faire chanter ou changer d'avis, qu’on le traite comme un étranger ou comme un subalterne de manière trop insistante…

Behind the Screen

Nom ou pseudo: Nadeshi
Prédéfini: [♦] oui [] non
Double compte: [♦] oui [] Non
Comment t'as connu le forum: Nous n'avons pas été présentés, si ?
Autre chose à ajouter peut-être ?...
Code du règlement: Je ne suis que mes propres règles.




"You only love me when I'm bad and mean...
But will you love me when I'm sane and clean ?
I'll be everything you'll never be...
But if you dare to judge me...
Shut up when you're talking to me !"

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Rose Red
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which way I ought to go from here?


And now, will you listen to my story ?

♦ PROLOGUE - 조용한 LA CLAMEUR DU SILENCE ♦

Réveillé en sursaut par son vibreur et manquant renverser sa tasse de café à demie pleine sur un dossier, « l’homme-radio » apporta le petit appareil face aux deux miroirs qui lui servaient de lunettes et lut qu’il était attendu en salle 4…Un immense soupir franchit ses lèvres tandis qu’il le remettait en place avant de tasser les quelques feuilles de ce fameux dossier, qu’il avait une énième fois étudié jusqu’à épuisement pour trouver une faille. Nul doute que sa réputation de spécialiste en pâtissait grandement, jamais un enfant ne lui avait autant donné de fil à retordre. Celui-ci semblait tellement différent des autres à tous points de vues…Mais à chaque fois qu’il avait cru trouver une explication logique à son comportement, jamais le gosse n’avait semblé réagir plus qu’à l’habituée à ses paroles ou corroborer ses hypothèses.
Il n’avait pas lâché un seul mot depuis qu’il était entré ici et cela durait depuis plus de deux ans maintenant. L’examen médical était formel, ses cordes vocales n’étaient pas endommagées, tout ce qui devait fonctionner le faisait normalement, il n’était pas muet. Il refusait juste catégoriquement de s’exprimer, tout du moins avec des mots prononcés…car il écrivait énormément. Des lettres de plusieurs pages destinées à son frère. Des jumeaux…qui avaient vécu une immense tragédie et qu’on avait pensé bon de séparer. Pourtant il apparaissait clair au professeur que si quelque chose serait susceptible de délier la langue de Yi Min, c’était bien de revoir son frère. Malgré ses requêtes auprès de la direction de l’établissement et le fait qu’il plaide en faveur du garçonnet, jamais il n’obtint ce droit ; son patient jugé bien trop instable psychologiquement pour avoir des visites. Et le comble dans tout ça, c’était que Lee n’avait en effet aucune preuve du contraire, il se retrouvait dans une impasse car psychologie et psychanalyse ne pouvaient fonctionner que si le sujet donnait un minimum du sien et livrait un peu de lui-même.

Yi Min était aussi hermétique qu’une plante carnivore en pleine digestion. Une ténacité et une volonté pour le moins époustouflantes chez un enfant de son âge et les preuves d’une grande maturité. Si son silence n’avait été qu’une simple manière de faire regretter ses geôliers, jamais il n’aurait tenu aussi longtemps. Ca n’avait rien d’un caprice, ce silence était dument calculé aux yeux du professeur, peut-être parce que Yi Min voulait se protéger et qu’en dépit de ses efforts pour se rapprocher de lui, Lee n’avait jamais pu percer son bouclier. Aucune ouverture, jamais un sourire, même pas un murmure. Cet enfant était semblable à un robot inexpressif…Car en dehors des entretiens, qui ne menaient manifestement nulle part, il n’était pas réticent à suivre un traitement médicamenteux, à se rendre au réfectoire ou aux douches aux heures prévues. Il était sérieux en cours, sportif également et ne faisait jamais aucune vague.
C’était presque impossible à croire qu’un enfant aussi calme et docile en soit venu à assassiner de sang-froid deux personnes dont son propre père. Il s’agissait de cas isolés et extrêmement rares, les « meurtriers juvéniles » se comptant sur les doigts de la main et même dans ce groupe déjà très restreint, Yi Min faisait encore figure d’exception car il n’avait jamais fait preuve de violence physique avant d’en arriver là. A la limite, les soupçons se seraient davantage portés sur son frère, une vraie terreur d’après la troupe et tout l’opposé du premier.  

Oui, la « troupe ». C’est d’un cocon familial atypique qu’étaient nés ces enfants, un cirque ambulant. Et autant dire que ce genre de situation n’était jamais très bien vue, même dans la société actuelle. Pour autant, les enquêteurs et les médecins n’avaient que très peu d’éléments concernant la petite enfance de ces deux-là, leur mère, une danseuse et acrobate était morte suite à un accident et selon les langues les plus déliées de la caravane, le père, à la tête de ce mini-empire festif était quelqu’un de foncièrement détestable, qui traitait tout le monde comme du bétail, y compris sa propre famille. De là, il avait été facile de comprendre pourquoi l’un des garçons en était venu à penser au meurtre, mais pourquoi de cette manière et pourquoi un enfant d’apparence aussi sereine que Yi Min ? Cela restait un mystère, personne n’avait pu les éclairer sur ce terrain pour le moins épineux. Jeu de mot noir s’il en faut un car le père avait été retrouvé égorgé, les yeux crevés par des branches de rosier et ligoté avec des ronces aux poignets comme aux chevilles. Yi Min ne s’était pas contenté de le tuer, il avait tenu à le faire souffrir avant et une telle manière de procéder, de préméditer un tel acte avait de quoi faire froid dans le dos ; quand on savait que ça émanait d’un gamin de 7 ans au visage angélique. Et qui pouvait savoir ce qui se dissimulait encore sous ce masque d’innocence ?
Quelques longues mèches brunes retombant sur ses yeux, Yi Min patientait à la table habituelle, mollets croisés, tout en balançant ses jambes dans le vide. Devant lui était posée cette ardoise blanche et le marqueur noir de rigueur, son unique moyen de communiquer avec le « commun des mortels ». Ils ne comprenaient rien et ne comprendraient jamais rien alors pourquoi gaspiller sa salive et ses efforts pour eux ? Il ne cilla même pas quand les pas de « l’homme-radio » retentirent dans la petite pièce illuminée. Cet homme, il aurait pu le dessiner les yeux fermés tellement de fois il avait croisé son visage et entendu sa voix peu assurée se voulant douce, mais maintenant plus pressante. Ne voyait-il pas que peu importe la méthode, il n’obtiendrait jamais rien de lui ? Enfin, si ça l’amusait de continuer, de s’accrocher à ses espoirs, qu’il le fasse…Yi Min aussi se cramponnait secrètement à un espoir, celui de revoir son frère et de quitter cette maison de fous dans laquelle il n’avait et n’aurait pas sa place. L’entretien commença comme d’habitude par les salutations d’usage avant que le « clic » du dictaphone ne rompe le silence. Et les questions fusèrent à nouveau. Des questions sans réponses, des mélopées s’évanouissant dans le vent invisible une à une. Mais cette fois, Yi Min allait faire preuve d’une once d’indulgence et enfin marquer quelque chose sur cette maudite ardoise désespérément vierge. Il laissa tout de même mariner son interlocuteur une bonne heure avant de se lancer.

