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 I wished upon scattering stars at far sky with infinite time

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Tweedle Dum
illabye - fondatrice



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I wished upon scattering stars at far sky with infinite time

I’ve tried to make this life my own, to find myself, I’ve searched alone. To let love go and let it in, I found it burning like a sin. I’ve worked it out, but learned it hard, it’s sad inside and life is out. Till I won’t settle down and watch either way.
Chisei & Kagami

La soirée avançait dans l’Hanamachi, toujours aussi colorée de lanternes et de kimonos florissants des maikos et des geishas passant dans les rues, oscillant d’outre en outre du quartier des plaisirs. Les Ochaya étaient particulièrement prisées en ce vendredi soir, et cela n’était pas un hasard car la journée avait été fort agréable, le soleil au beau fixe et la lourdeur de l’été laissait place à une agréable fraicheur annonçant bientôt l’automne. Et dans le coin le plus populaire mais aussi le plus prisé et le plus cher de l’Hanamachi, le salon de thé privatif de l’okiya des sœurs Miura était lui aussi tout éclairé. Les lumières rougeoyantes se confondaient dans le bois et les ornements traditionnels de cette merveilleuse bâtisse. Ici pas de place pour les non fortunés, on s’assurait que le client ait suffisamment de yens ou d’influence dans la ville pour accepter leur présence ici. Cela se ressentait, un certain calme régnait, il flottait une douce odeur de jasmin et le confort se percevait jusque dans ces salles où étaient accueillis en petits groupes seulement quelques hommes d’affaires venus de tout le japon. L’attraction principale se trouvait en son sein, encore fallait il avoir suffisamment d’argent pour se l’offrir et lorsque ce n’était pas le cas, les hommes guettaient les couloirs, espérant voir l’une d’entre elles. On savait Kagerou sortie dans une célèbre Ochaya et sa présence avait déjà ramenée bien du monde venu l’admirer danser ou simplement l’écouter parler. Ce soir là, ici l’on entreverrait  Kagami, le reflet de sa sœur, l’autre côté du miroir. Cette facette plus mystérieuse de ce qu’elles étaient éveillait bien des intérêts, mais la geisha sélectionnait ses clients avec beaucoup d’analyse au préalable.

La pellicule blanche recouvrant son visage était si fine que l’on avait l’impression que la blancheur de sa peau était naturelle, elle donnait volontairement cette impression d’être une personne fragile et précieuse et ainsi tous les hommes riches accouraient vers elle, ayant l’illusion d’être la personne la plus privilégiée sur terre d’avoir le droit de poser ses yeux sur elle lorsqu’elle se mettait à danser. On n’osait la toucher, alors que bien des Geisha avaient ce problème là avec des clients japonais mais surtout avec des étrangers qui les confondaient avec des prostituées. Ici même les étrangers n’osaient soutenir son regard et alors, Kagami avait tout gagné. Les entrevues n’étaient plus « se payer les services artistiques d’une Geisha » mais « avoir la chance de passer un moment avec Kagami ». Elle préférait bien évidemment contrôler cela, leur dire quand boire, quand fumer, quand parler et tout cela sans qu’ils ne s’en rendent compte. Tout était bien plus plaisant à son gout lorsqu’elle restait seule chef d’orchestre et alors elle avait moins l’impression de perdre son temps.

La jeune femme sorti de la salle, faisant coulisser la porte et s’enfonça dans un couloir de l’ochaya, munie d’un shamisen en direction de son prochain client. Ce serait le dernier, et fort heureusement car la journée commençait à être vraiment longue. Il n’y avait rien eu de très intéressant ce jour-ci, pas d’infirmation précieuses, pas de faits croustillants, juste des hommes riches venant la contempler lorsqu’elle dansait et l’écouter lorsqu’elle chantait. Alors quand il y avait eu conversation, ces dernières tournaient bien évidemment autour de ces clients et ces derniers avaient tôt fait de comparer Kagami à leurs femmes. Bien d’entre eux se payaient les services des Geisha en étant laissés orphelins par leurs femmes trop occupées à faire le ménage et s’occuper des enfants pour prêter un peu d’attention à leur mari. Elle leur rappelait alors bien vite qu’elle n’était pas de la même « espèce » que ces femmes que l’on voyait partout dans la rue. D’autant plus qu’elle remarquait alors qu’ils ignoraient tout ce qu’elle faisait quand elle n’était pas avec des clients. C’était comme si l’on pouvait cueillir une pomme d’hors et déjà bien rouge et bien mûre, sans que la nature n’ait eu besoin de fournir le moindre effort pour porter ses fruits.

La geisha vit sortir la maiko qui avait préparé la salle, le client était déjà à l’intérieur en train d’attendre. Kagami attendit que l’apprentie sorte, lui demanda d’aller s’occuper de réunir les autres apprenties pour le repas avec Kagerou alors qu’elle mangerait sans doute plus tard car a priori le client qu’elle allait voir était de dernière minute mais savait que c'était un habitué alors elle n'avait pas refusé sans avoir regardé de qui il s'agissait. La Geisha usa d’un miroir pour vérifier que sa coiffure tenait encore en place, ici pas question d’avoir recours à ces immondes perruques beaucoup trop lourdes, elles avaient suffisamment de longueur et d’épaisseur pour avoir des coiffures élaborées. Puis la domestique attendit que Kagami entre dans la pièce pour refermer la porte derrière elle.

Combien de temps s’était il écoulé depuis la dernière fois qu’elle avait croisé ce visage ?  Un an tout au plus, elle ne pouvait le dire avec exactitude. Quoi qu’il en soit, il s’était passé suffisamment de jours, de semaines et de mois pour qu’au fond d’elle vienne à grandir une frustration, un trou s’était formé en son cœur et alors elle ne s’était jamais réellement fait à l’idée qu’elle ne pourrait plus jamais le revoir. S’il y avait bien un homme capable d’essuyer ce masque qu’elle avait sur le visage pour dévoiler au grand jour le fond de ses pensées, c’était bien lui. Ce fut un bon nombre de choses qui vinrent alors à se manifester en elle ; le soulagement, l’incompréhension, la joie, mais surtout la colère. Kagami se rendait compte dans ces moments là à quel point il avait main mise sur elle. Elle lui en avait trop dit, elle lui en avait trop montré et trop fait avec lui, si bien qu’elle peinait à ne pas perdre la face. Une fois la porte refermée, ils n’étaient plus que tous les deux dans cette salle et alors elle avait l’impression d’être prise au piège. Elle refusait de lui pardonner, mais surtout elle refusait de lui montrer l’étendue de l’influence qu’il pouvait avoir sur elle. La Geisha  se demandait ce qui l’avait amené par ici après tout ce temps, quoi qu’il en soit, il n’aurait pas dû revenir car elle se sentait insultée. Kagami se leva de nouveau, venant se poster à ses côtés. Ses traits étaient froids, elle qui d’habitude se plaisait à lui lancer de charmants sourires n’avait pas daigné lever le regard sur Chisei.

« Si je m’attendais à cela…. » Commença t-elle avec détachement.

Kagami lui servit du saké, n’oubliant pas sa bonne éducation et sa gestuelle dans la plus belle des élégances bien que l’envie de l’étouffer avec le pichet se faisait grande. Ses paroles étaient dures mais elle ne laissait pas paraitre la moindre émotion, elle qui avait fini de jouer ce rôle de Geisha devant lui pour se montrer telle qu’elle était, à ce moment là ce n’était plus réellement le cas. Kagami reposa le petit pichet en terre cuite, y faisant pression de ses doigts comme si celle-ci aurait pu céder sous la pression.

« Je suis curieuse de savoir quelle résolution t’a fait revenir jusqu’ici après un an d’absence… L’ennui ? Le sadisme ?  Ta bonne conscience ? Un service à me demander ? A moins que tu penses pouvoir disposer de moi comme le ferait une prostituée dès que tu claques des doigts? »

Kagami gardait ce masque de fer, ayant parfait contrôle sur ses paroles, c’était déjà ça. Elle lui laissait clairement entrevoir que son absence l’avait beaucoup touchée malgré ses mots durs et ses mâchoires crispées ; après tout il la connaissait suffisamment pour savoir lire au travers de ses mots.

« Qu’as-tu a répondre ? » Appuya t-elle






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Cheshire Cat
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Il y avait fort longtemps que Chisei n'avait plus arpenté les rues colorées du Hanamachi, qu'il n'avait plus observé les lumignons ornant les façades des ochaya et autre maisons de thé. Si bien qu'il s'était presque senti dépaysé en entrant dans le quartier traditionnel, l'un de rares encore si bien conservé et surtout, l'un des seuls endroits dans toute la ville qui n'était contrôlé par aucune des grandes institutions de la ville. Comme à son habitude, le Hanamachi restait le monde d'influence des geiko. Le quartier donnait l'impression d'être un lieu hors du temps d'où personne ne pourrait réellement sortir. Bien qu'animé par une petite foule qui allait et venait, ce lieu dégageait toujours cette étrange sensation de calme. Chisei lui-même n'y était pas insensible et chaque fois qu'il venait, il avait réellement l'impression d'entrer dans une nouvelle dimension. Peut-être était-ce pour ça qu'il n'était pas venu depuis un certain temps, pas loin d'une année. Le Hanamachi avait cette faculté de tout vous faire oublier, dés que vous y posiez un orteil, vous sembliez capable de fermer toutes les pages des livres que vous aviez ouvert. Malheureusement, c'est précisément ce fait qui l'avait empêché de venir car si cet endroit semblait étranger à tous les troubles qui agitaient la ville, ce n'était pas le cas du reste du monde. Chacun ayant son lot de problèmes à régler, d'autant plus quand on s'appelait Chisei et qu'on faisait parti d'une institution aussi imposante que celle du Midnight Wonderland.
Mais il est des choses qu'il ne faut pas laisser de côté trop longtemps, au risque d'en perdre le goût et la saveur. Actuellement, les choses s'étaient relativement calmée dans les rangs du jeu et si Chisei avait trembler un long moment de le voir s'effondrer, ça n'avait pas été le cas. Inutile donc de repousser l'échéance plus longtemps. Chisei le sentait, il avait besoin de ce moment coupé du temps.