"-Yi Min, regarde-moi s’il te plaît. Quand comprendras-tu que je ne suis pas ton ennemi ? Raconte-moi ce qui s’est passé, que je puisse t’aider, dis-moi…"

Quand il vit le garçon se munir du marqueur et commencer à écrire, nul doute que Lee frôla l’orgasme psychologique…Il allait peut-être enfin avoir une réponse ! Mais la naissance de sourire extatique qu’il arborait mourût bien vite quand il lut les mots que brandissait l’enfant devant lui « Je parle mais vous n’entendez rien. » Voilà tout ce qui était marqué…et ça pouvait avoir énormément de sens…En somme, ce diable de gamin venait de le perdre un peu plus dans ses tergiversations et n’y tenant plus, le professeur décolla de sa chaise brutalement et quitta la pièce, promptement énervé. Yi Min quant à lui, reposa calmement l’ardoise et eût une esquisse de sourire avant d’effacer tous les mots inscrits à l’exception de « Rien ». Voilà à quoi ils auraient tous droit durant son séjour ici, à absolument « rien » venant de sa part. Eux-mêmes n’étaient « rien » pour lui. Le seul qui comptait, c’était Kuan Ti…Le seul qui le comprenait, c’était lui. Le seul qui méritait qu’il lui parle, c’était lui, et il n’y aurait personne d’autre.

♦ I - 첫 번째 서커스 LE PREMIER CIRQUE ♦

Ce manège était déjà présent bien avant, tandis qu’ils étaient les deux plus jeunes pensionnaires du cirque. Les autres enfants les considéraient comme de la racaille quand la troupe les voyait comme des vermisseaux, progéniture de leur infâme patron. Alors autant dire que des amis, ils n’en ont jamais vraiment eu et se sont très vite liés fortement. La seule à leur prodiguer de l’affection était leur mère, toujours très attentionnée, elle les adorait et leur répétait sans cesse qu’un jour, ils fuiraient tous les trois loin de cet enfer et loin de ce père tyrannique. C’était une femme magnifique et l’unique déesse du panthéon de Yi Min qui la chérissait autant qu’il pouvait chérir son jumeau. Débauchée par leur père alors qu’elle était partie pour devenir l’une des étoiles du cirque de Pékin, le seul droit qu’elle n’ait jamais eu fût de donner des prénoms chinois à ses enfants. Kuan Ti, « dieu de la guerre protégeant des injustices » et Yi Min,  « heureux et intelligent », des prénoms qui à eux seuls résumaient ce à quoi elle aspirait et ce qu’elle espérait pour ses fils. Mais hélas, cela n’apparût pas leur porter bonheur.
Kuan Ti devenait de plus en plus casse-cou et odieux, prêt à démolir quiconque menacerait son frère ou même à se bagarrer pour tout et n’importe quoi. Toute la haine qu’il avait envers son père se manifestait par une fureur permanente et loin de le préserver, ça lui faisait collectionner les punitions et les coups de baguette en bambou…
Sa mère avait beau supplier jusqu’aux larmes pour que son mari cesse, jamais il n’avait la main moins leste et il en arrivait toujours à la brutaliser à son tour si elle venait à trop s’interposer. C’était un dictateur sans foi ni loi, rien de plus, rien de moins. Yi Min quant à lui avait eût une réaction inverse et s’était complètement renfermé sur lui-même. Très peu causant et discret comme un fantôme, il était considéré comme une mauviette de première catégorie par sa brute de géniteur qui de fait, n’hésitait pas non plus à le frapper pour tâcher de le faire réagir. Il allait finir avec un tutu à paillettes comme sa maman si il continuait, pas vrai ? Ce genre de sarcasmes, Yi Min en recevait tous les jours et il tâchait de les ignorer, se consolant en trouvant refuge dans les bras de sa déesse-mère ou auprès de Kuan Ti. C’est grâce à leur soutien qu’il trouvait la force de continuer et ce devait être pareil pour eux deux.
Avec sa mère, Yi Min avait un rituel, une promenade tous les lundis dans un parc et si possible un parc avec une roseraie car il pouvait passer des heures à écouter sa mère en parler. Elle adorait ces fleurs et connaissaient quasiment tout d’elles. Souvent quand il avait un peu d’argent de poche d’ailleurs, Yi Min allait lui en acheter chez un fleuriste ou essayait d’en voler sans se faire prendre. Il aurait été capable de tellement plus pour elle, mais rien que ce genre d’attention parvenait à ramener sur son beau visage un sourire radieux.

♦ III - 증오의 가시 LES EPINES DE L'AVERSION ♦

Cependant, tout cela prit fin l’année de leurs sept ans…Un après-midi alors que les chevaux attendaient d’être entraînés sous le chapiteau pour un nouveau numéro et que leur mère finissait de se préparer derrière les rideaux ; leur père fit irruption, fouet sorti pour maugréer sur telle ou telle chose, comme à son habitude…Les animaux avaient toujours eu une peur bleue de lui et c’est sans surprises que les chevaux s’affolèrent. Ils furent impossibles à calmer et brisèrent leurs liens avant de se carapater vers les rideaux, que leur mère franchissait tout juste pour voir de quoi il retournait. Elle n’eût pas le temps de réagir que les chevaux la renversèrent et la martelèrent de plusieurs coups de sabots en passant. Les jumeaux s’étaient justement dirigés aussi vers le chapiteau quand ils avaient entendu le remue-ménage et avaient assisté à la scène, figés d’horreur.
Yi Min s’était d’office rué vers sa mère, allongée au sol et couverte d’hématomes, pleurant déjà à chaudes larmes tandis que Kuan Ti, fou de rage était allé se défouler sur leur père à grand renfort de coups de pieds et de poings. L’empoignant par les cheveux à lui en arracher, ce dernier l’avait entraîné hors du chapiteau pour le corriger comme il se devait. En entendant son frère crier dehors, Yi Min pleura de plus belle tout en tenant sa mère agonisante contre lui. Il savait d’office que l’ambulance n’arriverait pas à temps…Il serait perdu…Maintenant qu’elle n’était plus là, qu’allaient-ils pouvoir devenir tous les deux… ? Il n’y avait plus aucun espoir, à moins que…ce porc disparaisse à son tour.

Et à cet instant précis, le regard d’habitude si innocent de Yi Min se teignit d’une dureté assassine. Abandonnant sa mère pour se diriger d’un pas d’automate à l’extérieur, il essuya sans ciller les remarques de son père et ne bougea même pas quand il reçut un coup de fouet en pleine figure lui rayant la joue d’une marque rouge. Kuan Ti en avait reçu plusieurs et saignait, il continuait de proférer des insultes alors qu’il était recroquevillé sur lui-même au sol. Yi Min en versa une larme supplémentaire et se dirigea vers lui sans regard pour leur père qui continuait à s’époumoner comme un démon en furie. Se penchant et allant doucement caresser l’épaule de son frère blessé, Yi Min lui glissa à l’oreille qu’il allait tout arranger, qu’il fallait juste qu’il l’attende. Et ceci fait, il courût aussi vite qu’il pût pour échapper à son géniteur et fuir le cirque. Personne ne fût en mesure de l’arrêter mais loin de fuguer, Yi Min avait une toute autre idée en tête. Jamais il n’aurait abandonné son frère et si c’était ce que pensaient les autres, ils étaient encore plus stupides qu’ils en avaient l’air. Une fois au parc, il se dirigea d’emblée vers la roseraie et comme s’il ne ressentait aucune douleur à ainsi arracher à mains nues des pans entiers de rosiers et de ronces, il s’exécuta avec une volonté sans failles. Jusqu’à ce qu’un gamin un peu trop curieux qu’il avait déjà croisé auparavant le prenne la main dans le sac.

"-Bah alors le chinetoque, on fait son rebelle ? Ta maman va pas être contente !

Il n’en fallût pas davantage pour attiser le feu de joie déjà immense qui brûlait dans les entrailles de Yi Min. Agrippant fermement le garçonnet et faisant montre d’une force qu’on ne lui aurait jamais soupçonné, il le poussa dans le parterre de rosiers avant de se munir d’une grosse branche abandonnée non loin et de le tabasser jusqu’à ce que mort s’en suive, sans retenir ses coups une seule seconde. Les mains giclées de sang, Yi Min laissa tomber la branche après son forfait, tandis que ses yeux étaient comme hypnotisés par le cadavre sanguinolent du garçon, ses membres semblant désarticulés emprisonnés par les rosiers…Il mit environ une minute à reprendre ses esprits puis ramassa sa cueillette avant de filer, pour retourner en direction du cirque.
Ce qu’il avait ressenti durant ce premier meurtre avait été indéfinissable…Mais voir ce beau liquide rouge perler et s’étendre en filaments l’avait comme transporté…Jamais il n’avait éprouvé cela auparavant. Et cette sensation serait sûrement encore plus bénéfique quand ce serait le sang de son père qu’il verrait luire. La nuit tombait et il n’y avait pas de représentation ce soir-là. Prenant garde de ne pas se faire repérer, Yi Min s’était dirigé vers le roulotte familiale où il avait pu voir par une fenêtre que son père roupillait sur sa chaise habituelle. C’était son heure avant le repas, comme à chaque fois…Pour preuve que la mort de sa femme n’avait pas dû l’éprouver plus que ça…Aucune trace de Kuan Ti, qui devait être enfermé dans le placard, comme à chaque fois…

Entrant discrètement, Yi Min avait refermé lentement derrière lui et s’était muni du cal, une bûche. S’approchant de manière calculée, il avait asséné un coup violent sur la nuque de son paternel, non pour le tuer mais juste pour l’assommer. Une fois ceci-fait, il l’avait rapidement ligoté à l’aide des ronces mais solidement puis s’était placé derrière lui avec un verre d’eau fraîche à portée de mains et quelques tiges de roses aux épines acérées. Après avoir renversé le verre sur la face de son père pour le réveiller, il avait rapidement collé les tiges sur ses cornées à peine ouvertes avant de serrer le plus possible tandis que ce malade geignait comme un goret. Des insultes fusaient mais au lieu de blesser Yi Min, elles l’encourageaient et lui apportaient même satisfaction. Comme ça devait faire mal…Relâchant les tiges après seulement cinq minutes, le jeune garçon se détacha pour aller prendre un couteau de cuisine près de l’évier. Il revint rapidement auprès de son père, paraissant ainsi bien misérable.

"-Yi Min…Yi Min…Att…Attends ! Je ne voulais pas !! Pour maman, c’est un accident tu sais ! Ca va aller ! Je ne vous frapperais plus, attends !

-Qui est la mauviette maintenant ?"

Et sans épiloguer davantage, Yi Min alla traverser la gorge de son père à l’aide du couteau, la bougeant de haut en bas lentement ensuite pour accentuer la douleur, la sensation d’étouffement. Ressens tout ce que tu nous as fait subir, toutes ces années de souffrance condensées en seulement quelques minutes de torture. Pourvu que ce soit douloureux. Crève et va en enfer, là où est ta vraie place. Ayant l’impression qu’un immense poids avait délesté son cœur, Yi Min s’était laissé tomber sur le lit placé en face, avant de jeter le couteau à terre. Il avait fermé les yeux et tenté d’envoyer un message à sa mère…Elle pouvait reposer en paix maintenant, le bourreau était mort et plus personne ne lui ferait de mal, personne. Puis, rapidement, il s’était dirigé vers le placard dont Kuan Ti avait tenté de forcer la porte depuis tout à l’heure. Tournant la clé pour l’ouvrir, Yi Min s’était d’office abaissé vers son frère pour l’enlacer de ses bras maculés de sang. Il lui répéta que lui aussi n’aurait plus jamais mal, qu’il l’avait fait pour lui, pour eux, pour maman…Suite à cet acte, les jumeaux restèrent bien près d’une heure ainsi enlacés avant de tomber, épuisés et de s’endormir l’un contre l’autre dans ce placard…baigné par l’odeur sucrée de leur mère défunte qui y rangeait tous ses vêtements. Yi Min aurait souhaité ne jamais se réveiller.