Tirant une dernière fois sur sa cigarette, il observa la façade du bâtiment devant lequel il se trouvait avant d'écraser la tige de nicotine dans le cendrier non loin de l'entrée. Plus que les rues du Hanamachi et son ambiance, c'était une personne bien particulière qu'il souhaitait revoir. Quelqu'un à qui il n'avait pas fait l'honneur de sa présence depuis bien trop longtemps. Pour autant, le Chat ne jugeait pas ce fait comme plus étonnant qu'un autre. Elles n'étaient pas rare ces fois où il ne venait pas la voir et ne lui donnait que peu de nouvelles. Ainsi n'aurait-il jamais imaginé ce genre d'accueil.
Après s'être présenté et avoir demandé après l'une des plus célèbre Geiko de la ville, Chisei fut conduit dans une petite salle et prier d'attendre que la jeune femme lui fasse don de sa présence. Cet instant lui semblait si familier qu'il en savourait la moindre secondes. Comme tout le reste ici, le rituel semblait immuable alors qu'il prenait place sur un coussin posé près de la table basse. Par habitude, ses yeux balayèrent la pièce même si, avouons le, il ne la voyait pas réellement. Chisei n'était pas venu jusqu'ici pour admirer les décorations intérieures mais pour elle, et uniquement pour elle et son attente fut récompenser lorsqu'il entendit les battants des portes coulisser pour laisser apparaître Kagami.
Tous auraient beau dire que les deux sœurs Miura étaient d'égal beauté, chacun pouvait s'accorder sur le fait qu'elles étaient identiques en tout point. Pour lui, en revanche, elles étaient totalement différentes. Si il avait dû évaluer les deux sœurs, nul doute que Kagami serait toujours arrivée en tête selon lui et ce n'était pas uniquement parce qu'il avait partagé avec elle plus qu'une tasse de thés ou de soirée à l'écouter jouer de la musique. Loin de là. Kagami avait quelque chose en plus, une chose que sa sœur ne posséderait sûrement jamais et c'était le détail qui faisait toute la différence et qui l'avait pousser à se rapprocher de Tweedledum plutôt que de sa jumelle.

Dés qu'elle entra dans la pièce, le temps qui semblait déjà s'être profondément ralenti depuis qu'il était entré, se stoppa réellement. Il n'y avait plus que les mouvements de la jeune femme pour lui prouver qu'il n'était pas suspendu par des fils invisibles dans un autre espace temps. La grâce qu'elle dégageait lui avait réellement manqué et alors qu'il l'admirait, toute en légèreté, ses yeux se posèrent sur son visage fardé. Malgré toute la prestance dont elle pouvait faire preuve, Chisei pressentait que quelque chose n'allait pas et il ne tarda pas à en avoir la confirmation alors que Kagami venait prendre place près de lui.
Il ne suffit que de quelques mots pour le conforter dans cette idée et Chisei fronça légèrement les sourcils. D'ordinaire, la voix de la geiko se faisait douce si ce n'est chantante, là elle lui semblait juste éteinte comme si elle tentait de se contrôler ou de marquer très clairement une distance entre eux deux. Il ne s'était pas attendu à ça, persuadé que sa visite lui ferait plaisir. Il avait espéré que ce rendez-vous serait le moment opportun pour lui de se laisser aller mais, visiblement, il n'y avait eu que lui pour penser ainsi.
Se redressant légèrement tout en regardant la jeune femme, il l'écouta parler avant de laisser glisser un sourire sur ses lèvres. Ce n'était peut-être pas la meilleure chose à faire mais il se trouvait tellement stupide à ce moment précis qu'il n'avait pas pu s'en empêcher. Purement et simplement Kagami le remettait en place avec toute la froide douceur dont elle était capable et ça l'amusa grandement. Non pas qu'il lui manque de respect, loin de là mais la situation avait de quoi faire sourire. Que lui, Hisamatsu Chisei, se fasse remettre en place en moins de cinq minutes était un fait bien rare qu'il serait utile de noter dans les anales.
Calmant avec difficulté le rire qui allait bientôt finir par passer sur ses lèvre, il tenta de faire reprendre une certaine contenance à son visage. Effaçant le sourire qui était né sur ses lèvres. Pour autant, ses yeux semblaient incapable de reprendre leur sérieux et pour qui savait observer, il ne serait pas compliqué de voir que la situation l'amusait grandement.

« Bonsoir à toi aussi bien que je sois désolé d'être le seul de nous deux à être enchanté de la présence de l'autre. »

C'était risible. Non vraiment, c'était juste risible. Chisei estimait ne rien devoir à Kagami. Dans son esprit, il ne lui devait rien et encore moins des explications. Ca n'avait jamais été dans son style que de se justifier sur ce qu'il faisait ou ne faisait pas et il se demandait très clairement ce qu'elle attendait en l'accueillant de la sorte ?
Si il n'avait pas été aussi attaché à elle, il aurait juste pris la porte en constatant que sa présence n'était peut-être pas souhaitée mais par respect pour elle, il consenti à faire un effort en jouant avec le récipient contenant l'alcool de riz.

« Que veux-tu que je te dise ? J'ai été occupé et je ne pensais pas que ma présence te manquerait autant... puisque c'est le cas visiblement, sinon tu te serais contenter d'agir comme à l'accoutumé n'est-ce pas? »

Ce n'était vraiment pas la meilleure chose à faire il le savait. Mais mieux valait ça que de lui répondre honnêtement.
Chisei n'avait rien à dire pour sa défense et malgré un visage serein, il n'appréciait pas vraiment ce qu'elle était en train de faire. Si quelqu'un d'autre s'était sentie l'envie de lui poser autant de questions tout en lui faisant clairement comprendre qu'elle était indisposée par sa présence, il l'aurait certainement réduit au silence et c'est un soupir qui passa la barrière de ses lèvres à cette idée.
Après un an d'absence, il s'était attendu à tout, sauf à ça et l'idée de s'être mépris dans son calcul l'agaçait presque autant que la jeune femme en cet instant présent.

« Je ne pensais pas avoir des comptes à te rendre ni avoir jamais dit que je passerais te voir tous les mois ou toutes les semaines. »

Et ça devenait de pire en pire. Il en avait clairement conscience, Kagami était passé outre tous les plans qu'il s'était fait. Si bien qu'elle le mettait tellement au pied du mur, qu'il était incapable d'esquiver comme il en avait l'habitude.
Ajoutons à cela que ses masques n'avaient quasiment jamais fonctionné face à elle et on se retrouvait simplement avec la seule image qu'il cachait toujours la plupart du temps. Il n'alla pas plus loin en revanche, persuadé que si il disait un mot de plus, quelque chose se briserait définitivement et qu'il pourrait définitivement dire adieu aux instants de plaisir qu'il partageait avec elle.


I'M SICK TO ASK QUESTIONS TO MY CONSCIENCE FLOODED WITH LIES. CAN YOU SEE IT ? THIS FEELINGS... SILENT AND COLDLY NAILED. TO YOU WHO GAVE ALL TO ME, WILL YOU BELIEVE ME ONCE AGAIN ? WITH MY DISEASE BEFORE KILLING YOU, I WANT TO TAKE BACK BLANK DAYS.
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Tweedle Dum
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Chisei & Kagami

Kagami savait que chacun de ses mots allaient avoir un impact. Elle avait également conscience qu’il ne serait pas le genre de personne à plier sous ses colères contrairement à bien des hommes. Chisei avait cet équilibre qu’elle avait toujours voulu et il l’avait beaucoup déçue. Cette année là, il lui avait manqué, bien plus qu’il n’aurait pu l’imaginer et elle n’avait pas honte de le montrer, après tout leur relation n’avait rien de simple : c’était un échange, un partage constant et non pas un besoin d’épancher ses ennuis.

Kagami serra les dents, elle hallucinait totalement. Pourquoi lui faisait-il remarquer cela ? Éprouvait-il une satisfaction à remuer le couteau dans la plaie ? L’idée même de n’être qu’un simple buvard la mettait en colère, parce que cela voudrait dire qu’elle s’était perdue dans leur jeu et qu’il l’avait dépassée de loin en lui laissant penser que sa perception de leur relation était réciproque. Habile bavard, bonimenteur. Elle le laissa continuer de parler, se mettre sur la défensive de choses qu’elle ne lui avait pas reprochées et qui pourtant la vexaient au plus profond de son être. Il ne pensait pas, non bien sûr, il ne pensait pas - triste constat de voir à quel point elle avait peu marqué son esprit pour en déduire qu’il n’avait pas pensé une seule fois à lui donner des nouvelles en une année. Et puis encore une fois il ne pensait pas devoir lui rendre des comptes. Après une semaine, un mois oui, mais un an ? Il lui donnait des coups de couteau en plein cœur, mais en réalité, elle finit par étouffer un rire, laissant apparaitre ses dents blanches parfaitement alignées entre ses lèvres rouges tandis qu’elle observait le regard de Chisei. Il était tout aussi exaspéré qu’elle l’avait été de savoir qu’il était là mais en fin de compte ce n’était pas d’amusement qu’elle riait. C’était un rire jaune, frustré, désabusé, elle n’avait pas d’expression approprié à son état d’esprit alors elle s’était tout simplement laissé rire, portant le verre de saké à ses lèvres.

« Je ne t’ai pas demandé ce que tu as fait, je t’ai demandé pourquoi tu reviens. Te sens-tu à ce point concerné pour te braquer sans raison? Puisque tu fais la mauvaise tête Chisei, alors soit je vais continuer dans ton sens... »

Elle ignorait ce qui la retenait de le foutre dehors sans la moindre considération, ce qui la retenait de se jeter sur lui pour lui enfoncer ses pouces dans les yeux ou même simplement le gifler. C’était un véritable affront pour elle. Bien sûr qu’il lui devait des comptes après tout ce temps, elle n’était pas sa courtisane ou une simple hôtesse et pour peu, sa manière de lui avancer les choses lui donnait l’impression qu’elle n’avait pas plus de valeur que cela. La geisha déglutit, le nœud au ventre, s’abreuvant de saké de manière modérée en laissant volontairement un instant de silence planer entre eux comme si elle lui donnait une dernière chance de se repentir. Avec ce qu’elle venait de prendre dans la figure, il ferait bien de commencer tôt pour obtenir de nouveau ses faveurs.