C’est le retentissement dangereusement proche d’une sirène qui fit soulever ses paupières à Yi Min additionné rapidement au brouhaha d’une foule curieuse et horrifiée. Il ne fallût que quelques secondes au garçon pour réaliser que d’un enfer, tous deux allaient passés à un autre…Mais il ne se sentait pas la force de fuir, sans compter qu’il n’y avait apparemment aucun espoir de s’échapper à en juger par tous ces visages grimaçants collées à la fenêtre de la caravane et les pas précipités qui se pressaient à la porte. Une larme brûlante coulant sur sa joue, Yi Min apporta une main à son oreille en fermant les yeux et se pressa un peu plus contre son frère, qui lui aussi aurait sûrement voulu disparaître.
Un instant plus tard, une lumière aveuglante les agressait dans un grand fracas…Les forces de l’ordre venaient d’entrer sans frapper et en s’apercevant que les jumeaux n’étaient pas armés, ils ne tardèrent pas à les empoigner tous les deux séparément et ce malgré qu’ils se débattent, et très férocement concernant Kuan Ti.
Il fût très dur de faire lâcher leurs mains entrelacées, et leurs cris déchirants auraient brisé le cœur de n’importe quelle personne dotée d’une once de compassion. Mais aucune ne leur en témoigna ce jour-là, pas un seul des artistes du cirque ne s’insurgea contre la brutalité de cette séparation ; ils regardaient la scène comme s’ils s’étaient trouvés sagement dans les gradins, devant un spectacle dont ils n’étaient plus les acteurs…En guise de bouquet final, on administra sans délicatesse un sédatif à Kuan Ti pour qu’il évite d’écharper les deux hommes qui tentaient de l’immobiliser. Yi Min, couvert de sang et de larmes assista impuissant à tout cela tandis qu’on l’entraînait à l’opposé jusqu’à une voiture. Il cria le nom de son frère jusqu’à tomber d’épuisement à l’arrière du véhicule. Et ce furent les derniers mots qu’il prononça…

Pas une méthode, qu’elle soit douce ou brutale ne ranima sa voix. Il ne répondit à aucune question, ce qui n’empêcha pas la police de mener une enquête plutôt rapide et de découvrir promptement qu’il était le meurtrier présumé. Les empreintes ne mentaient pas et le mobile semblait tout trouvé. La découverte d’un deuxième corps dans le parc voisin fût très vite rapprochée de ce même dossier mais très sincèrement, Yi Min n’avait que faire de tout ce tapage autour de sa petite personne. Jour et nuit, il ne pensait qu’à une chose, Kuan Ti. Où il était, ce qu’il faisait, quand se reverraient-ils…Son propre sort ne l’intéressait même pas, seul son frère occupait ses pensées.
Et pour cause, du fait de son jeune âge, Yi Min n’encourra pas de peine de prison ou de sanction capitale, il allait rejoindre un établissement psychiatrique spécialisé dans les meurtriers juvéniles mais qui, quoi qu’on en dise avait aussi des allures de cachot. A sept ans, les jumeaux Seong avaient cessé pour toujours d’être des enfants.

C’est seulement plusieurs mois après qu’ils furent autorisés à correspondre par courrier sur les injonctions du professeur Lee. Mais même ce cadeau n’imprima aucune gratitude en Yi Min. Les adultes le révoltaient tous autant qu’ils étaient, eux et leurs idées retorses, leur pseudo sens de la justice. Il ne leur devait rien si ce n’étaient des maux successifs et tôt ou tard, ils le paieraient comme leur maudit père avait payé.

♦ IV - 통일 REUNIFICATION ♦

« On ne naît jamais « monstre », ce sont les autres qui nous transforment.
On doit creuser les fontaines, profondes
Si on veut de l'eau claire
Rose rouge, oh rose rouge
Les eaux profondes ne dorment pas… »

Ecartant la buée couvrant la glace d’un geste langoureux, son reflet lui apparût. Et il se demanda si son frère partageait toujours la même bouche et ces yeux de félins que leur divine mère avait peint sur leur visage à l’encre de Chine. S’approchant encore, Yi Min pût presque sentir la présence de son frère au-delà de cette surface étonnante…Au fil des années, tous deux avaient développé une étrange faculté qu’ils voyaient comme une sorte de projection astrale, pour pallier à leur manque cuisant. Leur devise était devenue « Si tu te vois, je te vois…Regarde toi et tu me verras. » Ce qui pouvait passer pour du narcissisme était en fait bien plus profond et proche de la pathologie mais Yi Min s’adonnait toujours à ce genre de « dialogue » une fois seul, de sorte d’éviter toutes remarques.

« -Seong, tu finiras de te pomponner dans ta piaule, grouille-toi ! »

Un bref éclat dédaigneux passa dans les iris de l’adolescent tandis qu’il dépassait son requin de surveillant hors des douches. Pas moyen d’avoir un semblant d’intimité de temps et temps et Yi Min était proche de l’implosion…Heureusement que l’hapkido et la gym l’aidaient à se défouler, c’était uniquement par ce biais qu’il parvenait à garder un calme et une maîtrise de lui-même inchangés depuis près de sept ans maintenant. Quand il n’avait pas cours, il passait tout son temps au gymnase et s’occupait le soir en écrivant à son jumeau…Un rythme qui s’était imposé de lui-même mais qui prendrait normalement fin bientôt…Yi Min s’y préparait depuis des mois maintenant, sans que personne ne soupçonne rien. Il n’avait jamais été un fauteur de troubles, on le considérait comme une ombre dans cet établissement, une tête de mule muette qui n’avait plus nulle part où aller et qu’on ne pouvait décemment pas laisser sortir.
Les autres pensionnaires se contentaient de chuchoter dans son dos, toute une légende s’étant construite autour de lui dans ce microcosme. Un seul de ses regards pénétrants et froid comme du marbre noir suffisait à cesser toute moquerie. Il avait été autorisé à pratiquer un art martial, privilège que seuls les patients jugés maîtres d’eux-mêmes et non dangereux  pouvaient recevoir. Bien qu’aucune avancée n’ait été remarquée dans sa thérapie depuis l’enfance, il apparaissait clair que toute envie meurtrière avait quitté le jeune homme et qu’il demeurait simplement une poupée brisée que la perte de son frère avait rendu profondément asocial.

S’ils savaient…Combien de fois Yi Min avait voulu les tuer…Se délecter de chaque goutte de leur sang ruisselant sur sa main…Sentir leurs os se briser sous ses pouces…Fort heureusement, confier ses désirs de façon romancée à son frère et imaginer lui avait suffi jusqu’ici.
Ce soir-là, il agit comme tous les autres et passa deux bonnes heures à écrire avant la proclamation du couvre-feu. Une fois couché, ses yeux restèrent fixes dans l’obscurité. C’était cette nuit qu’il viendrait, ça ne faisait aucun doute. Yi Min en mourrait tellement de hâte qu’il était persuadé d’entendre son frère arriver, kilomètre par kilomètre…Et dès qu’il entendit un simple bruit jugé inhabituel à l’autre bout du couloir, il se redressa d’office pour sauter de son lit, déjà habillé et prêt à partir.

Quelques minutes plus tard, la serrure de sa double-porte était malmenée avec précipitation…Impossible de décrire ce que Yi Min ressentit à cet instant, comme une impression de renaître de ses cendres. Les portes furent écartées dans un bruit métallique, l’interrupteur écrasé par des doigts impatients et enfin ils furent de nouveau face à face après dix longues années…Ce n’était plus seulement un reflet…Et pourtant, à l’unisson leurs yeux se remplirent de larmes tandis qu’ils osaient un pas puis deux vers ce double pour qui chacun avait commis l’irréparable. Aimantés, ils finirent rapidement dans les bras l’un de l’autre, retrouvant ce contact rassurant, cette chaleur que personne d’autre n’aurait pu leur rendre. Ils étaient à nouveau une famille…Ce deuxième cœur dont ils avaient besoin pour vivre battait désormais à leurs côtés. Yi Min aurait adoré pouvoir prononcer le prénom de son frère, lui dire un milliard de choses mais sa voix n’était plus qu’un murmure étouffé. Jusqu’à ce qu’un baiser impulsif qu’il fit lui-même durer la réveille...Un geste qui ne fit reculer ni l’un ni l’autre et leur apporta l’oxygène nécessaire à sortir de ce coma éveillé qu’ils avaient enduré jusqu’à lors.

Peu importait que cela soit jugé immoral, ils avaient beau être liés par le sang, une certaine forme d’amour bien plus intense que la fraternelle les consumait tous deux. Trop longtemps, on les avait séparé, trop longtemps ils avaient été contraints de ne dialoguer qu’avec eux-mêmes et cette époque était révolue pour de bon. Après avoir pris la résolution de ne plus jamais se quitter, les jumeaux Seong se hâtèrent de quitter l’établissement le plus silencieusement possible pour ne pas alerter les autres pensionnaires, dormant encore pour la plupart. Kuan Ti avait veillé à dénuquer le personnel gênant en restant discret après avoir escalader l’enceinte. Il était équipé en conséquence et portait sur lui tout un tas d’autres choses utiles, victuailles, vêtements, trousse de premiers soins, lampe de poche…Rien n’avait été laissé au hasard. Les derniers des Seong étaient maintenant des fugitifs et rien que cette nuit-ci, ils parcoururent un long chemin, sortant de Taegu pour prendre un bus en périphérie de la ville.
Tandis que son frère s’était assoupi contre lui, Yi Min regarda défiler le paysage baigné par l’aurore, un sourire aux lèvres…Enfin, la vie allait réellement pouvoir reprendre son cours. Mais pas en Corée. De peur d’être retrouvés et de revivre le même calvaire, les jumeaux avaient pour projet de quitter leur pays natal pour se rendre au Japon, ne se trouvant qu’à quelques heures de bateau en partance de la côte sud. Ils ne connaissaient rien de la langue ni des us et coutumes mais s’en fichaient éperdument. Tout ce qu’ils voulaient, c’était quitter cette contrée de malheur, s’en éloigner au plus vite. Il ne leur fallût guère qu’une journée supplémentaire pour parvenir à Busan où ils avaient pour projet de prendre le prochain ferry à destination de Fukuoka. La traversée ne durerait même pas trois heures et ils pourraient allègrement consommer leur liberté. Après, sans passeports, impossible d’embarquer et autant que faire se pouvait, les deux frères avaient envie de conserver leur identité secrète, histoire que la police ne puisse pas les filer.