Elle lui arracherait des pardon, qu’il le veuille ou non. Son sourire s’effaça lorsqu’elle se redressa pour tourner la tête de nouveau dans sa direction. Elle le fixa ainsi pendant quelques secondes, il se doutait sans doute de ce qu’elle allait lui dire et le plus bête dans cette histoire c’est qu’il savait combien elle avait raison. Il était juste beaucoup trop fier, beaucoup trop peu habitué aux remontrances et aux situations qui lui échappaient des mains pour admettre qu’il avait été trop loin. Elle avait fait déborder le vase en l’espace de quelques secondes et comptait bien l’y noyer.

« Tu ne pourras t’en prendre qu’à toi-même quand tu auras perdu tous tes atouts car si tu ne prends pas soin de tes cartes, quelqu’un d’autre le fera à ta place. Alors tu es mieux placé que moi pour comprendre que l’on ne revient pas après un an d’absence totale auprès d’un allié la bouche en cœur. »

Toucher l’alliance des Geisha avec le Midnight Wonderland du doigt était la première justification de sa colère qu’elle avait souhaité évoquer alors que mille et une autres s’étaient bousculées dans son esprit. Hisae ne souhaitait certainement pas ne plus avoir les Miura de son côté, elle les avait craint à l’époque, elle les craignait toujours et qu’ils évitent de croire qu’elles étaient devenues inoffensives. Quelle ne serait pas sa surprise en sachant que ces dernières avaient retourné leurs vestes par un manque d’entretient de leurs relations de la faute de son chat préféré ? Kagami savait quel genre de soldat était Chisei, elle savait où le toucher tout autant qu’il savait où lui faire mal et c’était sans doute pour cela que leur relation était trop dangereuse pour leur propre bien. Mais Kagami n’éprouvait pas le moindre scrupule de le provoquer en menaçant de bouleverser son échiquier et tout le travail qu’il avait fourni pour en arriver là et toute la perte que son alliance avec lui allait impliquer et ce bien au-delà du jeu.

Avec cela, il avait sans nul doute été mis au courant que sa sœur avait désormais un Dana qui n’était autre que l’un des leaders du White Circus. Kagami avait toujours refusé les propositions de Dana par respect pour Chisei et voilà qu’il la méprisait ? Et bien non, ça n’allait pas marcher ainsi et Kagami ne se fit pas prier pour continuer de lui resserrer les vis.

« Je te rappelle que je ne suis pas qu’une Geisha, les alliés ce n’est pas ce qu’il manque et rien ne m’oblige à te rester fidèle puisque je ne suis plus un pion et que je ne te suis pas acquise. »

Et il n’était pas sans savoir que de puissants alliés elle pouvait en avoir à la pelle, car ce n’était pas les prétendants qui lui manquaient.

« C’est dommage, j’aurais pu réllement t’appartenir si tu l’avais vraiment voulu et si tu ne t’étais pas montré aussi arrogant. Tu viens de me couper l’appétit alors que tu étais en si bonne voie. » Termina t-elle avec nonchalance tout en reposant son verre.

Elle n'aimait pas lui parler de cette manière, elle n'aimait pas entrer en conflit avec lui car cela pouvait aller loin. La violence de ses propos était proportionelle à son attachement pour lui et Kagami s'était surprise à être particulièrement agressive, si bien qu'elle ressentait les ondes négatives d'outre en outre de la pièce.






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Cheshire Cat
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En venant ici, Chisei c'était attendu à tout... Sauf à ça ! Pour lui, très sincèrement, le temps n'avait aucune espèce d'importance. Chisei faisait ce qu'il voulait, quand il voulait et comme il le voulait et il n'avait pas l'habitude qu'on remette en question ce mode de fonctionnement. Pour tout avouer, Kagami était clairement la première à lui en faire la remarque. Chacun sachant pertinemment que Chisei avait cette sale manie de disparaître pour un oui ou pour un non.
Alors oui, ne mentons pas, certains c'étaient peut-être déjà accordés ce droit et Chisei ne les avaient peut-être tout simplement pas entendus. En revanche, présentement, les mots de la geiko ne tombaient pas dans l'oreille d'un sourd et plus ça allait, plus il devait faire des efforts pour ne pas quitter la pièce. Cette situation était particulièrement exaspérante pour lui et il devait faire montre d'un incroyable effort pour ne pas se montrer plus odieux qu'il ne l'avait déjà été. Inspirant profondément alors qu'elle prenait une nouvelle fois la parole, Chisei se crispa légèrement, serrant les dents pour ne pas se laisser emporter par ce qui allait suivre. De un, il ne lui convenait guère de se laisser aller à l'énervement pour une broutille telle que celle-ci, de deux il était hors de question qu'il lui accorde la joie de voir que ses mots le touchait plus qu'il ne se l'avouait lui-même.

Pour Chisei, il y avait toujours eu deux types de personnes. Celles avec qui il jouait et celles avec qui il ne jouait pas parce qu'elles n'étaient pas digne d'intérêt. Il avait donc du faire une place spécialement pour sa relation avec la jeune femme afin qu'elle ne rentre ni dans l'un, ni dans l'autre. Un honneur que quasiment personne n'avait eu jusque là et dont il commençait sévèrement à se mordre les doigts. Ne pouvait-elle pas juste se contenter de ce qu'il lui accordait jusqu'à présent ? Certes, il n'était pas venu pendant un an et alors ? Il ne se souvenait pas avoir signer un contrat qui stipulait qu'il devait lui faire honneur de sa présence régulièrement. Ca n'entrait juste pas dans son mode de fonctionnement et même pour elle, il n'avait jamais souhaité en changer.
De plus, il était réellement persuadé que la situation leur convenait à tous les deux et qu'ils étaient assez adultes pour savoir que leurs diverses occupations ne permettaient pas toujours de se voir et d'échanger. Certes, il avait disparu, et alors ? Ce n'était pas la première fois et ce ne serait certainement pas là dernière, d'une manière ou d'une autre, elle allait devoir intégrer le fait que Chisei était incapable de rester en place et qu'il privilégierait toujours sa propre survie à celle des autres.

Tuant ces paroles avant qu'elles ne passent la barrière de ses lèvres et qu'il le regrette purement et simplement, Chisei continuait de l'écouter. Il n'avait réellement aucune envie de l'interrompre ou de lui couper l'herbe sous le pied. Au moins, si elle déversait tout son venin maintenant, peut-être pourraient-ils en revenir à une relation moins conflictuelle. Du moins, l'avait-il espéré mais en l'entendant et en analysant ses mots, il se rendit vite compte que ça n'allait pas être le cas.
Par tous les dieux, qu'avait-il bien pu faire pour se retrouver dans une situation aussi horripilante !

« Arrêtes... »

Le murmure qui passa la barrière de sa bouche, bien que discret, fit presque autant de bruit qu'un ordre donné avec un mégaphone. Chisei ne se serait jamais permis de hurler, d'ordinaire il réglait les conflits en les enveloppant de douces flatteries. Mais ça n'aurait jamais fonctionné avec Kagami. Elle n'avait rien d'une âme faible ou d'un pion dont il pouvait se jouer à loisir. Kagami était autrement plus intelligente et bien que la demande fut particulièrement sèche, elle n'avait rien de foncièrement mauvaise.

Laissant retomber ses épaules comme pour mieux contrôler ses nerfs, Chisei baissa la tête quelques instants avant de reprendre. Fermant les yeux et pinçant les lèvres, il ne lui laissa cependant pas le temps de s'en offusquer et le faux calme qui régnait sur les traits du Chat quand il la regarda à nouveau ne devait rien envier au masque que la geiko, elle-même, s'imposait.

« Pourquoi me parles-tu d'alliés alors qu'il ne s'agit que de toi et moi ? »

Et surtout de quel droit se le permettait-elle. La simple évocation du terme allié alors qu'il n'avait jamais considéré sa relation avec elle ainsi le défrisa totalement et une personne moins rationnelle se serait sûrement permise de remettre la geiko à sa place avec une claque dûment méritée.

« C'est donc ce que nous sommes, ou du moins ce que nous étions... Des alliés et rien d'autre? »

Il le sentait, elle allait le faire devenir chèvre. Intérieurement Chisei se doutait qu'elle n'avait pas insisté sur ce fait par pure méchanceté. Ca se voyait comme le nez au milieu de la figure qu'il l'avait blessée en ne lui donnant aucunes nouvelles, il y avait cependant des limites à ne pas dépasser.
Concrètement, si elle continuait sur sa lancée, il allait se sentir tellement enfermé dans une cage dorée, qu'il n'aurait d'autre choix que de lui réserver le sort qu'il avait réservé à sa mère dans sa jeunesse.
Chisei n'était pas homme à avoir des liens fort, il avait une certaine tendance à détester tout ce qui devenait trop important pour lui. Principalement parce que ça s'accompagnait souvent de sentiments désagréables qu'il ne gérait pas vu qu'il n'en ressentait aucun la plupart du temps.

« Très bien... »

Se décrispant légèrement, le chat du cheshire se laissa aller à un profond soupir. Pour ce qui allait suivre, il avait besoin de toute son énergie et sa concentration. La simple idée de ce qu'il allait dire maintenant étant à l'opposé total de son habituel comportement.

« Je suis venu te voir parce que ta présence me manquait réellement et je suis navré d'avoir mit autant de temps à le faire... »

Ca n'en avait peut-être pas l'air mais Chisei était réellement sincère bien qu'il goûte très peu cette idée lui-même.

« Je ne sais pas quoi te dire d'autre. Mon intention n'a jamais été de te blesser en ne te donnant aucune nouvelles pendant tout ce temps »

Très clairement, il avait fait une boulette. Chisei se liait si peu aux gens qu'en général il se débarrassait d'eux avant que ce genre de choses n'arrive.
Mais honnêtement, il ne ferait d'excuses à personne d'autre qu'elle. Qu'importait le sujet, dans son esprit Chisei avait toujours raison sur tout et lui arracher une excuse était de l'ordre de l'impossible, preuve qu'il tenait beaucoup à la jeune femme même si c'était clairement dangereux pour elle et qu'il faisait preuve d'une puissante remise en question à cet instant présent.