Ayant remarqué un jeune couple qui pourrait presque passé pour avoir leur âge surveiller les horaires, Yi Min et Kuan Ti les suivirent ensuite jusqu’à un café où ils s’installèrent eux-mêmes, les surveillant du coin de l’œil. Ils en profitèrent pour discuter d’un plan et tandis que son frère restait aux aguets, Yi Min partit avec leur cagnotte acheter plusieurs choses dont une bombe de coloration blonde normalement très efficace. Suivant le mode d’emploi, il l’appliqua généreusement sur ses cheveux dans des toilettes publiques, ce qui ne manqua pas attirer l’attention mais il n’en fit point de cas. Il passa également des lentilles bleues et se maquilla comme une femme l’aurait fait avec ce qu’il avait trouvé dans les magasins alentours. A la fin, il était méconnaissable ou presque et c’était le but recherché. Après avoir fait rapidement quelques photos d’identité avec son nouveau look, il retrouva Kuan Ti derrière le café environ deux heures avant que le bateau ne parte, ce dernier ayant avec lui les affaires du couple stalké et deux passeports en bonus. Ils remplacèrent alors astucieusement les photos par les leurs et Yi Min passa une robe et un gilet lui sciant comme à une jeune femme ainsi que des chaussures ouvertes pour parfaire le déguisement. Il se fit une queue de cheval et pris même la peine de porter de fausses boucles d’oreilles. Mis à part qu’il n’avait pas une poitrine très proéminente, il passait pour une jeune coréenne volontairement européanisée comme la mode le dictait à la quasi-perfection. Touche finale avec des faux ongles déjà vernis de rose et le tour était joué, ils pouvaient commencer leur numéro. Kuan Ti avait pris soin de réduire au silence éternel les deux jeunes gens dont ils s’étaient appropriés l’identité alors qu’ils se promenaient près du port de pêche. Ayant trouvé de vieilles chaînes rouillées mais lourdes dans un hangar proche, il en avait glissé une certaine quantité sous les vêtements des victimes et les avait jeté à l’eau pour qu’elles coulent à pic.  Ce, d’un petit débarcadère désert apparemment peu utilisé…Le temps qu’on retrouve les corps, ils avaient sûrement de nombreux mois devant eux. Restait à voir si la supercherie fonctionnerait et heureusement pour eux, au moment d’acheter les tickets, les employés de la compagnie, habitués à faire ces vérifications toute la journée durant ne furent que peu attentifs et ils purent embarquer sans encombres aucun.

♦ V - 두 번째 서커스 TERRE D'ASILE - LE DEUXIÈME CIRQUE ♦

C’était à la fois étonnant et effrayant que cette simple boîte blanche en papier soit aussi légère…Réduit à l’état de cendres, l’être humain était semblable au petit monticule de poudre d’un sablier éventré, voué à être dispersé aux quatre vents, là où il cesserait définitivement d’avoir une matérialité. Yi Min se faisait posément cette réflexion tandis qu’il quittait le crematorium, Kuan Ti sur ses talons. Escortés par les hommes du clan Yamiyo, ils prirent place dans la voiture et ne dirent mot, gardant leurs lunettes de soleil sur le nez. Rien ne semblait subsister en eux des deux adolescents paumés et sauvages que Kusakabe avait recueilli. Celui-là même que Yi Min tenait entre ses mains sous forme de poussière…Leur bienfaiteur, leur second père, celui qui leur avait tout appris et permis de se hisser dans une société japonaise qui ne leur aurait autrement jamais réservé un accueil exemplaire. Ancien mafieux renégat, il était tombé sur les jumeaux lors d’une transaction à Kobe alors qu’ils se faisaient déjà des ennemis des mauvais éléments du quartier. En les voyant se battre comme des loups en dépit du surnombre d’adversaires, le regard du vieil homme s’était comme rallumé. Lui qui estimait avoir raté son existence entière, il voyait en ces frères étrangers un moyen d’agir enfin pour qu’elle n’ait pas été totalement vaine. Les Seong furent difficiles à approcher et surtout à mettre en confiance, ils baragouinaient un japonais basique et quasiment incompréhensible mais doués d’une certaine intelligence, ils comprirent vite que Kusakabe était une chance à ne pas laisser passer et le suivirent à Kyôto, où il était établi.

Les années s’écoulèrent alors de manière fluide, comme les pages tournées d’un livre, chacune forgeant un peu plus les jumeaux, pour qu’ils deviennent finalement les kumi in les plus respectés et des alliés de choix pour plusieurs clans yakuza. Seulement des soutiens indépendants, tantôt gardes du corps tantôt messagers neutres car Kusakabe avait tenu à les garder éloignés du système malgré qu’ils attisent la convoitise de nombreux clans. Il les avait formé durant toutes ces années, autant au combat dont ils avaient déjà quelques bonnes notions qu’à l’apprentissage de la langue japonaise, et aux rudiments qu’imposaient la société nippone. Dire que ce fût simple serait un mensonge éhonté mais les Seong apprenaient vite et semblaient plus que désireux de rompre avec leur statut de gaijin.
Kusakabe avait beau leur dire qu’en dépit de leurs efforts, ils ne pourraient jamais complètement s’intégrer du fait de leurs origines coréennes, les jumeaux y mirent une certaine énergie jusqu’à transformer cette différence en force. Ils trouvèrent d’eux-mêmes les pseudonymes par lesquels on les désigna ensuite traditionnellement, Rose Red et Mascarille. Ils n’utilisaient plus leurs prénoms chinois qu’entre eux et pour les procédures, ils signaient du nom de leur mentor et non du leur. Kusakabe ne sut jamais pourquoi ses protégés tenaient tant à garder l’anonymat et il emporta ses interrogations dans la tombe. Sa mort était l’occasion tant attendue pour les deux frères de passer à une autre étape et de prendre leurs distances avec la pègre organisée. Depuis un an déjà, ils prévoyaient de s’installer ailleurs que dans la vieille maison traditionnelle de Kusakabe et avaient fait l’acquisition d’un terrain des plus spéciaux dont personne ne voulait…Les vestiges d’une ancienne fête foraine à l’occidentale qui avait brûlé.
Les deux frères avaient engagés beaucoup d’argent pour la retaper un minimum et y aménager plusieurs structures. A présent, ils comptaient y vivre, dès que les derniers travaux s’achèveraient. Ils garderaient la maison et leurs bureaux respectifs en ville pour toutes sortes d’affaires mais désormais, leur demeure serait le White Circus II. Un espace qui se dresserait tels les débris d’un lointain passé qui n’avait pas épargné leurs souvenirs et leur permettrait de chapeauter un groupe de malfrats en tous genres, désireux à la fois d’être libres mais aussi protégés par des leaders au bras long et à la réputation inégalée. Bien sûr, cette protection ne serait pas gratuite et les Seong prélèveraient un pourcentage sur tous les bénéfices de leurs « recrues », ces dernières ne restant indépendantes que dans une certaine mesure, après tout. Mais cela leur permettait d’exercer leurs sombres talents en toute impunité sans risquer d’avoir la police aux trousses, dès lors qu’ils suivaient quelques règles élémentaires. Yi Min lui-même pourrait enfin retrouver une passion qu’il avait trop longtemps dû taire, celle de décorer les corps affaiblis de quelques personnes avec leur propre sang…Ce, dans une pièce spéciale qu’il avait faite creusé à l’emplacement prochain de sa propre roulotte, sa bien-aimée Red Room.

♦ VI - 장미의 전쟁 LA GUERRE DES DEUX ROSES ROUGES ♦

Un nouveau mode de vie qui les réussit jusqu’à ce que Sasori fasse des siennes et les mette face à ce ramassis de maniaques que constituait le Midnight Wonderland. Un accord tacite encouragé par la diplomatie respective de Rose Red et du valet de cœur permit d’enterrer dans l’œuf toutes querelles trop violentes. Un accord qui stipulait que les deux communautés devraient rester parfaitement à l’écart l’une de l’autre et respecter les deux territoires que représentaient le Heart Castle et le White Circus. Sauf exceptions ou préalables demandes, chacun devait rester en dehors des affaires de l’autre et ne pas chercher à s’en mêler. C’était sans compter le scepticisme des jumeaux qui dépêchèrent l’un de leurs éléments les plus fiables pour avoir un pied au cabaret et relater toute intrigue malencontreuse qui y serait promulguée…Nulle autre que la sulfureuse Ritsuko qui reçût de fait le pseudonyme de Mata Hari et fût engagée dans la troupe de danse du Heart Castle. Après tout, Absolem (premier du nom) avait un passe-droit pour déambuler dans l’enceinte du cirque, ce n’était que justice…En dehors de cela, Rose et Mascarille continuèrent de faire respecter l’accord avec sévérité et s’appliquèrent à faire tourner les forces de l’ordre en bourrique. Ce n’était sans doute pas la vie qu’ils se seraient imaginés avoir mais à la réflexion, rien de ce qu’ils avaient vécu ne leur avait alloué de se projeter dans l’avenir. Ils avaient cru mourir sous les coups d’un père tyrannique, de chagrin après avoir été séparés, d’ennui après avoir été exilés, de mauvais traitements après s’être finalement échappés…

Maintenant, ils pouvaient enfin se permettre de vivre au jour le jour après avoir tant bataillé pour installer les fondations d’une existence commune qui leur ressemblerait et comblerait leurs désirs. Grâce à Kusakabe d’une part mais surtout grâce à leur ineffable volonté sans laquelle ils seraient sûrement morts le même jour que leur regrettée mère.

La vie n’était désormais plus qu’un jeu…comme dans un cirque. Tout du moins, ce fut le cas au début.

Assez rapidement, les jumeaux virent s'ériger leur "petit" sanctuaire comme acteur de premier plan dans la mascarade assassine régentant Kyôto et ses environs. Quelque chose qu'ils n'avaient ni prémédité ni envisagé mais qu'ils devaient pourtant accepter. Que ce soit de leur propre fait, en lien avec le passé de leurs recrues ou leurs actes, Rose Red et Mascarille se rendirent en effet très vite à l'évidence que la mainmise du Midnight Wonderland sur le paysage avait des répercussions bien au-delà du Jeu en lui-même et que tout le monde était susceptible d'y avoir à faire de manière plus ou moins directe.
Ce qui conduisit à un remue-ménage sans précédents au sein du Circus qui vit plusieurs de ses membres fuir ou disparaître, le cas le plus notable étant celui des cousins Kurushima.
Un climat de compétition ou de course au pouvoir semblait tracer son chemin, à tel point que les yakuza eux-même finirent par disjoncter et que le White Circus devint cible d'une agression à la bombe pour détourner des stupéfiants déguisés en friandises Wonka et vendus exclusivement dans l'enceinte du cirque.
Après avoir mis les points sur les I et réglé cette affaire, les frères Seong ne furent pas pour autant sereins bien longtemps.
Le fournisseur des confiseries droguées qui n'était autre que Kazuhiko en personne, à la tête de l'empire du chocolat Wonka, laissa planer peu de doutes sur le fait qu'il avait le Heart Castle et sa propriétaire dans sa ligne de mire, ce, par pure ambition.
Yi Min tâcha de n'en faire point de cas mais ce fut sans compter la guérilla personnelle et anti-Midnight que souhaita mener son contact au tribunal, la juge Chisame. Une femme qu'il pouvait difficilement envoyer paître étant donné le nombre de condamnations qu'elle avait évité aux recrues du White Circus et qui le plaçait ipso facto entre deux feux.
Dans un tel contexte, Rose Red jugea qu'il ne lui restait plus qu'une chose à faire, imposer davantage de discipline au sein du cirque pour solliciter la juge et son acolyte d'avocat le moins possible à l'avenir. Ce qui passa par quelques mesures très contestables, notamment le passage de Beetlejuice, élément sûrement le plus perturbateur de la troupe, par la Red Room et qui en sorti miraculeusement vivant quoique transformé ; mais aussi par un mimétisme physique poussé à son paroxysme entre les deux leaders.
Conscient que Kuan Ti était souvent tourné en dérision et paradoxalement craint pour son animosité permanente, Yi Min souhaita brouiller les pistes et se muer en parfait sosie de son jumeau. Avant, plusieurs éléments permettaient de les différencier malgré leur frappante ressemblance, la longueur des cheveux, le style vestimentaire...A présent, même ces repères étaient brouillés autant pour leurs recrues que pour les gens qu'ils pouvaient fréquenter à l'extérieur. Libre à chacun de l'interpréter comme il le voulait mais pour Rose Red, il n'y avait pas d'ambiguïté. Non seulement, ça lui permettait de pousser un peu plus encore l'osmose avec son frère mais en plus, ça en dissuaderait plus d'un de faire le mariole.