« Ecoutes Kagami, je ne sais pas ce que tu veux me faire dire. Pour moi les choses sont très claires, nous nous apprécions, nous apprécions passés du temps ensemble et sans le jeu ce serait sûrement la même chose. Maintenant, j'ai fais une erreur... »

Allez stop ! Ca suffisait, il n'allait pas non plus se mettre à ramper pour obtenir son pardon. Il avait sa fierté et céder quelques centimètres carrés de terrain lui avait déjà demandé un grand effort. Maintenant si elle voulait continuer sur sa lancée, elle pouvait mais il ne la suivrait pas dans cette voie.

« Dis moi juste comment je peux me faire pardonner, à la rigueur je ne suis bon qu'à ça »

Un soupçon de malice passa dans ses yeux et dans sa voix. Même si Chisei devait rogner sur ses fondements et sur sa volonté pour rester avec la jeune femme, il n'était pas près à ce que tout cesse. Il suffisait juste qu'elle lui tende l'autre main et il ferait le reste du trajet tout seul.


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Chisei & Kagami

Elle avait redouté ses réponses, cependant, tout comme il s’était fait silencieux, elle respecta également ce principe de fonctionnement et le laissa exprimer sa façon de voir les choses. Dès le début, elle avait dû faire des efforts monumentaux pour ne pas répliquer du tac au tac. Car ses premières paroles la touchèrent bel et bien, interpellant son regard alors qu’elle se retournait soudainement vers lui. Ils n’avaient jamais vraiment défini les contours de leur relation et jusque là tout avait été très bien sans. Mais après un an de torture psychologique à se demander ce qu’il lui était arrivé et si en fin de compte il ne s’était pas lassé d’elle, elle s’était rendu compte qu’elle était bien plus attachée à lui qu’elle ne l’avait présupposé. Ainsi, des problèmes étaient venus à se poser quand à son absence. Elle était contente de l’entendre dire cela et en vérité, elle était agréablement surprise qu’il le fasse cet orgueilleux. L’entendre s’excuser également lui faisait grand bien, en réalité, elle n’en attendait pas moins de lui à cet instant présent. Il avait compris le message et il n’y aurait alors pas besoin d’épiloguer là-dessus. Kagami ne montra cependant pas qu’elle décolérait déjà puisqu’ elle avait bien envie de le faire mariner encore un peu histoire qu’il comprenne bien à quel point elle était vexée par son attitude désinvolte.

Elle le retrouvait, il était bel et bien là et si elle n’avait pas eu cette constante fierté, elle aurait volontiers cédé en lui disant que ce n’était pas si grave avant de se jeter dans ses bras comme elle aurait préféré faire. C’était sans doute ce qu’il attendait d’elle, et bien elle ne comptait pas lui faire ce plaisir là, parce qu’elle avait beaucoup souffert de cette situation. Alors, lorsqu’il eu terminé de parler, la Geisha ne cilla pas, son visage demeurait de glace.

« Tu fais bien de le souligner, nous sommes effectivement bien plus que des alliés, nous sommes bien des choses, raison de plus pour ne pas me laisser un an sans nouvelles ! Sinon pourquoi crois-tu que je m’énerve ?! Une semaine, un mois voire deux ou trois, je dis rien mais en une année, il y a bien des choses qui se passent !! Comme…»

Elle n’aimait pas se mettre en colère et encore moins hausser le ton de cette manière, elle qui avait pour habitude d’être dans la même quiétude que l’eau d’un étang percevait ces ressentiments sous son épiderme comme des fourmillements. Elle avait coupé sa phrase en plein début, les mots sortaient les uns après les autres sans qu’elle ne les contrôle et encore une fois cela lui demandait un effort phénoménal de faire tel aveux en lui dévoilant le fond de ses pensées. Mais elle avait besoin qu’il comprenne et qu’il ne recommence pas surtout parce qu’elle s’était imaginé bien des choses dont elle ne se priva pas de déclarer le pire.

« J’ai cru que tu étais mort. Tu n’imagines pas tout ce qui m’est passé par la tête. »

Kagami tressaillit, portant sa main sur sa gorge blanche comme si elle venait de s’étrangler en disant cela alors que son coeur dans sa poitrine venait de se serrer. Jamais elle ne montrait de signes de faiblesse ou d’inquiétude envers toute personne qui n’était pas sa sœur. Chisei faisait parti de ces rares privilégiés qui avaient droit à toute son attention et alors ne pas avoir su ce qu’il devenait l’avait rendue complètement malade. Vivre dans le doute, veiller la nuit dans le questionnement, savait il seulement ce que cela faisait ? Elle avait voulu lancer quelqu’un à sa recherche mais savait qu’il aurait pu mal le prendre ou pire encore qu’il aurait fini par tuer cet homme et perdre la confiance qu’il avait en elle. Le but n’avait pas été d’en faire son ennemi mais il aurait pu l’interpréter de bien des façons. C’était difficile pour elle, de vivre ici, de savoir le monde au-dehors et de ne pas pouvoir y chercher quelqu’un.

Elle l’aurait maudit en le sachant finalement mort, du coup elle libérait toute cette frustration et cette attente par la voie de la colère. Mais puisqu’il avait fait l’effort de lui présenter ses excuses, elle souffla un coup et reprit ses esprits afin de continuer avec bien plus de calme pour entamer le chemin de la réconciliation parce qu’il était tout simplement hors de question que cela reste ainsi.

« Ne t’en fais pas, je comptais bien à ce que tu te fasses pardonner, et d’une, je te demande que cela ne doit plus se reproduire. »

Elle était encore froide malgré elle, malgré les efforts qu’elle avait voulu y mettre mais avait encore au cœur cette angoisse. Rares étaient ceux qui savaient à quel point elle avait du caractère, Kagerou était des deux celle qui se laissait bien plus aller à ce genre de choses. Ses muscles étaient toujours crispés, elle sentait cette tension désagréable la prendre aux cervicales.

« Si tu comptes me quitter volontairement ou pas volontairement pendant un an, un mot, une lettre, un messager, c’est pas compliqué non ?  »

La fin de sa phrase avait vu renaitre une pointe d’agacement, elle n’avait pas envie de lui faire la morale, encore moins lui donner des ordres, après tout c’était un homme pas un petit garçon. De plus, il n’était pas n’importe qui et elle savait qu’il avait le pouvoir de lui ôter la vie en quelques secondes seulement. Mais Kagami ne craignait pas la mort, encore moins si c’était lui qui la lui donnait parce que cela lui prouverait qu’elle avait raison. Après toutes ces années où ils s’étaient côtoyés, ils n’avaient pas eu le moindre problème, leur relation avait fleuri de jour en jour et si cela durait cela voulait bien dire qu’ils étaient satisfaits l’un de l’autre. Ainsi elle estimait être en droit de lui demander une faveur, car elle avait beaucoup sacrifié pour lui et il ne semblait pas en avoir conscience.






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Après tout cela et bien malgré lui, Chisei sentait une étrange lassitude s'insinuer dans sa personne. Il avait toujours été plus simple pour lui de mentir ou de jouer avec les gens que d'être totalement sincère avec quelqu'un. D'ordinaire, même quand il le devenait, il ne se séparait jamais de son masque ainsi pouvait-il faire passer cette action pour autre chose que ce qu'elle était. Dans le cas présent, ça avait été totalement différent. Kagami l'avait purement et simplement mit au pied du mur sans possibilité de repli et si il détestait ce fait, il devait bien avouer qu'elle n'avait pas tout à fait tord sur de nombreux points.
On pouvait dire tout ce que l'on voulait sur Chisei, mais on ne pouvait décemment lui retirer le fait qu'il restait un homme et que, lui aussi parfois, commettait des erreurs. Elles étaient rares certes, ou étouffées rapidement mais elles se produisaient tout de même. Et il aurait été stupide de sa part de ne pas reconnaître qu'il en avait fait une en s'évaporant ainsi. Jamais il ne se serait excusé d'un tel fait devant une autre personne, comme à son habitude il l'aurait juste gommée pour mieux en redéfinir les contours et ôter l'imperfection. Il n'avait pas eu cette force avec la jeune femme.

D'un geste lent, il passa une main sur son visage comme pour y retirer toute la tension qui s'y était accumulé. Il n'avait fallu que quelques mots pour qu'il sente cette sourde fatigue l'envahir et il n'aurait jamais imaginé que tel puisse être le cas. Laissant retomber son bras sur son genoux, il regarda une nouvelle fois la jeune femme qui se tenait près de lui. Il ne pourrait pas se mentir indéfiniment, Kagami c'était trop bien inséré dans son monde même si il tenait à ce qu'elle reste en marge. Il avait besoin d'elle pour ce qu'elle était et ce qu'elle dégageait, parce que tout en vivant parmi les hommes elle restait cependant étrangère à de nombreuses choses qui agitaient la ville.
Il n'entendait pas par là qu'elle était totalement ignorante de la situation, ce n'était pas un secret pour lui, les deux sœurs avaient le bras très longs et en connaissait certainement plus sur les méfaits cachés de la population que ce qu'elles voulaient bien faire croire. Mais le fait qu'elles vivent toutes deux dans un univers restreint par rapport au reste de la ville, suffisait amplement à ce qu'il ne considère pas Kagami comme une pièce a part entière sur un jeu d'échec, et c'était là tout l'intérêt qu'elle avait.
Elle était ici, sans y être réellement. Immuable dans le temps et dans l'espace.

Kagami était une faiblesse. Elle n'en avait peut-être pas conscience mais dans l'univers de Chisei les liens pouvaient se révéler être de véritables faiblesses. Pourtant il ne se sentait pas près à s'en débarrasser. Avec le temps, Kagami était devenue une carte maîtresse, elle lui était indispensable. Il ne s'en était peut-être pas rendu compte au début, pensant que cette situation évoluerait d'elle-même avant de disparaître comme le faisait le reste dans son sillage mais c'était l'inverse qui c'était produit. Il avait besoin de Kagami. Besoin de savoir qu'elle serait toujours présente d'une manière où d'une autre et il ne l'avouerait sûrement jamais, mais s'éloigner d'elle pendant aussi longtemps avait sûrement été une façon pour lui d'essayer d'effacer ce qui les unissaient. En vain il fallait bien le reconnaître. Il avait résisté à la tentation jusqu'à ce qu'elle soit plus forte que le reste et qu'il daigne lui faire honneur de sa présence. Il était dans de beaux draps maintenant... Et il allait devoir assurer ses arrières et ceux de la jeune femme.
Cette perspective manqua de lui arracher un sourire qu'il retint de justesse. Ce n'était vraiment pas le moment, pas alors qu'elle lui dévoilait ses craintes et ses doutes.

Avec une lenteur calculée, il approcha sa main de celle de la jeune femme, l'éloignant ainsi de sa gorge. Ça faisait des mois qu'il ne l'avait pas touchée si ce n'était en pensée, durant les nuits où sa fatigue semblait si importante qu'elle lui amenait des rêves dont il se souvenait encore le lendemain. La douceur de ses doigts lui firent l'effet d'un électrochoc. Avait-il tellement eu l'envie de faire disparaître ses vrais sentiments qu'il en avait oublié les bienfaits que pouvait lui procurer la peau de la jeune femme contre la sienne. Il était clair que oui, d'une certaine manière puisqu'il mit un certain temps avant de déliés leurs doigts sans pour autant quitter son visage des yeux.
Elle l'avait cru mort ou peut-être pire encore et cette seule révélation glaça le sang du chat dans ses veines. Cette maladresse qu'il jugeait, somme toute, bénigne aurait pu lui causer bien plus de soucis qu'une simple dispute...

« Je suis sincèrement désolé... »

Sa voix se faisait si faible qu'il aurait presque donné l'impression d'être un enfant qui subissait des remontrances de la part de ses parents. Il ne le ressentait pas ainsi cependant et il effaça cette vision de son esprit à la vitesse de la lumière.
Très bien, il avait fait une erreur, il lui suffisait simplement de la réparer comme il savait si bien le faire, il s'occuperait des conséquences plus tard.
Mué par une nouvelle volonté, le corps du chat changea radicalement de comportement à mesure que ses pensées se traduisaient en une nouvelle idée.

Il était loin d'être sot, loin de se laisser emporter par quoi que ce soit qui n'était pas calculé d'avance et qui ne justifiait pas d'une analyse préalable. En cet instant prèsent cependant, tout ce qui se déroulait en dehors de la maison de thé n'avait que peu d'importance à ses yeux.
D'un seul geste, le chat se redressa sur ses jambes avant de faire quelques pas de manière théâtral. Chisei avait toujours eu cette propension à en rajouter des tonnes pour un oui ou pour un non. Particulièrement quand il était fier de lui et que son égo se trouvait amoureusement bercé au creux de ses mains.

« Je ne peux pas te garantir que je t'enverrais des lettres, ni que j'aurais la possibilité de te prévenir mais je peux te proposer autre chose »

Une chose qui allait lui coûter une belle part de liberté et ajouter un soupçon de danger sur sa faiblesse déjà existante. C'était amusant. Purement et simplement amusant.
Glissant l'un de ses bras dans son dos, il effectua une révérence digne des plus grands rois d'Europe face à la jeune femme et il tendit son autre main vers elle.

« Je penses que nous en sommes au point où des décisions doivent être prise, pour l'un comme pour l'autre » Ses yeux pétillaient d'une nouvelle lueur alors qu'il se préparait à donner le coup fatal à cette mise en scène. « Accepterais-tu de me faire l'honneur de me laisser devenir ton danna ? »

Ca n'avait rien d'une blague malgré les apparences. Chisei n'aurait seulement jamais pensé devoir en arriver là pour lui prouver qu'il tenait réellement à elle et qu'elle n'avait à s'inquiéter de rien. Il gardait cependant un doute au fond de lui. Présenté ainsi, suite à une dispute, ça pouvait sembler être un moyen d'étouffer l'histoire pour passer à autre chose et le chat sorti de sa révérence presque aussi rapidement qu'il y était entré. Le sérieux s'invitant aux côtés de son sourire sur son visage.

« Avant de répondre... Ca n'a strictement rien à voir avec ce qu'il vient de se passer et ce n'est pas parce que ta sœur à accepter d'en prendre un que je te le proposes. Si ça avait été le cas, je serais venu directement au moment où les journaux en ont parlés »

Voilà un point éclaircit. Rien n'échappait à Chisei, surtout quand la nouvelle était d'une telle importance. Qui à Kyôtô, qui s'intéressait un tant soit peu à l'art des geiko, n'avait pas eu vent de cette nouvelle ? Et si elle avait moins bien sonné aux oreilles de Chisei qu'à celles des autres ce n'était pas réellement pour les mêmes raisons.
Jusqu'ici, il n'avait pas ressenti le besoin de proposer ceci à la jeune femme. Mais il avouait très clairement que l'idée qu'elle puisse prendre quelqu'un d'autre que lui, lui posait un réel problème. Chisei n'aimait d'ordinaire pas partagé, c'était encore plus vrai avec la jeune femme. Puis, très sincèrement, ça restait un très bon moyen de lui prouver qu'il tenait réellement à elle et qu'elle faisait partie intégrante de sa personne.

« Qu'en dis-tu ? Malgrè quelques risques non négligeables, c'est une très bonne façon pour moi de te prouver que je tiens à toi plus que ce dont tu dois te douter »

Il ne poserait jamais les mots exacts sur cette relation. Jamais il ne ferait entrer en ligne de compte l'amour que le commun des mortels semblait capable d'éprouver. Ce n'était pas son cas à lui. Chisei était tout bonnement incapable du moindre sentiment, ça n'existait juste pas chez lui. Mais son attachement à la jeune femme était bel et bien réel. A son niveau, c'était ce qui se rapprochait le plus de l'amour que les âmes humaines pouvait décrire et se plaisait à ressentir.


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Elle avait finit par cracher le morceau, elle avait réellement envisagé le pire et avait beau avoir prié, elle n’avait pas eu la moindre nouvelle, pas le moindre signe de vie de sa part. Elle avait même pensé à se revêtir comme toute personne habitant cette ville et aller voir au Heart Castle ce qu’il en était. Elle ignorait pourquoi ce projet était tombé à l’eau mais commençait à se dire qu’elle aurait pu le faire et que cela aurait fini par estomper ses craintes. Ils avaient chacun leurs fautes même si présentement Chisei semblait être bien plus pris pour cible qu’elle sur le plan des reproches. Elle n’en avait rien eu à faire que cela le dérange ou l’agace, elle lui avait dit ce qu’elle avait à dire et vider son sac lui avait fait le plus grand bien. Quand aux éventualités les plus cauchemardesques qu’elle avait envisagées le concernant, Chisei avait l’air de saisir à quel point son absence l’avait complètement bouleversé. Elle avait commencé par se sentir abandonnée, puis de la colère et enfin les mille scénarios se répétant nuit et jour dans son esprit ; et si ? Et si ? Chisei avait beau être un homme plein de ressources, personne n’était à l’abri de la mort. Il n’en était resté que des doutes, rien de concret et le revoir apparaitre avait en réalité été inespéré. La jeune femme le laissa prendre sa main dans un doucereux contact qui vint lui arracher un lourd frisson. Sa voix vint à mettre un point final à ces horreurs là, par des mots d’excuse qu’encore une fois elle recueillait avec plaisir et bien plus de calme que les précédentes fois.

Kagami affichait toujours un regard inquiet, elle se demandait s’il pourrait réellement accéder à sa requête en voyant avec quelle facilité il arrivait à obtenir son pardon sans même se justifier. L’envie ne manquait pas, elle se demandait toujours ce qu’il pouvait bien faire et pendant une année, il avait sans doute été vraiment très occupé pour ne pas trouver le temps de venir la voir ne serait-ce que pour dormir au creux de ses bras. Décousue, Kagami dégluti, elle devait trouver une solution avant de se perdre complètement. Mais cette solution allait peut être se présenter à elle puisque Chisei semblait avoir quelque chose à lui proposer au détriment de ne pas pouvoir lui donner de nouvelles. Sa manière d’avancer ces choses là toujours dans la plus grande théâtralité eu don de faire naitre un fin sourire au coin de ses lèvres. Il savait que c’était le genre de choses qui l’amusaient chez lui et qui marchaient à coups sûrs pour faire fondre ses crispations. Qu’allait-il lui sortir comme énigme ce chat ?

Il avait les mots habiles pour la mettre en haleine et plus il mettait de suspens, plus son sourire s’étirait et plus elle avait envie de savoir. Cette prestance, ces grands gestes, ce suspens, qu’est ce que cela pouvait bien cacher ? Allait-il réellement arriver à lui apporter la solution dont ils avaient tous les deux besoin ? Le visage de Kagami passa de la curiosité à la surprise en l’espace de quelques secondes. Avait elle réellement entendu ce qu’il venait de dire ? Tweedledum avait toujours cru qu’elle allait finir par lui forcer la main, ou bien elle-même le demander mais pour rien au monde elle n’aurait voulu quelqu’un d’autre que lui dans le rôle de son protecteur. Pour le coup, elle était sans voix et n’aurait pas pensé que ce sujet là allait finir par venir alors qu’ils venaient tout juste d’être en conflit. Elle l’écouta apporter des précisions afin qu’elle n’aille rien s’imaginer, toujours aussi prévoyant. Mais Kagami était bien trop abasourdie pour réfléchir, du coup, elle appréciait qu’il le fasse à sa place. D’autant plus qu’il voyait cela comme une preuve qu’il tenait à elle et elle acceptait de le percevoir de cette manière aussi. C’était peut être une promesse que quoi qu’il fasse il reviendrait toujours vers elle puisqu’ils seraient liés même si cela doit parfois prendre un an sans qu’il ne montre son petit minois à l’ochaya. Elle avait la chance d’être à la tête de sa propre okiya, ainsi ce choix pouvait lui revenir quand d’autres Geisha ne choisissaient pas leur danna. Kagami n’avait qu’à donner sa réponse pour que cela se fasse ou non et pour la première fois depuis bien longtemps, elle était heureuse d’entendre cette demande.

Kagami l’observa en silence puis finalement, elle étira un large sourire. C’était un joli sourire, un sourire heureux qu’elle n’essaya pas de dissimuler ou de d’atténuer.