En dépit de tout, se défaire d'absolument toute influence était une véritable épreuve surtout quand il était question de Kagerou, l'une des sirènes qui régnait sur le Hanamachi et qui s'était trouvée capable d'attirer Yi Min des suites d'un (mal)heureux concours de circonstances. Avant cela, le sino-coréen ne s'était jamais intéressé à l'art des geiko, partageant très peu de goûts en commun avec les yakuza qu'il avait l'habitude d'escorter. Mais comme seuls les idiots ne changent pas d'avis...Aujourd'hui, Rose Red s'avoue volontiers que Kagerou à de nombreuses qualités et qu'elles n'ont pas été étrangères à ce qu'il s'entiche d'elle mais ce qui a été prépondérant et qui continue malgré lui à le déstabiliser, c'est le nombre étonnant de similarités physiques et comportementales que la geisha partage avec sa défunte mère. Souvent partagé quant à ce qu'il éprouve réellement pour la jeune femme, Yi Min ne peut néanmoins plus changer le passé et le fait qu'il ait accepté de devenir son danna de manière symbolique. Décision qu'il est loin d'avoir pris sur un coup de tête mais qui n'a pas été sans inquiéter Kuan Ti et écailler un peu plus la neutralité du Circus. Car il apparût rapidement au gré de leurs menues confidences que Kagerou avait elle aussi pris Murasaki en grippe et projetait se venger pour tout ce que sa soeur Kagami et elle avaient dû subir au sein du Jeu avant d'en être libérées.
Nouvelle impasse pour Rose Red, qui tout en tâchant de raisonner sa "protégée" ne pouvait pas non plus lui reprocher d'aspirer à se venger. Il était bien placé pour savoir que si on s'avisait de toucher à un cheveu de son jumeau, il serait capable du pire. Alors, comment tout cela allait-il décemment pouvoir finir..?

♦ EPILOGUE - 맹세 LA PROMESSE D'UN REFLET ♦

"If you want me to listen, whisper...
If you want me to run just walk...
Wrap your name in lace and leather...
I can hear you,
You don't need to talk..."

L'odeur ferreuse du sang mêlée à celle de l'eau-de-vie flottait dans l'air, presque enivrante. Mais contrairement à ses habitudes, Rose Red ne s'appliquait pas à en faire couler davantage, ce fluide précis s'avérant bien trop précieux pour être gaspillé. Et pour cause, il s'agissait du sien ; plus précisément de celui de son frère, l'incendiaire Mascarille. Jamais il n'aurait ainsi pu être amoché par une tierce personne, étant passé maître dans l'art du passage à tabac préventif...Une des attractions les plus vétustes s'en était chargée. Et à l'heure qu'il était, elle devait être proche de l'état de vestiges...Etres vivants comme objets inanimés, tout ce qui pouvait contrarier Kuan Ti se retrouvait immanquablement en charpie. Il n'était pas le premier à s'être fait avoir mais gardait la nette impression que le Palais des glaces avait été saboté expréssément dans l'optique de le blesser et il saurait délier les langues pour avoir le fin mot de l'histoire...
Tandis qu'il s'appliquait à recoudre l'arcade droite de son jumeau, qui ne cessait de pester ; Yi Min quant à lui, conservait un calme à toutes épreuves ; presque attendri par la situation. Se préoccuper seulement de son frère, être confronté aux petites mésaventures quotidiennes du Circus...Ce n'était plus aussi évident qu'auparavant pour Rose Red au train auquel s'étaient enchaînés les évènements. Partir avait beau demeuré impensable pour plusieurs raisons, la principale étant que Yi Min s'était réellement attaché à tout ce qu'il avait pu construire ici avec son double à partir d'un champs de ruines ; il n'en restait pas moins que conserver une certaine neutralité dans la sphère criminelle de Kyôto s'avérait de plus en plus délicat.
Demeurant le plus prompt au dialogue et à faire usage de diplomatie, Rose était le premier concerné et bien qu'il tâche de n'en rien montrer et de ne pas se torturer l'esprit à ce propos, il avait finit par admettre que tôt ou tard, le Circus devrait trancher et que ce choix aurait des conséquences retentissantes.

Après avoir asperger la blessure d'une nouvelle rasade de baiju, Yi Min l'avait recouvert d'un pansement avant de faire délicatement relever le menton à son jumeau pour lui nettoyer la figure. Posant par là-même son pouce sur ses lèvres pour qu'elles ne laissent pas filtrer davantage d'inepties, Rose Red força un contact visuel dont il était certain du pouvoir apaisant sur Mascarille. Le résultat ne se fit pas attendre et tandis qu'il passait un tissu imbibé d'eau thermale sur les stries sanglantes pour les faire disparaître, retraçant chaque contour de ce visage parfait ; les gestes de Yi Min étaient empreints de douceur. Observer ainsi son frère le ramenait toujours des années en arrière, à cet enchaînement de batailles qu'ils avaient dû remporter avant de pouvoir enfin vivre ainsi, ensemble et de pouvoir à loisir se noyer dans le regard de l'autre. Rien ne serait jamais en mesure de leur retirer cela. Ni le charme insidieux de Tweedledee, ni l'ambition de Willy Wonka, ni les manigances de Maleficent et encore moins les caprices de la Reine de coeur.




"You only love me when I'm bad and mean...
But will you love me when I'm sane and clean ?
I'll be everything you'll never be...
But if you dare to judge me...
Shut up when you're talking to me !"

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Présentation Validée



Encore une magnifique fiche qui fait honneur au forum !! Avec de beaux ajouts dans l'histoire, du drama et des images de FRERE ♥ qui font travailler l'imagination, bien joué belle plante -mais garde tes épines par contre-


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Afin de ne pas être perdu, laisse-nous maintenant te montrer le chemin. Pour commencer, nous t'invitons à remplir et poster ta fiche de liens, n'hésite surtout pas à faire le tour des autres fiches pour te trouver des compagnons de route. Il est aussi utile d'aller remplir sa fiche de topics pour que tout le monde te suive à la trace -en particulier la reine de coeur et ses sbires-. Une fois ceci fait c'est PARTY HARD !
Si tu en éprouve l'envie, libre à toi d'ouvrir un journal de bord afin de nous faire part des avancées et péripéties que ton personnage aura rencontré.
Tu peux aussi aller lire le Kyôtô Newspaper afin d'être au courant des dernières nouvelles. Bien entendu, si tu préfère regarder ce qu'il se passe plus en profondeur dans ce jeu étrange, tu peux aussi consulter le Midnight Express qui recèle de nombreuses informations et Lewis Carroll pourrait bien fortement apprécier que tu ailles visiter sa boite de pandore ♥~
En cas de perte de mémoire et de questionnement intempestif, n'hésite pas à refaire un tour dans la chronologie du forum et consulte aussi souvent que tu le souhaites les détails de notre jeu d'échec

Nous te souhaitons un bon jeu en compagnie du Midnight Wonderland et on espère que tu te sentiras comme chez toi ici ! On t'attendra bien entendu sur la CB, dans le Flood et en RP !

Le Staff ♥
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