« Je ne pensais pas qu’un jour tu finirais par le proposer de toi-même… » Avoua t-elle doucement.

Kagami avait retrouvé sa quiétude, il avait trouvé ce dont elle avait le plus besoin à ce moment là : une assurance qu’elle n’était pas n’importe qui et qu’il ne tenterait pas de se jouer d’elle. C’était quelque chose d’important pour elle et elle ne pensait pas un jour qu’il ferait l’honneur à quelqu’un d’avoir telle place. La geisha mesurait sa chance mais ne préféra pas le souligner et invita Chisei à se rasseoir près d’elle et glissa l’une de ses mains sur la sienne afin d’appuyer sa réponse.

« J’accepte, bien sûr »

Enfin elle pouvait profiter de leurs retrouvailles comme elle les avait voulues, sans plus de rancune et sans colère. Ces sentiments ne servait plus à rien car il avait compris et cherchait réellement à arranger les choses. Elle était touchée par ce geste, ce risque qu’il prenait de devenir son danna et remettre en question une part de lui qui s’était toujours considéré comme un électron libre. Elle ne voulait pas lui demander s’il n’allait pas finir par le regretter, elle estimait qu’il était une personne suffisamment réfléchie pour ne pas prendre les décisions à la légère et s’il le lui proposait c’est bien qu’il n’y voyait pas d’inconvénients directs.

« Il faut le faire par une cérémonie mais rassure toi il n’y aura que nous et ma sœur qui sera là pour la diriger. » Ainsi que Kagami l’avait fait pour Kagerou et Yi Min.

Savoir que Kagami avait choisi un danna allait révolter bien de fortes têtes du Japon et surtout à Kyoto. Les propositions s’étaient multipliées depuis que sa sœur avait choisi Yi Min et elle était rassurée de savoir qu’elle n’aurait plus à entendre ces mécènes tenter de la convaincre. Ils n’auraient que d’autre choix que de d’accepter la décision qu’elle venait de prendre en préférant Chisei aux autres. Elle ne pensait pas perdre en popularité mais se laissait déjà de leurs états d’âmes lorsqu’ils lui diraient qu’ils étaient de meilleurs partis pour elle. Kagami n’avait pas de dettes à rembourser, elle ne manquait pas de somptueux kimonos et ceux là ne comprenaient pas que son danna n’était pas un besoin matériel pour elle. Chisei était le seul homme à l’avoir compris et c’était bien pour cela qu’il remportait les enchères sans avoir eu besoin de lever le petit doigt.

La cérémonie se ferait sans fioritures, de la manière la plus traditionnelle qu’il soit et en quelques minutes ce serait bouclé. Il était possible qu’un danna ne le reste que quelques mois mais pour Kagami il ne pourrait y avoir que lui. C’était le rêve de toute geisha d’avoir un protecteur puisqu’elles n’avaient pas le droit à l’amour ni au mariage. Elles pouvaient ainsi se contenter d’être des demi-épouses. Alors elle capitulait, ce jeu qui s’était fait entre eux dès le jour où ils s’étaient dévisagés avait fini par complètement la perdre à propos de sa manière de percevoir cet homme. Qu’en était-il maintenant ? Il ne pouvait y avoir de mots définis mais désormais, il serait son danna et cela suffisait amplement.

«Je suis contente que tu sois revenu, ça a été frustrant de ne pas pouvoir te le dire directement mais je n'aurais pas pu faire semblant »Avoua t-elle enfin.

La geisha resservit du saké, toujours bonne hôte dans toutes les circonstances mais pour le coup c'était avec un beau sourire qu'elle se donnait à la tâche.

« J'imagine qu'Hisae va trouver étrange ton soudain intérêt pour l'art des geisha ?»





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Inutile de le nier, Chisei était particulièrement fier de son idée et de sa proposition. Et malgré ce petit côté tout à fait inattendu, ça n'avait rien d'une décision prise à la légère. Il y avait trop en jeu de son côté pour qu'il se permette ce genre de folie sans qu'elle n'ait été soupesée au préalable. Nombres de gens y verrait très certainement une nouvelle excentricité du Chat, un de ses nombreux caprices dont il avait le secret. D'autres y verrait simplement un moyen de continuer à asseoir une certaine forme de suprématie du Midnight Wonderland et d'étendre l'influence de la Reine un peu plus encore. Quant aux derniers, seuls faits qui ne pouvaient être calculés dans cette équation, ils y verraient sûrement un moyen de l'atteindre sans avoir à se frotter directement à lui.
Malgré son air affable en toutes circonstances et cette habileté à donner l'impression qu'il s'entendait avec tous le monde, Chisei ne s'était pas fait que des amis depuis son arrivée dans la ville que ce soit dans, ou au-dehors des rangs du Midnight Wonderland. Et si jamais menace n'avait été réellement portée à son attention, ce n'était pas pour cela qu'elles étaient inexistantes. En revanche, il jugeait que le jeu en valait largement la chandelle. Pour lui, cette proposition et cette évolution dans leur relation ne pouvait être que bénéfique dans un cas comme dans l'autre. D'une part, il assurait formellement à la Geiko qu'il tenait réellement à elle et qu'elle n'était pas juste une lubie dont il pourrait se passer aisément. D'autre part, il pourrait identifier de nouvelles sources de menaces par son intermédiaire que ce soit envers lui, le Heart Castle ou le Midnight Wonderland. Si l'un de ses détracteurs s'en prenait à Kagami par la parole ou les gestes, ça lui remonterait beaucoup plus rapidement aux oreilles et les personnes qui étaient pour l'instant cachées dans l'ombre n'en serait que plus simple à identifier.

En réalité, plus que pour lui, ce changement de situation pourrait se révéler dangereux pour la jeune femme. Cependant, c'était un risque qu'il était près à prendre, toutes considérations pour ses diverses activités mises de côté. Chisei l'avait lui-même avouer et venait tout juste de le démontrer. La belle Kagami faisait partie de son univers et elle se devait d'y rester aussi longtemps que faire se peut. Il ne souhaitait pas se séparer d'elle et il n'était pas près à effacer ce qu'elle représentait pour lui. Les représentations que s'imaginerait les gens à l'annonce de la nouvelle ne ferait qu'affirmer un peu plus sa position actuelle dans les ombres de la ville. Et tout bien considéré, il aurait peut-être dû le proposer avant ou bien le laisser sous-entendre. Ca lui aurait peut-être évité la précédente discussion tout comme ça aurait permis à Kagami de ne pas se laisser inonder par des idées noires le concernant. Chacun aurait ainsi pu savoir exactement la place qu'il occupait dans le cœur de l'autre.

Tout en écoutant la réponse de la jeune femme, Chisei vint à nouveau prendre place près d'elle. La barrière qui s'était dressée entre-eux l'espace d'un instant s'était vue détruite en quelques minutes seulement et il accueillit avec plaisir la douceur des doigts de la jeune femme sur sa main. Elle acceptait et c'était tout ce qui lui importait en cet instant présent. Car aussi fier qu'il puisse être, un doute s'était insinué en lui l'espace de quelques secondes. Kagami aurait très bien pu refuser sans autre forme de procès pour telle ou telle raison. Chose qu'il n'aurait sûrement pas supporté. Autant cette idée d'afficher aux yeux du monde qu'il était son protecteur ne s'était jamais profiler dans son esprit, autant un rejet aurait eu l'effet d'une bombe et sa façade si lisse aurait rapidement pu se transformer un masque de frustration. Mais ça n'avait pas été le cas et la sincérité de la jeune femme le toucha presque autant que ses paroles. Elle pouvait bien organisé toutes les cérémonies qu'elle voulait ou bien se mettre à le hurler sur tous les toits que ça lui était complètement égal. Chisei avait fait ce qu'il avait eu envie de faire, comme à son habitude et le reste ne lui importait plus vraiment. Il gérerait plus tard les répercussions que ça pourrait avoir sur lui, sur elle et sur leur entourage. Pour l'instant, il n'y avait que le parfum de ce bonheur à peine masqué qui avait de l'intérêt. Le reste n'était que futilité qu'il rangea bien vite dans un recoin de son esprit.

« Il y a bien des choses qui pourraient traverser l'esprit d'Hisae suite à cette nouvelle... »

Bien qu'il fasse abstraction d'un bon nombre de choses quand il se retrouvait en présence de Kagami, il n'oubliait pas les plus importants des électrons qui évoluaient autour de lui. Hisae était de ceux-là et bien que pendant des années, il aurait pu affirmer que la Reine ne lui aurait opposer aucune résistance, il fallait avouer qu'elle avait bien changé ces derniers temps. Lui-même avait émis quelques doutes silencieux quant à sa capacité à continuer à l'endormir comme il le faisait avant. Pour autant, il la connaissait assez bien en son fort intérieur et malgré les péripéties qu'elle avait traversé, Chisei avait su rester du bon côté de la barrière et son influence sur la reine avait de grandes chances d'être restée quasiment intacte. Certes, il ne pourrait sûrement plus l'avoir aussi facilement qu'avant mais rien n'était impossible et il savait la reine de cœur assez intelligente pour voir toutes les opportunités qu'un tel changement pourrait faire naître. Si ce n'était pas le cas, il restait persuadé d'avoir assez d'atouts dans ses cartes pour pouvoir la faire changer d'avis.

« Cependant, laisse moi juste lui en faire part avant que l'annonce ne soit officielle. »

Bien que Chisei donne l'impression d'être libre de chacun de ses mouvements, il l'était moins qu'avant depuis les quelques soucis que le Midnight avait rencontré et lancer un pavé dans la marre sans avoir connaissance du résultat que ça pourrait engendrer n'était pas pour lui plaire. Il n'était pas non plus stupide pour savoir que la Reine n'apprécierait certainement pas d'apprendre cette nouvelle pas l'intermédiaire d'une tierce personne. En revanche, quoi qu'elle en dise, Chisei ne changerait pas d'avis. Pour lui la situation était très claire et elle se déroulerait comme il le souhaitait, ce fait n'était pas négociable.
De son point de vue, cette demande n'avait rien d'étrange. Il savait Kagami assez intelligente pour savoir qu'il y avait des choses qu'il se devait de faire si ils souhaitaient tout deux que tout se passe pour le mieux. Cependant, il tenait tout de même à la rassurer sur un point et c'est avec tendresse qu'il glissa ses doigts le long du visage de la jeune femme, frôlant la fine couche de maquillage qu'elle s'était appliqué tout en redessinant les contours de sa mâchoire et de son menton.

« Je ne changerais pas d'avis quoi qu'on en dise. »

C'était même hors de propos. Chisei retournait très souvent sa veste pour accommoder les choses à sa manière mais les engagements qu'il prenait avec sincérité étaient souvent très loin d'être bafoués à la première occasion. Et le regard qu'il lui offrit ne souffrirait pas la moindre once de doute à ce sujet tout comme le sourire sincère qu'il lui offrit quelques instants après.

« Maintenant, ce serait un honneur pour moi que d'entendre la plus ravissante Geiko de tout le Hanamachi, jouer un peu de Shamisen. »

Plus qu'un honneur, ça lui ferait réellement plaisir. Chisei et Kagami avaient beau être amants depuis longtemps, il appréciait tout autant son art que son corps ou son esprit et une soirée en sa compagnie ne pouvait être satisfaisante si ces trois éléments n'étaient pas réunis.


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Chisei & Kagami

Leur entrevue s’était finalement arrangée, contrairement à ce qu’elle aurait pu prévoir et l’état d’esprit dans lequel elle avait passé les portes. Chisei avait réussi à calmer sa colère et l’avait surtout surprise en lui faisant cette proposition. A vrai dire c’était le but de toute Geisha d’avoir un dana même si à cette époque là ce n’était plus obligatoire, cela restait comme un dernier palier à atteindre. Kagami avait toujours espéré un jour pouvoir suivre cette tradition mais bien sûr toujours à sa propre façon en ayant véto sur la personne et en ne regardant pas si cette personne avait de l’argent ou non mais plus à ce que pouvait potentiellement lui apporter cet homme. Si Chisei avait toujours été réticent à l’idée qu’elle en ait un, maintenant que c’était lui, cela allait changer bien des choses et elle était très contente qu’il finisse par lui proposer. C’était un tournant dans sa carrière et elle avait hâte de l’annoncer à sa sœur. Elle savait que cela allait aussi impacter sur les événements qui faisait trembler la ville et sceller davantage l’accord entre le Midnight Wonderland et le White Circus. Kagami savait également que cela pouvait leur profiter tout autant que cela pouvait les détruire ensemble. Kagami jamais ne se retournerait contre sa sœur, elle préférait se donner la mort plutôt que de la trahir est avait que cette vision des choses était réciproque à sa jumelle. Désormais elle aurait tendance aussi à préférer se tuer que de trahir Chisei. Alors cela annonçait également une nouvelle ère dans leur relation, solidifiant ce qu’ils étaient de base.

Kagami ne se faisait pas de faux semblants non plus, elle avait conscience que cela pouvait également lui apporter de mauvaises surprises et qu’elle pouvait potentiellement être prise pour cible par des ennemis de cet homme. Néanmoins elle n’en tremblerait pas, elle en avait vu de ces choses et il était idiot de la sous-estimer elle tout comme sa sœur. Chisei semblait lui faire confiance là-dessus, elle appréciait cela. Mais elle aurait tout le temps de réfléchir à ce que tout ceci allait changer, car maintenant elle pouvait profiter enfin de l’avoir juste pour elle après tout ce temps, comme elle l’aurait voulu, comme elle avait souhaité l’imaginer. Kagami décida de ne plus aborder ce sujet là après avoir promis à Chisei de ne rien entreprendre tant qu’il n’aurait pas fait le nécessaire de son côté. Elle comprenait cette démarche et la respectait totalement.  Concernant Hisae, Kagami était aussi satisfaite d’entendre Chisei dire que ses avis n’allaient en rien changer sa décision. La jeune femme se délecta des caresses qu’il portait à son visage, venant arracher un fin sourire sur ses lèvres peintes d’un rouge sang. Elle lui faisait confiance, il avait toujours eu sa confiance et fut bénie qu’il n’en profite pas.

Cela clôturait un chapitre, tandis qu’un nouveau venait à commencer, les conclusions tirés, les derniers accords passés et le cours du temps pouvait reprendre. Kagami entreprit de servir du saké à Chisei avant d’accéder à sa requête quand il lui demanda de jouer du shamisen.

« Maintenant que tout est arrangé je pourrais te dire que tu m’as beaucoup manqué ! Je pourrais oui… » Glissa t-elle avec un sourire quelque peu malicieux comme si elle se demandait s'il méritait ou pas qu'elle le lui dise explicitement.


Si autrefois il ne s’était pas laissé séduire par son art, maintenant il pouvait bénéficier de tous ses talents et se laisser aller puisqu’elle allait lui appartenir de manière bien plus officielle. C’était donc avec un plaisir non dissimulé que Kagami attrapa son shamisen afin d’y glisser quelques notes. Le cocon dans lequel ils aimaient s’enfermer à l’abri du regard des autres commença à venir les envelopper de nouveau. La colère n’habitait plus le regard de Kagami qui se laissa transporter par la musique qu’elle jouait, agrémentant de sa voix le son des cordes dans une douce mélodie qu’elle affectionnait tout particulièrement. Son regard était concentré sur ses mains afin de s’assurer de bien placer ses doigts alors qu’elle ne s’autorisait jamais la oindre faute et malgré le talent qu’elle avait, il y avait de ces personnes devant lesquelles elle savait qu’elle pouvait possiblement se laisser intimider. Bien sûr sa chanson était maitrisée à la perfection et ne présenta pas la moindre faille, la pièce était alors plombée dans cette chaleur caractéristique d’une ochaya, à l’exception près que la maitresse des arts qui le diffusait  était Kagami. Tous clients témoignaient, que les soeurs Miura avaient quelque chose en plus, c’était comme si elles avaient été crées pour cela et souvent c’en était troublant. Kagami savait en jouer et elle appréciait penser que Chisei ne faisait pas exception et adorait tout autant l’écouter chanter.

Kagami leva les yeux  lorsqu’elle se senti en confiance dans ses notes effectuées, croisant le regard de Chisei, elle était fière d’être là, d’avoir un dana et montra bien plus d’assurance, continuant de chanter pour charmer l’esprit de cet homme incroyable et se dire qu’elle avait finalement eu ce qu’elle voulait même s’il restait de ces choses qui seraient inavouées. C’était mieux ainsi, cela serait peut être toujours de cette manière parce qu’il ya avait des risques qu’elle ne devait pas prendre au risque que cela finisse par lui éclater à la figure.






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Maintenant les nouvelles bases de leur relation posées et les questionnements mis de côtés quant à ce que cette étape pourrait apportée, Chisei sentait qu'il lui était maintenant tout à fait possible de se détendre dans cet écrin que représentait la pièce. Et c'était cette même détente qu'il était venu chercher plus tôt. Un moyen de totalement s'oublier pour ne vivre que pour lui plus que pour les autres. Même si il le cachait souvent, Chisei avait de nombreux poids sur ses épaules et les épées de Damoclès semblaient se faire un plaisir de se chevaucher au dessus de sa tête. Il n'en faisait jamais état, s'avouant ouvertement qu'il appréciait grandement la situation mais un peu de calme ne faisait de mal à personne. Et l'antre des sœurs Miura était bien le seul endroit où il pouvait pleinement le ressentir sans avoir à se préoccuper de quoi que ce soit. La présence de Kagami appuyant un peu plus cette notion d'oubli qu'il ne ressentait quasiment jamais quand il se trouvait dans d'autres lieux de la capitale impériale.
Chisei était ainsi fait que même emprunt de sérénité, les rouages de son cerveau ne s'arrêtaient jamais complètement, il avait toujours quelque chose à penser, à mettre en place où à calculer. Il n'y avait que la présence de la jeune femme pour lui prodiguer le répit dont il avait besoin et permettre à son être de se détendre totalement et il était plus que satisfait de voir ce moment se produire enfin.

Malgré le début de leur entrevue qui semblait mal embarquée, principalement pour lui. Force était de constater qu'ils avaient trouvés un terrain d'entente qui les satisfaisait tous deux et inutile de dire qu'il effacerait de son esprit tout le négatif qui était né quelques instants plus tôt. Chisei n'en reparlerait probablement jamais et il était persuadé que la jeune femme ne le ferait pas non plus. Les choses avaient été éclaircies entre eux et c'était ici tout ce dont ils avaient besoin. Inutile donc, de garder en son esprit la précédente dispute qui les avaient menés à ce stade. De plus, personne ne viendrait lui demander de réels comptes et si tel était le cas, il arrangerait la situation de telle manière que leurs comportements respectifs n'apparaîtraient pas au yeux du monde. Ceci étant dit et la page définitivement tournée pour l'un, comme pour l'autre, il était plus que temps de laisser la place à un environnement bien plus agréable et que les deux amants savaient appréciés à leur juste valeur.

Un rire passa la barrière de ses lèvres à la réflexion de la jeune femme. Elle pourrait en effet, mais il le savait déjà et la boutade n'en était que plus amusante de son point de vue. Lui aussi aurait pu lui dire bien des choses maintenant que l'orage était passé mais il n'en ressentait pas le besoin. Kagami saurait dire ce qu'il y avait dans son esprit rien qu'en observant ses mouvements et les mots en devenaient ainsi moins importants. Malgré ce lien qui les unissaient maintenant, il y aurait toujours des choses que l'un et l'autre ne se dirait pas ouvertement et c'était très bien comme ça. Certains détails étaient fait pour rester en marge au risque de venir entacher ce qu'ils avaient construit au fil du temps et Chisei ne comptait pas être celui qui ruinerait cet équilibre. Tout deux avaient besoin de garder quelques secrets par devers eux, le piquant de la relation n'en souffrirait que trop si ils se laissaient aller à tout se dévoiler dans les moindres détails. Les petits mystères planants entre eux n'en étant que plus attirant pour l'un comme pour l'autre.
Lorsque les première notes de musique s'élevèrent dans la pièce, Chisei ferma les yeux un instant comme pour se laisser bercer par la douce mélopée. Même si ce n'était pas l'art des geisha qui l'avait attiré en premier lieu et qu'il n'y avait jamais vraiment porté attention, le simple fait que ce soit la jeune femme qui joue suffisait à ce qu'il daigne s'y intéresser et il se laissa aller à l'écouter. Amenant de temps à autre la tasse de saké à ses lèvres.

Il ne savait pas trop si c'était les vapeurs de l'alcool de riz ou la voix de la jeune femme s'élevant maintenant dans l'air qui lui donnait ce sentiment de complète satisfaction. Toujours est-il que Chisei savourait chaque note, accueillant les sonorités avec bonheur alors qu'une douce chaleur l'envahissait. Il la retrouvait enfin cette sensation de plénitude. Cette impression de clairvoyance alors que tout s'imbriquait parfaitement dans son environnement. Puis il y avait ce calme, cet étrange calme qui aurait pu le faire s'endormir comme un enfant si il n'avait pas eu les yeux rivés sur la jeune femme. Un fin sourire aux lèvres, il observait le moindre de ses mouvements, sa bouche qui s'étirait chaque fois que son chant passait la barrière de ses lèvres, ses doigts qui glissaient avec dextérité sur l'instrument. Autant de détails qui emplirent bientôt son cerveau ne laissant plus de place pour quoi que ce soit d'autre. C'était tout ce dont il avait besoin. Un instant hors du temps en présence de la seule personne qui était capable de l'accompagner dans cet univers que certains décrirait comme étant parallèle au monde dans lequel évoluait le commun des mortels.

La musique de la jeune femme l'apaisait, il avait l'impression de traverser un voile duveteux et de s'en laisser entourer. Tout ce qui l'entourait semblait prendre de nouvelles couleurs et des détails qu'il n'avait pas jugé bon de noter jusque là lui sautait maintenant au visage. Comme si tout devenait plus clair et que ses sens se voyaient bien plus affûtés que d'ordinaire. Cette sensation était plus que grisante, n'en témoignait le sourire qui ne le quittait plus et qui respirait une nouvelle forme de sincérité. L'instant était arrivé. Ce moment où il pouvait laisser toutes ses personnalités derrière lui pour se contenter uniquement de l'instant présent. Il n'avait plus qu'à se laisser bercer par le parfum des notes de musique qui emplissait l'air. Lentement il reposa la tasse sur la table basse avant de s'appuyer sur ses mains pour se redresser légèrement et se déplacer derrière la jeune femme. Tandis qu'elle jouait ses notes à la perfection, Chisei passa ses mains dans le dos de la Geiko avant de les faire descendre sur ses mains, emprisonnant ainsi les doigts de la jeune femme avec légèreté. Du même geste, il enfoui son visage dans le cou de la Geiko avant de laisser échapper un profond soupir de bien être. Pour lui cet instant signifiait  tout et le visage toujours enfoui dans son cou il lâcha quelques mots que personnes n'avait jamais du entendre tellement ils étaient emprunt de vérité.

« Toi aussi tu m'a manquée »

Chisei ferma les yeux pour savourer ce moment. De prime abord, il n'avait pas relevé ce que le jeune femme avait dit, il s'était contenté de sourire, amusé et satisfait mais maintenant que les événements avaient réellement changés, il pouvait le lui dire. Pour la rassurer une nouvelle fois, pour affirmer qu'elle était belle et bien à lui et qu'il n'avait aucune envie de l'oublier. Tout en respirant doucement l'odeur de la jeune femme, il embrassa la base de sa nuque avant de faire remonter ses mains le long de la soie du Kimono, l'encerclant ainsi dans une étreinte emplie d'affection. Chisei n'usait jamais de ce genre de geste. A tel point que le voir agir ainsi donnait l'impression qu'il était une toute autre personne. Si, présentement, une personne extérieure à cette bulle était entrée dans la pièce, il n'aurait eu d'autre choix que de la tuer pour que jamais cette faiblesse ne soit ébruitée. Mais ce n'était pas le cas. Même si les sentiments qui l'animait n'avait rien en commun avec ce que l'espèce humaine ressentait la plupart du temps, c'était ce qu'il y avait de plus proche chez lui. Chisei ne serait jamais capable d'aimer tout sociopathe qu'il était, pour autant, il ne feignait pas cette douce étreinte et le plaisir simple qu'il en retirait. Il ne demandait rien de plus en cet instant présent et le monde aurait pu s'arrêter de tourner qu'il n'en aurait pas fait grand cas.
Chisei se sentait bien et il savait que c'était aussi le cas de la jeune femme. Il n'avait besoin de rien d'autre et n'aurait pas la prétention d'en demander d'avantage. L'instant était parfait, juste parfait.


I'M SICK TO ASK QUESTIONS TO MY CONSCIENCE FLOODED WITH LIES. CAN YOU SEE IT ? THIS FEELINGS... SILENT AND COLDLY NAILED. TO YOU WHO GAVE ALL TO ME, WILL YOU BELIEVE ME ONCE AGAIN ? WITH MY DISEASE BEFORE KILLING YOU, I WANT TO TAKE BACK BLANK DAYS.
LIVE OR DIE ? ANSWER IS BULLSHIT.
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I wished upon scattering stars at far sky with infinite time

I’ve tried to make this life my own, to find myself, I’ve searched alone. To let love go and let it in, I found it burning like a sin. I’ve worked it out, but learned it hard, it’s sad inside and life is out. Till I won’t settle down and watch either way.
Chisei & Kagami

Les notes s’enchainaient, une à une, mélancoliques, mystérieuses, Kagami avait une oreille musicale sans failles et savait aisément donner une ambiance particulière. Sur les couleurs de la détente, du soulagement, elle appréciait transporter Chisei et lui apporter ce réconfort qu’il était toujours venu trouver près d’elle. Il appréciait et cela était toujours sa plus belle récompense, car elle savait combien il était un homme bien plus compliqué qu’il ne le laissait paraitre - Elle avait son rôle à jouer et il lui convenait parfaitement. Maintenant que tout était rentré dans l’ordre ils pouvaient profiter de la présence de l’un et de l’autre après tout ce temps de séparation.

Kagami ne bougea pas d’un cil lorsque Chisei entreprit de se placer dans son dos, continuant de glisser ses doigts sur son instrument pour en tirer ce si joli son, leur musique d’ambiance pour retrouver la sérénité. Un fin sourire ornait ses lèvres, elle avait cru l’espace d’un instant qu’il comptait commencer les hostilités en s’occupant du Obi, l’empressement les avait souvent habités mais il lui semblait que tout était différent cette fois-ci. Car elle fut surprise de constater qu’il ne venait pas là pour la déshabiller mais bien la tenir contre lui dans une tendre étreinte. Kagami s’arrêta de jouer quand leurs mains se retrouvèrent dans la surprise. Jamais il n’avait montré de tels gestes d’affection, et quand bien même ils avaient beau s’apprécier et passer de bons moment ensemble, même dans les instants les plus intimes il n’avait jamais cherché à avoir un contact aussi simple et pourtant si représentatif et qui n’était réservé qu’à une catégorie de personnes qui ironiquement étaient en voir de disparition à Kyoto. La geisha laissa son instrument reposer plus loin pour profiter de ce qu’il lui offrait. De son côté elle n’avait pas été élevée sur le principe des câlins, des marques d’affection ni même envers sa sœur. Leur éducation avait toujours été assez stricte, calculée afin que les émotions jamais ne viennent déborder ou cela serait contraire à leur art. Du coup c’était étrange de sentir tel geste et agréablement surprenant en même temps, elle avait alors envie de s’abandonner complètement. Cela était une marque non négligeable de ce qui les unissait désormais et un moyen pour elle de se sentir rassurée. Avec cela, un baiser glissé à sa nuque et c’était un courant électrique qui la parcouru tout en lui arrachant un sourire et quelques chatouillis.

Kagami était touchée au plus profond de son cœur qu’il fasse preuve d’autant d’affection envers elle, de part cela prouvait qu’il la respectait, qu’il respectait leur engagement mais aussi qu’il avait confiance en elle. Qui aurait cru que quelqu’un serait un jour en mesure de voir le visage de Hisamatsu Chisei alors qu’il délaissait ses multiples masques le temps de quelques secondes ? Elle était privilégiée, elle en avait conscience et ne souhaitait gâcher cet instant pour rien au monde. La jeune femme se laissa simplement bercer, s’imprégnant de sa présence comme quelque chose qui lui était accordé, quelque chose de précieux et dont elle aurait longtemps souvenir. Kagami délaissa finalement sa main pour se détacher et se tourner vers lui : elle voulait voir ce visage qu’il lui dévoilait, et le détailla comme s’il était une toute autre personne. Elle ne lui ferait pas de remarque, il n’y avait pas besoin d’y placer des mots car ces derniers devaient rester muets au risque qu’elle s’y perde finalement ou de briser quelque chose qu’elle n’aurait que très rarement.

Kagami vint lui attraper doucement la mâchoire, déposant ses lèvres contre les siennes. Elle avait souvent imaginé cet instant, mais ses espoirs avaient fini par s’envoler à mesure qu’elle n’avait plus sa trace. Il lui avait horriblement manqué, ce simple contact éveillait encore en elle ces douloureux instants qu’elle avait passé à se demander si il ne s’était pas fait finalement réduire au silence. Mais Kagami ne se laissait pas porter par cette inquiétude qui l’avait marquée au fer rouge, il n’y avait là qu’un bonheur retrouvé comme quand l’on peut gouter de nouveau à des sucreries que l’on s’était interdites. C’était dans la continuité de cette douceur, Kagami avait eu envie de lui voler un baiser qui soit dans ce même contexte et elle l’avait fait. Alors elle s’en détacha quelques secondes après, dans une simplicité pure et qui contrastait avec tout ce qui avait pu se faire entre eux. En rouvrant les yeux elle remarqua lui avoir laissé une légère marque de rouge sur le bord des lèvres. Kagami étouffa un léger rire et entreprit de le lui retirer d’un geste de son pouce.

« Tu n’auras plus besoin de payer pour venir me voir, tu es ici chez toi »

Au vu de leur relation, l’okiya était déjà un refuge qu’elle lui avait offert et bien souvent elle l’avait reçu sans rien lui faire payer. Désormais c’était tout autre chose, il n’était plus qu’un simple client, il était son protecteur







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